L’hiver s’installera à nouveau bien confortablement sur les débris qui jonchent le site de l’ancienne papeterie Belgo, puisque Sanexen ne reprendra les travaux de nettoyage qu’au printemps prochain.

Nettoyage du site de l’ancienne Belgo: de retour en 2020

Shawinigan — La firme Sanexen Services environnementaux n’entreprendra finalement qu’au printemps prochain les manœuvres de disposition des matières résiduelles sur le site de l’ancienne papeterie Belgo, à Shawinigan. Ce nettoyage, amorcé par l’entreprise Robert Fer & métaux l’été dernier, est repoussé en raison de l’arrivée hâtive des conditions hivernales.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques avait dû retourner en appel d’offres, à la fin août, quelques jours après avoir ordonné la suspension de ce chantier. Tout indique que la quantité de matières résiduelles à manœuvrer avait été largement sous-estimée par la firme Mesar, de sorte que Québec préférait accorder un nouveau contrat plutôt que d’encaisser d’importants dépassements de coûts.

En juin, Robert Fer & métaux avait obtenu le mandat pour un montant de 944 940 $. Après six semaines de travaux, l’entreprise avait disposé d’environ 15 000 tonnes de débris, mais il en restait une quantité équivalente sur le site. La présence d’amiante avait compliqué les manœuvres. Courroucé par ces surprises, le MELCC avait ordonné la suspension des travaux et la résiliation du contrat le 20 août.

À la suite d’un nouvel appel d’offres, Sanexen avait déposé la proposition la plus avantageuse, mais cette fois, à 2 354 746 $. Un montant deux fois et demie plus élevé que le contrat initial, même si la moitié des travaux est abattue. L’offre de Robert Fer & métaux était légèrement supérieure, à 2,493 millions $.

Sanexen a obtenu la confirmation de l’obtention de ce contrat le 28 octobre. L’entreprise devait toutefois déterminer un calendrier pour la réalisation des travaux, un document qu’elle a finalement déposé au ministère vendredi.

«En raison de l’arrivée hâtive des conditions hivernales, les travaux reprendront sur le site en mai 2020 et devraient s’échelonner sur une période de neuf semaines», précise Sophie Gauthier, porte-parole régionale du MELCC.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, n’est pas trop étonné de ce nouveau rebondissement. Le temps qui filait lui donnait un indice de ce qui se dessinait.

«Nous avions déjà été prévenus l’an dernier: faire des travaux de ramassage pendant l’hiver, ce n’est vraiment pas une bonne idée», commente-t-il. «Ça reprendra au mois de mai.»

Et le mur?

Pendant ce temps, le ministère des Transports examine toujours la possibilité de procéder à des travaux pour éviter des problèmes avec le mur de l’ancienne usine, qui longe le boulevard Pie-XII.

Rappelons qu’au début de l’automne, un automobiliste s’est présenté à l’hôtel de ville de Shawinigan pour se plaindre qu’une brique s’était détachée de la structure pour s’affaisser sur son pare-brise. Inquiets, le maire et la députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, ont interpellé divers ministères pour vérifier les interventions possibles. Rappelons que cette propriété appartient toujours à Recyclage Arctic Béluga, une entreprise qui a cessé son exploitation.

Si les opérations de nettoyage ne reprendront qu’au printemps, M. Angers souhaite que la démolition du mur se fasse au cours des prochaines semaines.

«Je pense encore sincèrement que le mur doit être surveillé de près», réitère-t-il. «Si possible, il faudrait le faire tomber cet hiver et ne pas attendre le dégel.»

Le canal de communication est bien établi entre le MTQ et la Ville de Shawinigan pour ces travaux, mais aucune décision n’a encore été arrêtée. Par voie de courriel, Émilie Lord, porte-parole régionale au MTQ, répétait plus tôt cette semaine que le ministère demeurait «très préoccupé par les risques pour les usagers de la route».

«Je leur fais confiance», assure M. Angers. «Je sais que le ministère a cette préoccupation, comme je l’ai aussi.»

Le maire sait que les restes de l’usine ont déjà été visités par des intrus, ce qui peut provoquer des événements indésirables pour les usagers de la route.

«Nous avons eu un cas concret, mais il semble que des débris soient déjà tombés et que d’autres personnes se soient déjà manifestées, mais pas directement à l’hôtel de ville», relate le maire. «Nous avions dit à cette personne que nous n’étions pas responsables.»

«C’est toujours préoccupant de savoir qu’il peut y avoir des gens à l’intérieur», ajoute-t-il. «On ne sait pas ce qui peut arriver. C’est une situation qui est préoccupante.»