Déçu que le conseil municipal n’ait pas poussé son projet à la consultation référendaire, Jimmy Marcouiller attend maintenant la politique de la Ville de Shawinigan pour l’encadrement des maisons de tourisme.

Résidences de tourisme: Shawinigan met fin au processus

Shawinigan — Les opposants au projet de changement de zonage pour permettre l’usage de résidences de tourisme sur la route des Champagne, dans le secteur du lac Vincent, ont gagné leur bataille. En assemblée publique régulière mardi, le conseil municipal de Shawinigan a annoncé qu’il mettait fin au processus d’adoption de ce projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble.

Les élus ont calculé que les 70 personnes qui se sont déplacées lors de la procédure d’enregistrement, le 25 octobre, donnaient un indice assez clair du résultat d’un éventuel référendum sur cet enjeu. Rappelons que Jimmy et Mélissa Marcouiller souhaitaient construire six maisons sur un développement résidentiel qui aurait autorisé les propriétaires à les exploiter comme hébergement touristique. Des riverains se sont opposés à cette démarche dès le début, craignant que les visiteurs viennent brimer leur quiétude et altèrent la santé d’un petit plan d’eau fragile.

«Soixante-dix personnes sont venues signer, beaucoup plus que la quarantaine requise», résume le maire, Michel Angers. «Nous avons tout simplement décidé d’arrêter le processus; c’était suffisamment significatif (comme contestation).»

Un avis que ne partage pas M. Marcouiller. «Nous étions prêts à aller en référendum», commente-t-il. «Nous avions pris le temps de rencontrer plusieurs personnes dans les autres zones et nous avions un bon appui. C’est certain qu’il y a eu beaucoup de signatures d’opposition, mais je pense que le résultat d’un référendum aurait été assez serré. Nous aurions eu une chance, mais nous ne saurons jamais qui aurait gagné.»

Rappelons que depuis la fusion, le conseil municipal ne s’est aventuré qu’une seule fois jusqu’au référendum pour un changement de zonage.

Il impliquait le déménagement de la clinique d’acupuncture de Sylvie Doucet de la 128e à la 127e Rue, dans le secteur Shawinigan-Sud. Malgré une ferme opposition d’un groupe de résidents, la femme d’affaires avait obtenu un appui de 68 % lors de ce référendum.

Présentes à la dernière assemblée publique, Sylvie Boisvert et Monique Auger poussaient un gros soupir de soulagement après l’adoption de cette résolution.

«Je suis bien contente que le conseil ait écouté l’ensemble des voix», commente Mme Boisvert. «Je considère encore qu’il y a des failles dans le processus. Le fait d’englober deux zones (contiguës) qui n’avaient pas rapport... On aurait pu s’en passer.»

M. Marcouiller a déjà mentionné que si son projet de résidences de tourisme était bloqué, le zonage actuel lui permettait déjà d’aménager un terrain de camping.

«Ça a déjà été soulevé et les gens n’avaient pas voulu», rappelle Mme Auger. «S’il en fait un, on sait ce que ça implique pour les règles environnementales. Ça prend du monde sur place en permanence, des employés... Vont-ils s’embarquer là-dedans? Ça prend de grosses infrastructures, bien plus que la construction de chalets. En plus, le camping L’Attente est tout près.»

Mme Boisvert croit que les promoteurs souhaitaient offrir un avantage particulier aux propriétaires de ce développement résidentiel, mais en fin de compte, des maisons pourront tout de même être construites.

«Ça aurait été une façon de mousser leurs ventes de terrains, mais ils vont les vendre quand même», indique-t-elle. «Il y aura toujours des gens intéressés à habiter dans le bois, couper leur bois de chauffage, avoir une terre. Ça va se vendre quand même, peut-être un peu moins rapidement parce que ce n’est pas sur le bord de l’eau.»

«Ça fait partie des risques, quand on est promoteur», ajoute Mme Auger. «Des choses se vendent moins bien, d’autres un peu mieux. Mais il ne faut pas que les affaires se fassent aux dépens de notre tranquillité.»

Plan B

La Ville de Shawinigan a déjà entamé un processus pour mieux encadrer la location de maisons touristiques sur son territoire. Pour M. Marcouiller, il s’agit de la prochaine étape avant de déterminer ce qu’il adviendra de ce développement.

«Nous allons suivre de près la nouvelle réglementation Airbnb», assure-t-il. «D’ici là, on regarde en avant et on reste positif. Nous avons un beau développement, dans un beau secteur.»

M. Marcouiller reste vague sur l’éventualité d’aménager un nouveau terrain de camping.

«Nous sommes jeunes, nous sommes assez imaginatifs, nous avons des projets en tête», résume-t-il. «C’est sûr et certain que nous regarderons une option B. Nous aimerions trouver une vocation pour nos terrains en deuxième rangée.»