La Ville de Shawinigan jongle avec une patate chaude, après avoir égaré le paiement d’une taxe de 2660 $.

Paiement introuvable à Shawinigan: la Ville réclame un nouveau chèque

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan réclame un nouveau chèque de 1160 $ au citoyen qui avait confié ce montant au Service de l’aménagement du territoire, en juillet, et dont toute trace a été perdue.

François St-Onge, directeur général adjoint par intérim et directeur du Service des communications et des relations avec les citoyens, a transmis un courriel à Yvan Desaulniers, mercredi, pour lui formuler cette demande.

Rappelons qu’en juillet, cet homme avait acquitté une facture de 2660 $ à la Ville pour payer la taxe sur les parcs et espaces verts prélevée à la suite du lotissement d’une propriété du secteur Saint-Georges. Il avait remis 1500 $ en argent comptant au Service de l’aménagement du territoire, de même qu’un chèque de 1160 $. Or, ce dépôt a été égaré. M. Desaulniers confirme que son chèque n’a jamais été encaissé. Une employée temporaire du service n’a pas été rappelée au travail à la suite de ce que le directeur général de la Ville, Me Yves Vincent, a qualifié de «manquement administratif dans la procédure».

Ne pouvant retracer le chèque et sachant qu’il n’avait pas été encaissé, M. St-Onge demande donc à Sandra Depoortere, conjointe de M. Desaulniers, d’émettre à la Ville de Shawinigan un nouveau chèque de 1160 $ «en remplacement de celui qui a été égaré», «à moins qu’elle puisse nous démontrer que ce chèque a été encaissé.» Le permis de lotissement avait été émis au nom de Mme Depoortere, le 25 juillet.

Pourquoi ne pas réclamer le paiement total de 2660 $? Évidemment, la partie en argent comptant pose problème. En début de semaine, Me Vincent reconnaissait que le dépôt en entier n’avait pas été retrouvé.

«Madame a déboursé seulement une partie du montant du permis», explique M. St-Onge. «Elle a déboursé le montant en argent, mais pas celui en chèque puisqu’il n’a pas été changé. Elle n’a pas contribué pour cette partie du montant. Nous lui demandons donc de contribuer pour le montant qui manque, celui du chèque.»

M. Desaulniers ne voit pas la suite des événements du même œil. En fait, il s’estime victime d’intimidation avec cette demande.

«Ce serait drastique de mettre une employée dehors pour un dépôt qui s’est perdu», fait-il remarquer. «Je ne paierai pas 1160 $ avec un nouveau chèque sans savoir où sont rendus les 1500 $! Qu’on me prouve que ce dépôt a été fait.»

M. Desaulniers se demande si d’autres paiements de cette taxe sur les parcs et les espaces verts ont aussi pu disparaître dans la nature. En milieu de semaine, M. Vincent indiquait qu’il s’agissait d’une première, mais personne ne l’aurait su si M. Desaulniers avait décidé de passer sous silence le fait que son chèque n’était toujours pas encaissé.

«Quelqu’un s’est fait prendre, mais ça ne veut pas dire que ce n’était jamais arrivé avant», suggère-t-il. «Il faut une enquête là-dessus.»

Le directeur général de la Ville a déjà mentionné qu’il se pencherait sur la traçabilité des sommes d’argent confiées aux différents services à l’hôtel de ville. Dans sa correspondance, M. St-Onge remercie le citoyen pour sa «précieuse collaboration» dans cette histoire. «Votre intervention nous a donné l’occasion de revoir nos processus afin de s’assurer que pareille situation ne se reproduise pas», conclut-il.