À gauche, René Ricard, président d'Excavations R.M.G., est un homme démoli depuis le décès de son fils, en décembre 2012.

Sablière illégale: Ricard prendra ses responsabilités

René Ricard ne peut expliquer précisément ce qui s'est passé le 13 novembre 2012, alors que selon la juge Alicia Soldevila, son entreprise Excavations R.M.G. a contrevenu à l'entente avec la Ville de Shawinigan pour que cesse l'exploitation d'une sablière illégale. L'homme d'affaires assure toutefois qu'il prendra ses responsabilités parce que selon toute vraisemblance, un employé a fait fi de ses directives.
M. Ricard a fourni sa version lundi matin, lors des représentations sur sentence de cette affaire au palais de justice de Shawinigan.
Le 12 décembre dernier, la juge Soldevila reconnaissait l'entreprise et son principal actionnaire coupables d'outrage au tribunal parce que la Ville de Shawinigan avait réussi à prouver qu'Excavations R.M.G. s'était approvisionnée dans une sablière illégale dans le quartier Sainte-Flore.
Cette action contrevenait à une transaction civile intervenue entre les parties le 24 août 2012. La culpabilité a été démontrée sur un seul des sept événements débattus en Cour supérieure du 18 au 21 novembre 2013.
Dès le début du procès, Me Olivier Després avait annoncé que René Ricard ne témoignerait pas dans cette histoire, une décision plutôt étonnante compte tenu de son rôle central. Aux représentations sur sentence lundi, l'avocat a appelé son client à la barre pour qu'il explique lui-même les raisons de son désistement.
Très émotif, M. Ricard a fait allusion au décès de son fils Steve, le 17 décembre 2012. Le 23 octobre précédent, le jeune homme avait reçu un diagnostic de cancer du pancréas.
Steve Ricard aurait célébré son 36e anniversaire de naissance en novembre dernier. Toujours hanté par cette perte irremplaçable, le président d'Excavations R.M.G. ne pouvait trouver la force de témoigner pendant le procès, bien qu'il ait assisté aux audiences.
Instructions
Le 13 novembre 2012, l'inspecteur municipal Jean Belley a vu une pelle d'Excavations R.M.G. charger un camion appartenant à la même entreprise. Selon le témoin, il ne fait aucun doute qu'elle s'approvisionnait à partir d'un remblai formé par l'accumulation de sable provenant du lot litigieux, où un étang avait été creusé quelques mois auparavant.
La Ville soupçonnait l'homme d'affaires d'utiliser cette propriété comme sablière, contrevenant ainsi au zonage en vigueur. Pour sa défense, M. Ricard prétend qu'après l'entente homologuée du 24 août 2012, son entreprise a toujours puisé son sable sur un lot adjacent, qui possède un droit acquis du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.
Rappelons que les deux lots en question appartiennent à Claude Laforme, avec qui M. Ricard a conclu une entente pour s'approvisionner en sable.
L'homme d'affaires martèle qu'il n'a jamais voulu défier l'ordonnance de la Cour.
«Je ne peux pas expliquer ce qui s'est passé», confesse M. Ricard. «Nous avons arrêté de sortir du sable (du lot de l'étang) à 15 h 50 le 24 août 2012. Ce qui s'est passé le 13 novembre ne répondait pas à mes instructions.»
«Madame la juge, si on a pris un raccourci, ce n'était pas à ma demande», ajoute-t-il. «Mais je vais prendre mes responsabilités.»