Diane Borgia est la porte-parole du mouvement Shawinigan citoyens avertis.

Shawinigan citoyens avertis: «On veut que la population se réveille»

Le souhait de quelques contribuables de voir apparaître des associations pour défendre leurs intérêts franchit un nouveau pas avec la création de Shawinigan citoyens avertis. Le mouvement est issu du Regroupement des associations de propriétaires surtaxés de Shawinigan, qui avait envahi la salle du conseil le 1er octobre, lors de la dernière séance publique avant les élections.
Le RAPSS poursuivra ses activités et une rencontre est même prévue avec le maire, Michel Angers, en janvier. Son mandat sera surtout orienté vers la taxation et les évaluations municipales. D'autres citoyens ont décidé de se pencher plus spécifiquement sur les dépenses de la Ville et ils ont formé Shawinigan citoyens avertis.
Dans son premier communiqué de presse, le mouvement explique les raisons de sa création. «Inquiet de voir leur ville se dépeupler, de voir les entreprises quitter la région, de constater les pertes d'emploi qui s'y rattachent, de voir le taux de taxation actuel qui ne cesse d'augmenter, de constater que de plus en plus de résidents n'ont plus les moyens de vivre dans notre ville, un comité de citoyens s'est formé afin de surveiller la gestion financière de la Ville de Shawinigan.»
Pour le moment, Diane Borgia agit comme porte-parole. Candidate malheureuse à l'élection du 3 novembre dans le district de la Rivière, la psychothérapeute espère sensibiliser davantage les citoyens sur les choix du conseil municipal.
«Notre groupe gardera à l'oeil les dépenses de la Ville», explique Mme Borgia. «Nous essayons de faire en sorte que la population se réveille un peu!»
Par exemple, SCA dénonce l'adoption d'un règlement d'emprunt de 7,07 millions $ lors de la séance extraordinaire du 25 novembre. Cette somme vise à défrayer les coûts des honoraires des services professionnels en ingénierie pour le projet d'approvisionnement en eau potable, qui n'a même pas encore reçu l'approbation du gouvernement fédéral, fait remarquer Mme Borgia.
«On avance ça juste avant les Fêtes», déplore-t-elle. «Qu'est-ce qui presse? Ce serait important que les gens soient au courant de cette décision. Juste avant Noël, ils sont préoccupés par bien d'autres choses.»
Les opposants à cet emprunt pouvaient se manifester récemment à l'hôtel de ville, pendant la tenue de registre. Comme il fallait 872 signatures pour forcer l'organisation d'un scrutin référendaire ou inciter le conseil municipal à annuler cette résolution, la porte-parole ne se faisait pas trop d'illusion. Finalement, seulement 20 personnes ont manifesté leur opposition.
Quand Shawinigan citoyens avertis sera mieux structuré, Mme Borgia croit possible de mobiliser rapidement un millier de contribuables pour bloquer un règlement d'emprunt. «On vient de démarrer notre groupe», explique-t-elle. «Nous mettons notre énergie à la création d'un site Internet. Mais nous communiquons ensemble pour que la population soit avisée de ce qui se passe et pour qu'on prenne position. On se pose des questions.»
Mme Borgia souhaite que le site Internet permettra aux gens d'avoir une meilleure idée des décisions de gestion des élus de Shawinigan. «Nous ferons le lien avec les articles de journaux, nous aurons des commentaires, des lettres d'opinions, des pétitions. On veut un site rassembleur pour que ce soit plus facile pour les gens d'être informés.»
Dans ses actions, SCA souhaite non seulement surveiller de près les décisions de la Ville, mais aussi celles des organismes paramunicipaux comme la Société de développement de Shawinigan, le Centre local de développement et l'Office de tourisme, foires et congrès.