Rio Tinto Alcan vient de signer une entente exclusive avec le consortium Pluri-Capital et Sotrem qui lui donne l'autorisation de poursuivre ses analyses vers l'acquisition du centre de coulée de Shawinigan.

Rio Tinto Alcan: Pluri-Capital et Sotrem signent une entente d'exclusivité

La grande annonce attendue dans le discours de Michel Angers devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan tombe deux jours plus tard. En effet, Rio Tinto Alcan vient de signer une entente exclusive avec le consortium Pluri-Capital et Sotrem, qui lui donne l'autorisation de poursuivre ses analyses vers l'acquisition du centre de coulée de Shawinigan.
«Je ne pouvais rien dire avant l'annonce officielle!», sourit le maire de Shawinigan. La compagnie doit publier un communiqué de presse aujourd'hui.
Cette entente permet au consortium d'intensifier l'analyse des actifs et de rencontrer les employés. Rappelons que Rio Tinto Alcan s'est engagée à poursuivre l'exploitation du centre de coulée jusqu'au 31 décembre 2014. Pour le moment, il demeure trop tôt pour savoir si cet échéancier peut être devancé.
«C'est une étape importante», confie Claudine Gagnon, conseillère principale, relations médias chez RTA. «Les salles de cuves ont arrêté le 29 novembre. Nous sommes le 23 janvier et nous avons un repreneur potentiel sérieux, avec qui nous avons signé une entente qui lui permettra de poursuivre ses analyses. Les choses avancent bien.»
De son côté, Michel Angers accueille cette confirmation comme une récompense des démarches effectuées depuis plusieurs mois.
«J'ai toujours insisté sur l'importance de garder des activités industrielles sur le site», rappelle-t-il. «Comme Rio Tinto Alcan avait conservé un centre de coulée à Beauharnois,il n'y avait aucune raison de ne pas le faire de notre côté.»
«J'ai eu beaucoup de discussions pour m'assurer d'avoir quelqu'un avec les reins solides, qui ne partirait pas d'ici après un an ou deux», ajoute M. Angers. «Rio Tinto Alcan a travaillé très fort pour avoir quelqu'un qui possède un historique. C'est une excellente nouvelle!»
Sotrem est spécialisée dans la fabrication et la vente de divers alliages d'aluminium. De son côté, Pluri-Capital, un fonds d'investissement, s'intéresse aux entreprises manufacturières. Les deux partenaires sont situés à Saguenay.
«Leur plan d'affaires et leur expertise dans le domaine de l'aluminium ont fait en sorte que nous avons signé cette entente avec eux», précise Mme Gagnon.
Cette dernière assure que les démarches pour la reprise d'activités industrielles sur l'ensemble du site se poursuivent. La porte-parole tient à nouveau à rassurer ceux qui craignent que la multinationale tentera de refiler la décontamination aux futurs occupants ou à la Ville.
«Nous sommes toujours à la même place dans ce dossier», réitère-t-elle. «Il n'y a aucun doute chez nous: on ne se sauvera pas et on va décontaminer le site comme il se doit.»
Le maire de Shawinigan poursuivra ses démarches afin que cette bonne nouvelle en amorce une longue suite sur cette vaste propriété du boulevardSaint-Sacrement. «C'est une première marche qu'on monte et il y en aura très certainement d'autres», assure-t-il.
Prudence
Les employés du centre de coulée ont été avisés de cette étape importante par la direction hier après-midi. Pour les plus jeunes, il s'agit d'un espoir concret de conserver leur travail après le 31 décembre 2014. Normalement, une cinquantaine d'emplois devraient être associés à l'exploitation de ce centre de coulée.
Louis-Gérard Dallaire, président du Syndicat des travailleurs de l'aluminerie Alcan (CSN), demeure sur ses gardes pour le moment.
«Ça fait un bout de temps que cette histoire de repreneur circulait à l'interne», explique-t-il. «Nous étions en mode attente, compte tenu que nous avons été souvent déçus. Il semble finalement qu'une nouvelle entreprise prendra place, mais je pense qu'il y aura des conditions avant de rendre la transaction définitive.»
Par exemple, M. Dallaire s'attend à ce que des négociations s'amorcent pour établir les conditions de travail avec le nouvel employeur. La convention collective en vigueur se termine le 31 décembre 2014.
«Le nouvel acheteur voudra définir ses conditions», prévoit-il. «Je m'attends à ce qu'une table de négociation se mette en place à court terme. Avant de dire que c'est une bonne nouvelle, je vais attendre de voir leurs intentions.»