Navigabilité sur la Saint-Maurice: Boulet souhaite un projet régional intégré

Shawinigan — Devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan mardi midi, le maire Michel Angers a assuré qu’il trouvera une solution pour régler le dossier de la navigabilité sur la rivière Saint-Maurice jusqu’à La Tuque. En sachant que la ministre du Tourisme et responsable de la Mauricie, Julie Boulet, tient le même discours que lui, il tentera de convaincre ses homologues de l’importance de présenter un plan d’ensemble pour que cette voie devienne un attrait digne de ce nom.

Dans ses perspectives pour la prochaine année, M. Angers ne pouvait évidemment éviter de parler de la fameuse marina et de son parc riverain, qui seront construits sur une partie des anciens terrains de l’usine Laurentide près du pont de Grand-Mère. Ce qui amène inévitablement sur la table le débat sur la poursuite du balisage de la rivière Saint-Maurice, classé dans la filière 13 par le nouveau maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, en raison des coûts annuels engendrés pour établir ce tracé et des faibles retombées encourues jusqu’à maintenant.

«Nous allons trouver une solution à la navigabilité», croit M. Angers, précisant qu’il avait discuté à nouveau du projet avec le préfet de la MRC de Mékinac, Bernard Thompson et qu’une rencontre était prévue bientôt avec M. Tremblay.

«Nous avons l’une des plus belles rivières du Québec. Un développement exceptionnel peut y être fait. Il s’agit simplement d’y avoir un peu de perspective et de volonté.»

Présente à cette conférence du maire de Shawinigan, Mme Boulet emprunte le même discours sur ce sujet. Les élus doivent unir leurs forces pour présenter un plan d’ensemble, suggère-t-elle. Ainsi, le Fonds d’appui au rayonnement des régions cadrerait très bien comme soutien financier. Une enveloppe de la Stratégie de mise en valeur du tourisme de nature et d’aventure du ministère du Tourisme pourrait aussi être sollicitée, par exemple.

«Ce que nous avons regardé, Michel (Angers) et moi, c’est comment pourrait-on avoir un plan directeur de développement de la navigabilité de la rivière Saint-Maurice», indique la ministre.

«Je réfléchis tout haut, mais tout le long de la rivière, ce serait intéressant d’avoir quatre ou cinq petites marinas, avec des terrasses ou des plates-formes avec une vue sur la rivière, des stations d’essence pour les bateaux, des endroits pour manger, des postes d’accueil à des endroits stratégiques, où des bateaux pourraient s’arrêter pour profiter du site. Ça pourrait faire en sorte de développer un intérêt à se rendre le plus loin possible sur la rivière, jusqu’à La Tuque.»

Évidemment, toutes ces infrastructures n’apparaîtront pas en 2018. Or, l’entente pour le balisage doit être renégociée entre les partenaires. Mme Boulet croit cependant que si une volonté régionale émerge au cours des prochaines semaines, les partenaires trouveront une solution en attendant que le développement intégré prenne forme.

«Des bateaux peuvent monter sans les bouées, mais quand quelqu’un ne s’y connaît pas, ça peut être risqué de s’aventurer parce qu’à certains endroits, le fond se déplace beaucoup», mentionne-t-elle. «Est-ce que le balisage peut se faire à moindres coûts? Mais au-delà de ces questions, il faut structurer une offre touristique tout le long de la rivière. Il faut maximiser son potentiel.»

La vision de la ministre sonne comme une douce mélodie aux oreilles du maire de Shawinigan.

«Il faut regarder au-delà du balisage», répète M. Angers. «Il existe des opportunités tout le long de cette rivière. Est-ce qu’on doit baliser la rivière autant qu’avant? Je vais même plus loin: s’il y a une roche ou deux qui nuisent, est-ce qu’on peut les enlever?»

«Nous avons tout un bassin à Shawinigan», ajoute-t-il. «Mais donner l’opportunité aux gens d’aller plus loin, jusqu’à La Tuque, il me semble que c’est une plus-value. Je souhaite un développement global pour la Mauricie au complet. Nous avons une vitrine exceptionnelle; il faut en profiter.»