La population pourra-t-elle se rassembler autour du feu de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère, le 24 juin?
La population pourra-t-elle se rassembler autour du feu de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère, le 24 juin?

«Nous aurons un été passablement perturbé»

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — À quel genre d’été faut-il s’attendre à Shawinigan en 2020? La question paraîtrait futile en temps normal alors que le printemps s’amorce à peine, mais pour les organisateurs d’événements, les prochaines semaines dicteront le rythme en fonction du degré de contrôle de la pandémie COVID-19.

Lors de la dernière séance publique régulière du conseil, le 3 mars, les élus avaient annoncé la signature de protocoles d’entente avec plusieurs organisations.

Pour certaines d’entre elles, la crise du coronavirus n’ébranle pas trop les colonnes pour le moment, car leur événement est prévu plus tard lors de la belle saison. C’est notamment le cas de la Classique internationale de canots de la Mauricie (4 au 7 septembre), des Défis du parc national de la Mauricie (11-13 septembre), du Rendez-vous des peintres de Sainte-Flore (7-9 août) ou même du Sud en fête, dont les spectacles doivent débuter le 2 juillet.

Par contre, le Festival de pêche de Saint-Jean-des-Piles est prévu du 3 au 7 juin. Renée Désaulniers, membre du comité organisateur, s’attend à ce qu’une décision soit prise dans moins de deux semaines.


« On verra combien de temps ça va durer, mais aussi, la réaction de la population. »
Michel Angers, maire de Shawinigan

«Lors de notre dernière réunion, nous avons décidé de tout mettre sur la glace», commente-t-elle. «On verra les développements dans la semaine du 6 avril. Mais pour nous, tout est prêt: la programmation, les réservations. Nous étions rendus à l’impression des billets. Pour le moment, tout est en suspens.»

Même réflexion du côté de la Société Saint-Jean-Baptiste du Centre-de-la-Mauricie, responsable de l’organisation de la fête nationale, le 24 juin, au parc de la Rivière-Grand-Mère.

«Nous discutons avec le Mouvement national des québécois», explique le président de la section locale de la SSJB, Alain Lirette.

«Nous attendons les directives du gouvernement. Pour le moment, on sent qu’il aimerait que la fête se fasse. Mais si on est en confinement, on ne fera pas de fête!»

M. Lirette prévoit obtenir l’heure juste au plus tard à la fin avril. «On attend, on ne peut rien faire de plus», laisse-t-il tomber.

Réaction de la population

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, commence à recevoir des appels de responsables qui se questionnent sur la présentation de leur événement. Il est conscient qu’il demeure délicat de tracer une ligne pour le moment. Il fait confiance au jugement de chaque organisation.

Cependant, le maire se questionne tout autant sur le comportement des gens une fois que tomberont les barrières de distanciation physique imposées par la COVID-19.

«On parle de plusieurs semaines d’une situation très problématique», rappelle-t-il. «On verra combien de temps ça va durer, mais aussi, la réaction de la population.»

«À mon avis, nous aurons un été passablement perturbé», réfléchit le maire. «Même si on lève l’urgence sanitaire, les gens sont extrêmement inquiets. Beaucoup de personnes sont marquées au fer rouge par cette situation. Avant de se retrouver en groupe sans être convaincus que la pandémie n’existe plus, je pense que les gens vont faire très attention.»

À la Ville de Shawinigan, les spectacles du vendredi soir à la Place du marché alimenteront assurément la réflexion, si la crise se prolonge.

«Est-ce qu’on sera prêt à réunir 4000 ou 5000 personnes?», se demande le maire. «Je ne le sais pas. Tous les rassemblements se remettent en question. Écoutez, quand les Jeux olympiques sont annulés... Avant d’aller trop loin dans l’organisation des événements, on va s’inviter collectivement à la prudence.»

Selon M. Angers, le ton sera dicté par le gouvernement du Québec à compter du 13 avril, soit à la fin de la pause imposée à la vie économique.

«On se gouvernera en conséquence», termine le maire. «Je n’ai pas de boule de cristal, mais j’ai l’impression que notre été sera bouleversé.»