Les travaux de nettoyage à l’ancienne Belgo reprendront avec l’entreprise Sanexen Services environnementaux.

Nettoyage de la Belgo: Sanexen prend la relève

Shawinigan — La firme Sanexen Services environnementaux de Brossard prendra finalement la relève de Robert Fer & métaux pour compléter le mandat de disposition des matières résiduelles sur le site de l’ancienne usine Belgo. Parallèlement, le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’attend à ce que le fameux mur qui longe le boulevard Pie-XII tombe sous le pic des démolisseurs avant la fin de l’année.

Le système électronique d’appel d’offres du gouvernement du Québec a confirmé, jeudi après-midi, que la proposition de Sanexen avait été retenue. La fin du dépôt des soumissions avait été fixée au 1er octobre.

Ce contrat a pris une tournure particulière, étant donné que Robert Fer & métaux, de Shawinigan, avait d’abord obtenu ce mandat de nettoyage en juin. Mais à la fin août, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques décidait de suspendre le chantier en raison de la spirale de coûts qui se dessinait. En effet, la quantité de matériaux à traiter s’avérait beaucoup plus importante que prévu.

Un nouveau processus d’appel d’offres a donc été lancé. À l’ouverture des soumissions, quatre entreprises avaient confirmé leur intérêt. Robert Fer & métaux avait déposé une offre à 2 492 550 $, mais celle de Sanexen Services environnementaux s’établissait à 2 354 746 $. Après près d’un mois d’analyse, la plus basse soumission a été jugée conforme.

Pour Pierre Robert, président de Robert Fer & métaux, il s’agit évidemment d’une déception, après avoir amorcé ces travaux l’été dernier. Il estime toutefois que sur la base de gestion des fonds publics, le ministère a pris une bonne décision en retournant en appel d’offres.

«Je suis vraiment déçu», confie l’homme d’affaires. «Nous avons fait le pire pendant l’été, pour avoir le moins pire pendant l’automne. Nous avions donc fait beaucoup de préparation pour la suite et c’est pourquoi je suis déçu.»

M. Robert explique être déjà très sollicité par le redémarrage de l’Aluminerie de Bécancour, de sorte qu’il n’a sans doute pas pu être aussi agressif qu’il l’aurait souhaité pour la suite du chantier de la Belgo. Par contre, il a cru comprendre que les travaux ne pourraient reprendre qu’au printemps prochain, ce qui aurait certainement influencé son offre s’il avait cru ce scénario possible avant de déposer sa soumission.

Vendredi, ni Sanexen, ni le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’ont pu être joints pour confirmer le calendrier prévu pour terminer ce chantier.

Rappelons qu’à la suite du premier appel d’offres, Robert Fer & métaux avait obtenu le contrat de nettoyage du site pour la somme de 944 940 $. L’entrepreneur mentionne que le MELCC payera finalement entre 1,3 et 1,4 million $ pour cette première partie. 

Si Sanexen abat le reste de la besogne au montant prévu, cela signifiera que la phase de disposition des matières résiduelles coûtera au moins 3,7 millions $, soit près de quatre fois le montant estimé à l’origine.

Angers confiant

Pendant ce temps, le ministère des Transports reconnaît maintenant qu’une action doit être posée pour éviter des incidents causés par la détérioration du mur de l’usine, qui longe le boulevard Pie-XII. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a déjà expliqué qu’un automobiliste s’était plaint d’avoir reçu une brique sur son pare-brise en circulant dans ce secteur.

Au début octobre, les ministères de l’Environnement, de la Sécurité publique et des Transports se déchargeaient de toute responsabilité par rapport à l’état de cette vénérable structure. Le MTQ a visiblement modifié son approche.

«Le ministère est préoccupé par les risques pour les usagers de la route», indique maintenant Émilie Lord, porte-parole de ce ministère. 

«Des démarches ont été entreprises auprès des autorités responsables afin que des actions soient prises pour assurer la sécurité des usagers de la route.»

Mme Lord ne peut encore préciser quand le MTQ compte entrer en action. Par contre, M. Angers voit scintiller une lumière au bout du tunnel.

«Je les laisse aller jusqu’à maintenant et les réponses sont excellentes», détecte-t-il. «Ils s’activent dans le dossier. J’ai bon espoir que le ministère va régler la situation avant l’hiver.»