Jean-Pierre Jolivet n’en revient pas des délais qui s’éternisent pour la réalisation des travaux de dragage au parc de la Rivière-Grand-Mère.

Rivière Grand-Mère: toujours pas de certificat d’autorisation

Shawinigan — Même si la Ville de Shawinigan n’a toujours pas obtenu son certificat d’autorisation pour procéder au dragage de la rivière Grand-Mère, elle a lancé un appel d’offres à la fin juillet pour recueillir les propositions de prix pour ces travaux. L’ouverture des soumissions est d’ailleurs prévue le 30 août.

Or, l’obtention de ce contrat demeurera conditionnelle à l’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Lors de la dernière séance publique régulière du conseil municipal de Shawinigan, des membres de la Corporation du Parc de la Rivière-Grand-Mère sont venus exprimer leur exaspération en raison de cette attente.

Rappelons qu’un groupe de citoyens travaillent depuis deux ans à redonner le lustre d’antan à ce lieu de rassemblement. Le dragage de la rivière est devenu incontournable pour se débarrasser des sédiments qui ont altéré l’environnement de ce cours d’eau et du bassin, point central de ce parc. Or, pour procéder à ces travaux, il faut le fameux certificat d’autorisation.

La Ville de Shawinigan a travaillé pendant de longs mois, de concert avec le MDDELCC, afin de présenter une demande conforme. La direction régionale a reçu la requête le 5 mars dernier. Depuis ce temps, Jean-Pierre Jolivet, membre de la corporation, observe que les deux parties se renvoient la balle.

«Le 20 juin 2018, la direction régionale a transmis une demande d’information à la Ville de Shawinigan concernant certains renseignements manquants requis pour l’analyse du dossier», a-t-il relaté lors de la période de questions, citant une correspondance entre le bureau de la ministre régionale, Julie Boulet et celui de la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon.

«À la suite de cette demande, la Ville de Shawinigan a transmis de nouveaux documents à la direction régionale le 12 juillet 2018. L’analyse de ces documents est sur le point d’être complétée. On m’a informé que d’autres aspects du projet doivent être précisés par la Ville et une nouvelle demande d’information lui sera transmise dans les prochains jours.»

M. Jolivet raconte également qu’un fonctionnaire responsable du dossier lui a mentionné qu’étant donné qu’il n’était pas mandaté par la Ville de Shawinigan pour discuter de ce projet, il devait s’adresser aux autorités municipales pour obtenir des réponses à ses questions.

L’ex-député s’est donc présenté devant les élus, lors de la dernière séance du conseil municipal, pour leur demander quand donc cesserait ce concours de patience.

«Quand la Ville de Shawinigan décidera-t-elle de mettre le poing sur la table et dire: ça fait!», a lancé M. Jolivet. «Vous avez la capacité d’aller chercher les montants prévus pour faire les travaux, mais vous n’avez pas de certificat!»

À chaque fois que le maire, Michel Angers, est interpellé à propos du ministère de l’Environnement, il se mord les lèvres pour ne pas exprimer publiquement le fond de sa pensée.

«Je vais faire attention à ce que je vais dire», a-t-il prévenu. «C’est une pratique assez courante qu’on constate. Après 75 jours, on nous fait une demande. Nous répondons tout de suite et ça prend encore 75 jours... ça s’étire et ça s’étire. Je peux vous parler du bassin de la rivière Grand-Mère, mais je peux aussi vous parler du prolongement des égouts à Saint-Georges, de l’assainissement des eaux au lac à la Tortue, du projet du Récif sur la Saint-Maurice... Tout le monde est en attente d’obtention d’un certificat d’autorisation. Pas seulement à Shawinigan, en Mauricie au grand complet!»

«Tous ces retards, ce sont des retombées économiques que nous n’avons pas pour notre ville», a ajouté le maire. «J’ai rencontré la ministre pour lui expliquer la situation. Le poing sur la table, nous l’avons mis à de nombreuses reprises, sur toutes sortes de dossiers. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour accélérer les choses. Une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse de plus?»

En entrevue, le maire fait remarquer qu’en enclenchant dès maintenant le processus d’appel d’offres, la Ville de Shawinigan sera prête à entamer les travaux lorsque le certificat d’autorisation sera émis.

«Nous souhaitons les faire avant l’hiver», confie-t-il. «Dès que nous aurons notre certificat, nous serons prêts à partir.»