Le maire, Michel Angers, ne doute pas de la conformité des résidences pour personnes âgées de sa ville. Il convient toutefois qu'après une tragédie comme celle de L'Isle-Verte, c'est normal que des questions soient soulevées.

Protection du lac des Piles: la Ville de Shawinigan en attente

Maintenant que le feu vert est donné pour le début des travaux pour rendre conforme l'approvisionnement en eau potable à Shawinigan, la Ville devra songer aux mesures qu'elle mettra en place pour protéger le lac des Piles.
Bien des scénarios ont été avancés à gauche et à droite au cours des dernières années, mais aucune mesure concrète n'a encore été imposée pour apporter une attention particulière à cette source. L'Association des résidents du lac des Piles a quand même mis beaucoup d'efforts sur les bandes riveraines au cours des dernières années.
Pour le lac à la Pêche, situé au parc national de la Mauricie, les autorités fédérales n'ont jamais exprimé la moindre inquiétude au sujet de la préservation de ce plan d'eau, même s'il s'agit d'une source importante d'approvisionnement pour la Ville de Shawinigan. Il faut dire que contrairement au lac des Piles, le lac à la Pêche n'est pas habité et les embarcations à moteur y sont interdites.
Lors de la dernière séance régulière du conseil municipal, André Grosleau a interpellé le maire sur la stratégie qui sera mise de l'avant pour protéger cette source. Michel Angers convient que la Ville s'est engagée à apporter une attention particulière à la protection de ce grand bassin d'approvisionnement en eau potable, mais elle ne peut encore donner de scénario précis.
«Nous devrons réfléchir sur les bonnes pratiques à adopter pour tous les lacs de Shawinigan, plus spécifiquement où se fait la captation de notre eau potable», reconnaît-il. «On va s'assurer d'être bretelles et ceinture!»
En entrevue, le maire a ajouté que la Ville surveillait de près la réflexion en cours au ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.
«Le gouvernement est en étude sur une réglementation sur les prises d'eau potable», mentionne-t-il. «Nous regardons aussi de notre côté comment pourrons-nous faire attention à nos sources, mais en même temps, cette réglementation sera assez sévère. J'attends donc de voir ce qui va sortir. Nous devrions avoir plus d'informations cet été. Nous ferons un amalgame entre ce que le gouvernement avancera et ce que nous voulons faire.»
À Québec, le projet de règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection a été soumis à une consultation publique l'an dernier, du 29 mai au 28 juin. Il n'a pas encore été adopté.
Au lac des Piles, la question de permettre ou non des embarcations à moteur risque de refaire surface.
«Ça fera partie de la discussion», convient le maire. «Tout ce qui va nuire à la qualité de ce lac sera pris en considération. Par contre, pour les bateaux, j'ai une étude qui dit que si ça laisse un peu d'essence, ça s'évapore au soleil. Ça reste en surface et ça ne touche pas la prise d'eau. Il y a toutes sortes de courants de pensée. On dit aussi que les wake boats sont plus dangereux pour les berges, que le ruissellement des eaux de pluie serait possiblement plus dommageable que des embarcations à moteur...»
«Il y a des plans de protection de lac qui ont été mis en place dans certaines municipalités», ajoute M. Angers. «Nous avons des experts là-dessus. Quand nous prendrons des décisions, elles seront appuyées sur des études solides.»