Les travaux d’installation d’aqueduc et d’égout autour du lac à la Tortue constitueront le plus important chantier à Shawinigan en 2018.

PTI 2018-2020: l’objectif rencontré dans la douleur

Shawinigan — Pour une deuxième année consécutive, le conseil municipal de Shawinigan devait s’astreindre à limiter ses investissements financés par règlements d’emprunt à 16 millions $ pour respecter son objectif de réduction de la dette d’ici 2035. Les élus y sont tout juste parvenus encore une fois, non sans quelques échanges animés.

Le programme triennal d’immobilisations 2018-2020 a été adopté en séance extraordinaire, lundi en fin d’après-midi. Pour la prochaine année, il prévoit des investissements totaux de 110,2 millions $, dont 70,9 millions $ seront assumés par des subventions. La Ville prévoit emprunter 24 millions $ pour ses travaux au cours de la prochaine année, mais sur ce montant, 8,1 millions $ sont directement attribuables au projet d’approvisionnement en eau potable, sur un total de 32,3 millions $ pour la prochaine année uniquement pour ce projet. Sans cet élément, les élus ont respecté le plafond convenu, puisque les emprunts pour tous les autres travaux devraient atteindre
15,9 millions $.

«Je veux saluer le travail de mes collègues du conseil municipal», souligne le maire, Michel Angers. «Ça n’a pas été un exercice facile.»

Le gros morceau du projet de mise aux normes d’approvisionnement en eau potable consistera à terminer la station de traitement du Lac-à-la-Pêche en 2018, un investissement de 6,8 millions $. Celle du Lac-des-Piles, à 205 000 $ et les travaux de l’aqueduc sous la rivière Saint-Maurice (1,1 million $) compléteront la participation de la Ville à cet important projet pour la prochaine année.

Le chantier de l’assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue retiendra aussi l’attention en 2018, alors que 35 millions $ seront investis sur un montant prévu de 42,5 millions $. Le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées absorbe, rappelons-le, 83 % de ce budget.

«Nous allons donc achever deux projets majeurs», résume M. Angers. «Je me rappelle qu’on nous avait toujours dit que jamais la Ville de Shawinigan ne serait capable de mener de front ces deux projets, raison pour laquelle on ne voulait pas nous accorder l’assainissement des eaux du Lac-à-la-Tortue. On est en train de prouver (qu’on pouvait le faire) et ça va très bien.»

Parmi les autres investissements prévus et déjà annoncés, notons la première phase de la marina et du parc riverain sur le site de l’ancienne papeterie de Produits forestiers Résolu (6,5 millions $), la réhabilitation de terrains contaminés (1,8 M$), les infrastructures pour le développement résidentiel et commercial près du carrefour giratoire dans le secteur Saint-Georges (3,5 millions $) et la deuxième phase des travaux sur l’avenue des Cèdres, la 9e Rue de la Pointe et l’avenue Broadway (1,5 million $).

L’exercice de compression s’est particulièrement fait sentir dans les travaux de voirie, où un maigrelet 800 000 $ est prévu en 2018.

«Ça en aurait probablement pris le double ou le triple», convient M. Angers. «Il y a des besoins criants un peu partout. Il faut être capable de se diviser ça. Huit cent mille dollars, ce n’est pas une grosse somme, mais c’était ce que nous étions capables de mettre cette année.»

Des travaux de deux millions $ sont prévus pour la réfection du chemin de la Vallée-du-Parc, mais ils ne se réaliseront que si la Ville obtient des aides financières provenant du programme de Réhabilitation du réseau routier local, pour les volets «Redressement des infrastructures routières locales» et «Accélération des investissements sur le réseau routier local». Ces subventions contribueraient à éponger 75 % de la facture. 

Au total, les investissements prévus dans ce PTI atteignent 171,8 millions jusqu’en 2020, dont 92 millions $ en subventions. Le conseil municipal prévoit des travaux d’immobilisations de 32,5 millions $ en 2019 et de 29,1 millions $ en 2020.

Pas de budget participatif

Lors de la dernière campagne électorale, Michel Angers avait exprimé le souhait d’introduire un budget participatif à Shawinigan, comme il se fait à Nicolet depuis l’arrivée de Geneviève Dubois comme mairesse. Cet engagement ne sera pas rempli en 2018.

«Je m’y étais engagé en campagne électorale, mais compte tenu qu’on n’en a pas discuté au conseil municipal et que le budget était passablement serré, nous aurons cette discussion au cours de l’année. Si le conseil est favorable, on travaillera là-dessus. Sinon, il n’y en aura tout simplement pas.»

Quant au balisage de la rivière Saint-Maurice, les élus n’ont rien annoncé lundi soir en terme de budget réservé. M. Angers rappelle toutefois lors du projet pilote de cinq ans, l’argent avait été principalement puisé à même le Fonds de développement des territoires, qui vient du gouvernement du Québec.