Sylvie Boisvert et son conjoint Michel Nadeau, en discussion avec la directrice du Service du greffe et des affaires juridiques, Me Chantal Doucet (au centre), après le résultat dévoilé en début de soirée vendredi.

Résidences de tourisme à Saint-Jean-des-Piles: 70 signatures au registre

Shawinigan — Pas moins de 70 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville de Shawinigan, vendredi, pour signer le registre portant sur un changement de zonage pour permettre l’usage de résidences de tourisme sur la route des Champagne, dans le secteur Saint-Jean-des-Piles. Le nombre de 41 signatures requises pour éviter l’approbation automatique du projet a donc été largement dépassé, de sorte que le conseil municipal de Shawinigan devra décider, au cours des prochaines semaines, s’il pousse ce débat jusqu’à un référendum ou s’il abandonne la partie.

Les résidants des cinq zones visées pouvaient se rendre à l’hôtel de ville de Shawinigan entre 9 h et 19 h, vendredi, pour s’enregistrer. À la lecture du résultat par Me Chantal Doucet, directrice du Service du greffe et des affaires juridiques, Sylvie Boisvert n’a pu réprimer une émotion bien sentie. Depuis le début de cette saga, cette riveraine du lac Vincent se débat pour convaincre les élus que le projet proposé risque de nuire à la tranquillité des lieux et à la santé du plan d’eau.

Jimmy et Mélissa Marcouiller souhaitent construire six maisons dans leur domaine. Depuis le printemps, le conseil municipal a entrepris un processus pour adopter un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) dans la zone visée, afin de permettre que ces résidences puissent être utilisées à des fins touristiques, de type Airbnb.

Les opposants craignent que ce nouvel usage vienne perturber les lieux. Même s’il ne s’agirait pas de propriétés riveraines, ils se demandent notamment comment l’accès au lac de ces éventuels touristes pourrait être contrôlé.

Mme Boisvert s’est évertuée, au cours des derniers jours, à expliquer aux gens de toutes les zones concernées les impacts de l’adoption de ce PPCMOI dans leur milieu. Son message a visiblement été entendu.

«J’espère que ça va s’arrêter là, que le processus n’ira pas plus loin», commente-t-elle, un peu émue. Des saisonniers sont partis de Montréal, vendredi, pour apposer leur signature à ce registre. Des chasseurs seraient également revenus plus tôt que prévu ou auraient retardé leur départ afin de s’enregistrer.

«Je suis contente, mais ça va nous demander autant d’énergie si ça continue», mentionne Mme Boisvert.

De son côté, M. Marcouiller ne pouvait cacher son étonnement devant ce résultat, même s’il se doutait que la signature de 41 personnes ne représentait pas un si gros défi. «Nous sommes surpris, parce que nous avons vraiment de bonnes intentions», fait-il remarquer. «On pensait qu’on avait un beau projet. La zone de développement est à 1,2 kilomètre des gens qui s’opposent. Il y a aussi une montagne qui nous sépare.»

«Je ne vous cacherai pas que nous avons un zonage assez permissif», glisse le promoteur. «Je tiens à rappeler que nous pourrions aménager un camping - caravaning. Nous voulions une corde de plus à notre arc en pouvant proposer de l’hébergement locatif. On va s’asseoir avec la Ville et regarder tout ça.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, mentionne que le sujet sera assurément discuté lors de la rencontre privée des élus, lundi. Le conseil municipal annoncera sa décision à la séance régulière du 5 novembre ou à l’assemblée extraordinaire du 18 novembre.

«Nous allons voir d’où proviennent les signatures», commente M. Angers. «Le conseil municipal devra décider si on poursuit jusqu’au référendum ou pas. Je vais laisser le conseil faire cette réflexion et nous statuerons par la suite.»