La pelletée de terre symbolique d'un nouveau projet de condos à Shawinigan. De gauche à droite, on reconnaît Germain Labrosse (courtier Re/Max), Claude Lacombe (curé), Serge Aubry (conseiller du district des Montagnes), Doris Deschesnes (courtière Re/Max), Michel Angers (maire), Raynald Dubé (président du conseil de la fabrique) et Dany Boulanger (actionnaire de l'entreprise Inno-V).

Nouveau projet de condos à Shawinigan

La transformation d'un terrain appartenant jusqu'à tout récemment à la Fabrique de Sainte-Marguerite-d'Youville permettra non seulement de bonifier l'offre résidentielle du secteur, mais également d'apporter un peu d'air aux finances de la paroisse.
Les promoteurs avaient organisé une conférence d'information, lundi après-midi, pour présenter ce projet. Six immeubles de quatre unités chacun seront construits dans le quadrilatère formé des rues Pelletier et Roy et des avenues Carier et Laflèche, dans la partie nord de Shawinigan.
L'investissement total est estimé à 3,3 millions de dollars. Il sera réalisé par l'entreprise Inno-V, dont les propriétaires se sont associés aux courtiers immobiliers Germain Labrosse et Doris Deschesnes (Re/Max de Francheville) pour la vente de ces condos. Chaque unité sera composée de quatre pièces et demie d'une superficie totale de 1160 pieds carrés sur un étage, avec stationnement, terrasse et garage inclus. L'aménagement du premier modèle devrait être complété en septembre.
Ce développement domiciliaire est réalisé avec la bénédiction de la Fabrique Sainte-Marguerite-d'Youville, qui a vendu le lot qui ceinture l'église aux promoteurs pour la somme de 200 000 $. Des revenus inespérés pour une paroisse qui doit évidemment affronter les mêmes défis qu'ailleurs.
«La diminution de la pratique religieuse entraîne automatiquement la diminution des revenus», fait remarquer le curé de la paroisse, Claude Lacombe. «Il existe toujours un écart qui ne se comble pas avec les dépenses. On est donc obligés de se départir d'actifs pour continuer à exister. Tout est à vendre, mais on le fait avec une certaine sagesse.»
Ce terrain a attiré l'attention de M. Labrosse l'automne dernier. Le temps de laisser la procédure de changement de zonage se réaliser et la transaction a été officiellement enregistrée le 20 juin.
«Nous ne pouvons pas demander mieux», résume l'abbé Lacombe. «Nous pouvons continuer à opérer, tout en diminuant nos actifs. En plus, c'est un projet d'habitation, qui permettra à la population locale de se reloger dans le même secteur, en passant d'une résidence individuelle à un condo.»
«Ça va nous permettre de vivre encore quelques années», se réjouit Raynald Dubé, président du conseil de la fabrique. «Il ne faut pas se leurrer: les budgets que nous présentons sont toujours déficitaires. Ce montant nous permettra de continuer pendant un certain temps. De plus, le projet pourrait attirer de nouveaux paroissiens.»
Miser sur le prix
Courtier immobilier de longue date, M. Labrosse est bien placé pour analyser l'évolution de la vente d'habitation en copropriété à Shawinigan. De plus en plus de promoteurs proposent des projets depuis quelques années, mais le marché demeure difficile. En fait, selon la Fédération des chambres immobilières du Québec, seulement 11 ventes d'habitation en copropriété ont été enregistrées à Shawinigan au cours de la dernière année, dont deux dans le premier trimestre de 2014.
M. Labrosse concède qu'il reste une mentalité à développer localement par rapport à cette offre. Il pointe toutefois que les unités disponibles jusqu'à maintenant surpassaient peut-être le budget de la population locale. Hier, les promoteurs ont insisté sur le fait que ce nouveau développement proposera des condos à 138 000 $.
«Les gens veulent s'acheter un condo à peu près au même prix qu'ils vendront leur maison», observe M. Labrosse. «Des clients m'en ont parlé. En l'an 2000, nous avions tenté un projet derrière le bureau de poste (au centre-ville) et à ce moment, nous demandions environ 150 000 $ pour un condo, alors que les maisons se vendaient entre 90 000 $ et 100 000 $. Ça ne fonctionnait pas avec le budget des retraités.»
Le maire, Michel Angers, s'attend à ce qu'un projet comme celui annoncé hier stimule la demande. «C'est un outil de plus pour retenir nos aînés chez nous», espère-t-il. De plus, ce projet cadre parfaitement avec la volonté de la Ville de densifier sa zone urbaine, en développant des secteurs déjà desservis par les services municipaux.