Le nombre de passages a connu une rare augmentation dans les autobus de la Régie de transport en commun de Shawinigan en 2017.

Rare hausse du nombre de passagers

Shawinigan — La Régie de transport en commun de Shawinigan a réussi à freiner la constante dégringolade du nombre de passagers de son offre principale en 2017, une première en cinq ans. Malgré tout, une importante réflexion se prépare au conseil municipal avec les surplus qui baissent à vue d’œil et la négociation d’une nouvelle entente avec le transporteur, puisque celle en cours prend fin en février 2019.

La RTCS connaît une glissade presque ininterrompue de la fréquentation de son service régulier depuis la fusion municipale. Ainsi, en 2002, pas moins de 535 832 passages avaient été recensés, alors que l’an dernier, ce nombre s’établissait à 255 826.

Il s’agit néanmoins d’une hausse de 3,8 % par rapport à 2016 et d’une première augmentation de fréquentation du service de transport régulier depuis 2012. Le nombre de passages s’est accru chaque trimestre en 2017, particulièrement de janvier à mars où le bond atteint plus de 9 % par rapport à l’année précédente.

Cette encourageante embellie ne soustrait toutefois pas la RTCS aux défis financiers qui se dressent à nouveau devant elle. Pour une cinquième année consécutive, l’organisation a décidé de geler ses tarifs pour le transport régulier, mais d’un autre côté, son surplus accumulé dégringole d’année en année parce que le conseil d’administration en affecte une partie toujours plus importante pour équilibrer son budget.

Ainsi, ce bas de laine s’établissait à 459 851 $ au 31 décembre 2016. La RTCS prévoit qu’il ne restera plus que 76 827 $ à la fin de l’année en cours.

En 2018 seulement, le conseil d’administration a décidé de piger un peu plus de 240 000 $ dans son surplus pour ajouter aux revenus. La contribution de la Ville de Shawinigan demeure stable à 669 861 $, mais elle a tout de même diminué de 6 % par rapport à 2016.

Ajoutez à cet élément la nécessité de négocier un nouveau contrat, puisque celui avec Transport urbain de la Mauricie se termine en février 2019, et vous avez un conseil d’administration qui formulera des recommandations très importantes aux élus au cours de l’année.

«Le transport en commun, je pense que c’est plus qu’utile», lance Jean-Yves Tremblay, président de la RTCS. «Ce que j’ai apporté au conseil municipal, c’est que nous sommes l’une des villes qui contribuent le moins pour le transport en commun. C’est pourquoi il faut piger dans notre vieux gagné! C’est là qu’on est rendu.»

«L’augmentation des tarifs pourrait être une solution», ajoute M. Tremblay. «Je ne sais pas si on est prêt à aller là ou si la Ville sera prête à augmenter sa quote-part pour nous aider. Ce ne sera pas un débat facile.»

L’optimisation des circuits s’invitera assurément dans les discussions, de même que des comparaisons avec d’autres villes à travers le Québec, autant en ce qui concerne les contributions municipales que les tarifs exigés aux usagers. À Shawinigan, le passage simple est gelé à 3 $ depuis 2013.

Le service Accès-bus a aussi connu une belle popularité en 2017. En effet, pas moins de 11 800 personnes se sont prévalues de cette possibilité lors de 10 886 déplacements recensés au cours de la dernière année, deux indicateurs en hausse par rapport à 2016. Rappelons que ce service permet aux utilisateurs de prendre un taxi pour les transporter jusqu’à un point d’arrêt d’un circuit régulier. Pour ce volet, la contribution municipale s’établit à 148 827 $ depuis 2013.

Transport adapté: un horaire resserré

Le transport adapté a défrayé la manchette à Shawinigan, l’automne dernier, lorsque l’organisme Handicap Soleil est venu dénoncer la réduction du nombre d’heures pour cette clientèle vulnérable à la séance publique d’octobre du conseil municipal. Les utilisateurs devront s’y faire, puisque la RTCS veut à tout prix maximiser l’efficacité de ce service afin d’éviter l’escalade des dernières années.

En 2016, pas moins de 31 429 transports ont été effectués pour cette clientèle, sur un total de 7908 heures. Or, la RTCS établit son budget du transport adapté sur une base de 6000 heures. L’an dernier, l’objectif a encore été largement surpassé, à 6762 heures, mais il s’agissait d’une réduction de 14 % par rapport à 2016. En conséquence, le nombre de passages a suivi la même courbe, dégringolant à 29 163.

Encore une fois, des considérations financières forcent la RTCS à serrer la vis. Le transport adapté a terminé l’année 2016 avec un déficit d’exploitation de 96 481 $ et l’organisation prévoit ajouter un 60 000 $ à l’encre rouge lorsque les états financiers de 2017 seront complétés. Cette année, la RTCS a même prévu un montant de 20 000$ pour réduire ce déficit accumulé.

«Avant, nous étions en surplus et nous laissions le transporteur donner des heures additionnelles, au besoin», explique Luc Bourassa, trésorier au conseil d’administration de la RTCS. «Mais depuis deux ans, nous sommes en déficit et le conseil municipal nous a demandé que le contrat de 6000 heures soit respecté.» C’est Bellemare Taxi qui assume ce service pour la RTCS.

La clé consiste à maximiser les déplacements plutôt que les multiplier. Des échanges sont déjà entamés avec des représentants d’utilisateurs pour satisfaire tout le monde.

«C’est un transport collectif, pas un service de taxi», nuance M. Bourassa.

Malgré tout, la RTCS prévoit un budget équilibré à 450 000 $ pour le transport adapté en 2018, en hausse de 11 % par rapport à 2017. Ici également, la Ville de Shawinigan maintient une subvention de 218 552 $ et sa quote-part de 104 382 $, mais le conseil d’administration prévoit une légère hausse de revenus provenant des usagers et des autres municipalités partenaires que sont Saint-Mathieu-du-Parc, Charette, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Boniface.