Le nouveau point de service Mère-d'Youville ouvrira ses portes aujourd'hui, dans cette ancienne pizzéria de la 4e Rue.

Nouvelle ère pour la Tablée populaire de Shawinigan

À pareille date l'an dernier, la Tablée populaire de Shawinigan s'apprêtait à abolir le poste de sa coordonnatrice, Claudine Thiffault-Harvey, en place depuis 24 ans. Un puissant symbole qui démontrait toute la vulnérabilité de l'organisme, qui venait d'enregistrer un deuxième déficit consécutif de plus de 50 000 $.
Or, un an plus tard, le point de service Mère-D'Youville, sur la 4e Rue, déménage dans un immeuble appartenant à l'homme d'affaires René Ricard. Un investissement de plus de 80 000 $ qui apparaissait comme un rêve un peu fou au début 2013, mais qui se réalisera aujourd'hui même avec l'ouverture de cette nouvelle tablée.
La situation financière de l'organisme avait incité le conseil d'administration à entreprendre une campagne de sollicitation très intense pour remettre la barque à flots. Des contributions exceptionnelles de la Ville de Shawinigan, des oeuvres des abbés Martel et Marcil, de la Société Saint-Vincent-de-Paul, de Produits forestiers Résolu, de Canadian Tire et de l'ancien local 1455 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier de la Belgo ont permis de relever le défi.
Attendue depuis plusieurs mois, l'aide financière spéciale du député de Saint-Maurice, Luc Trudel, devrait être confirmée sous peu. Cette somme servira justement à payer le déménagement de la Tablée Mère-d'Youville. L'annonce pourrait survenir au début février, pendant le caucus de l'aile parlementaire du Parti québécois, à Shawinigan.=
Nouveau départ
La dernière année a aussi été marquée par plusieurs départs au conseil d'administration, dont celui du président, Jocelyn Ricard. Son successeur, Philippe Nadeau, se réjouit du retour de Michel Masson fils autour de la table. Il convient qu'il reste «trois ou quatre» postes à pourvoir, mais que l'équipe est maintenant plus unie que jamais.
Les donateurs ont toutefois dû être rassurés à la suite de cette nouvelle crise.
«Il a fallu leur expliquer que les problèmes dans le c.a. étaient terminés, que nous étions passés à des choses beaucoup plus constructives», mentionne M. Nadeau.
Outre ses trois cuisiniers, l'organisme embauche une quatrième personne depuis l'été dernier. Il s'agit de Nathalie Desrosiers, que M. Nadeau ne veut pas identifier comme coordonnatrice, mais plutôt comme une personne qui répond au quotidien aux nombreuses demandes.
«Les administrateurs ont beaucoup donné pour pallier des manques, mais nous avons tous des occupations ailleurs», fait-il remarquer. «Il faudrait que les tablées deviennent plus autonomes, avec des personnes qui les gèrent de façon plus efficiente. Nous regardons donc plusieurs scénarios, mais l'optique demeure la réduction des coûts et l'optimisation des ressources.»
Les derniers mois ont été particulièrement consacrés au déménagement, qui permettra à l'organisme d'épargner sur le coût de location. Avec une plus importante capacité d'entreposage dans ses nouveaux locaux de la 4e Rue, la Tablée populaire de Shawinigan pourra dorénavant réfrigérer la nourriture de ses trois points de service au même endroit.
Au cours de la prochaine année, M. Nadeau souhaite que la situation financière de l'organisme lui permettra de relancer la distribution de boîtes à lunch dans des écoles défavorisées, une initiative abandonnée en 2013 en raison du contexte budgétaire difficile.
Le président avance aussi que le tarif pour les repas sera remis sur la table cette année. Depuis le 1er juillet, les bénéficiaires doivent verser 1 $ par dîner. Cette augmentation de 0,50 $ par repas avait fait sourciller, mais le conseil d'administration avait expliqué cette décision par la nécessité de renflouer les coffres.
«Nous avons déjà dit que ce n'était pas une finalité», rappelle M. Nadeau. «Si on peut réduire le prix des repas, on le fera. La décision sera débattue en conseil d'administration. On s'adresse à un public particulier. L'important est que les gens aient accès à de la nourriture au plus bas prix possible.»
Avec une situation financière redevenue saine, le défi consistera à convaincre les donateurs de l'importance de poursuivre leur contribution. Des campagnes sur les médias sociaux et spécifiquement dirigées vers les entreprises sont notamment prévues.
«Ce sera à nous de bien communiquer», mentionne M. Nadeau. «Nous ne sommes plus là pour sauver la Tablée populaire, mais pour alimenter les gens qui en ont besoin. L'urgence est toujours là!»