Michel Angers

Protection du lac à la Tortue: la Ville toujours en attente

Près d'un an après la consultation publique pour le plan directeur du lac à la Tortue, la Ville de Shawinigan n'a toujours pas dévoilé les grandes lignes du rapport de cette démarche, ni son plan d'action pour sauver ce plan d'eau. Le maire, Michel Angers, répète qu'il demeure suspendu aux lèvres du gouvernement du Québec, qui devra bien, un jour ou l'autre, dire à quelle hauteur il compte appuyer le projet d'assainissement des eaux usées.
En assemblée régulière du conseil mardi soir, Réginald Sauvageau, président de l'Association pour la protection du lac à la Tortue, a profité de la période de questions pour demander si ce rapport serait rendu public. Il ne semble pas que ce soit l'intention des élus, bien qu'un résumé sera vraisemblablement rendu lors de l'assemblée générale annuelle de l'APL.
Une vingtaine de mémoires avaient été présentés lors de la consultation publique en août 2013. Plusieurs citoyens avaient profité de cet exercice pour mettre les politiciens au pilori, déplorant le nombre incalculable d'études et de recommandations qui ont marqué l'histoire de ce lac au fil des trente dernières années.
M. Sauvageau était alors intervenu pour rappeler qu'un plan directeur avait aussi été produit en 2006 et que les citoyens n'en avaient plus jamais entendu parler. Il émettait alors de sérieux doutes sur la pertinence d'une nouvelle démarche.
«Quelques mois avant les élections, on nous annonce le salut», avait-il sarcastiquement relevé.
Or, le temps file et la Ville tarde toujours à faire connaître ses intentions pour sauver un lac dont le processus d'eutrophisation mettrait carrément son existence en danger.
En entrevue, M. Angers rappelle que le gouvernement du Québec n'a toujours pas confirmé s'il était disposé à défrayer 80 % du montant nécessaire pour la réalisation du projet d'assainissement des eaux usées. Le gouvernement libéral s'était engagé en ce sens lors de la désormais célèbre annonce de l'ex-ministre Nathalie Normandeau en 2007, mais le projet était alors évalué à 17,6 millions $. La dernière estimation a porté ce montant à 55,1 millions $.
Le maire mentionne que cette orientation constituera la clé des interventions à venir. Pour le moment, il évalue sommairement à 100 000 $ la somme réservée pour diverses actions qui seront mises en place.
«Il faut établir le plan de match», explique-t-il. «Les grands éléments du plan d'action sont sortis. L'APL veut travailler là-dessus et nous partagerons certains éléments avec eux.»
Lors de la dernière campagne électorale, M. Angers avait promis de se battre avec la même énergie pour ce dossier que pour celui de l'approvisionnement en eau potable. Il n'a pas changé d'idée.
«Je vais laisser passer l'été, mais à un moment donné, quelqu'un devra me répondre», s'impatiente-t-il. «Je veux une réponse en 2014. Oui ou non? Cette réponse va guider beaucoup de choses. Nous nageons dans l'inconnu, puisque nous ne connaissons toujours pas la réponse gouvernementale. Quand nous la connaîtrons, nous pourrons entreprendre des actions précises.»