Le ministère des Transports veut connaître ses options pour sécuriser la route 153, à la hauteur de l’ex-usine Belgo.
Le ministère des Transports veut connaître ses options pour sécuriser la route 153, à la hauteur de l’ex-usine Belgo.

Mur de l’ancienne Belgo: le MTQ veut connaître les options

SHAWINIGAN — Une firme de services professionnels sera mandatée par la direction régionale du ministère des Transports afin de déterminer les meilleures interventions pour sécuriser la route 153, à la hauteur de l’ancienne usine Belgo. Une étude de plus, déplore le maire de Shawinigan, visiblement agacé d’être laissé dans le brouillard au sujet de l’échéancier pour démolir enfin le fameux mur de l’ex-papeterie.

Le MTQ a transmis ses intentions lundi, par voie de communiqué. Selon lui, ce mandat permettra «de préciser les interventions nécessaires à court et à  moyen terme dans ce secteur».

Depuis près d’un an, au moins trois véhicules ont reçu des débris en circulant sur le boulevard Pie-XII. L’effritement du mur a déjà été évoqué comme hypothèse pour expliquer ces déveines et c’est pourquoi le MTQ a effectué des travaux de sécurisation de ce mur en décembre et en mai. 

Par ailleurs, la Sûreté du Québec avait également procédé à l’expulsion de deux hommes de 17 et 20 ans, le 16 mai, qui flânaient dans ces ruines. Il n’a toujours pas été établi si ces individus étaient responsables des bris provoqués aux pare-brise de deux véhicules à la même date, en matinée. L’enquête de la SQ de Shawinigan se poursuit, indique le porte-parole, Marc Tessier.

Peu importe la cause, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a fait son idée depuis longtemps. Démolissons ce mur au plus vite afin de sécuriser le passage des usagers de la route dans ce secteur, martèle-t-il depuis plusieurs mois. 

Or, le MTQ ne veut pas sauter à cette conclusion aussi rapidement. Il doit d’abord établir quelles parties seront visées par son intervention, de même que la méthode appropriée. D’où le mandat qui sera confié de gré à gré au cours des prochains jours.

«Nous ne pouvons nous avancer sur les possibilités d’intervention pour l’instant, parce que le mandat que nous sommes en train d’octroyer vise justement à préciser la nature de l’intervention requise pour sécuriser la route 153», fait remarquer Roxanne Pellerin, conseillère en communication à la direction régionale du MTQ.

«C’est une étape de plus dans le processus que nous avons entamé à l’automne», ajoute-t-elle. «Plusieurs facteurs particuliers doivent être pris en considération à cet endroit: la présence possible de matériaux contaminés, la proximité du cours d’eau qui passe directement sous la structure et l’évaluation de la capacité structurale du mur et du bâtiment. C’est un dossier complexe.»

Questionnée à savoir si la démolition pure et simple du fameux mur ne réglerait pas tous les irritants, Mme Pellerin s’en remet à la responsabilité du MTQ dans ce dossier.

«Nous, c’est la route qui nous intéresse», rappelle-t-elle. «Notre mission et notre préoccupation, c’est la sécurité de la route 153. Les interventions cibleront uniquement les parties qui peuvent représenter un danger pour les usagers de la route.»

En ce qui concerne la disposition des matières résiduelles en cours, elle relève du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. La démolition du mur et d’autres immeubles sur le site est prévue lors d’une deuxième phase, qui devrait faire l’objet d’un nouvel appel d’offres à la fin de l’été.

Difficile, pour le moment, d’établir un horizon prévisible sur les mesures qui seront prises, autant en ce qui concerne la sécurisation de la route 153 que la démolition du mur. Mme Pellerin confirme que les discussions se poursuivent avec le MELCC dans le cadre de ce dossier.

Maire résigné

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne s’est pas débouché une bouteille de Dom Pérignon en prenant connaissance du communiqué du MTQ.

«On me dit qu’il faut vérifier, à l’intérieur du bâtiment, la présence possible de peinture, de plomb, de contamination», énumère-t-il. «Moi, je veux savoir concrètement ce qu’on va faire. Je rappelle que les fenêtres sont ouvertes et qu’il n’y a pas de gardien de sécurité 24 heures sur 24. Si des jeunes sont allés en haut, ça peut se reproduire.»

Dans ces conditions, l’annonce d’un mandat pour faire une nouvelle étude laisse M. Angers sur son appétit.

«Ça va nous mener quand?», demande-t-il. «C’est ce que je veux savoir! Règle générale, on est capable de donner des échéances. Quand allons-nous démolir ce mur et le reste?»

«On ne peut pas faire autre chose qu’attendre», se désole le maire. «Est-ce que je suis satisfait? Je souhaitais que ça bouge rapidement, mais là, on parle d’études...»

M. Angers ne comprend pas comment le site de l’ancienne papeterie Laurentide ait pu être décontaminé, puis reconstruit avec une marina et le début du projet de Nemaska Lithium pendant qu’à la Belgo, on se promène encore dans les ruines dix ans après l’acquisition du site par Recyclage Arctic Béluga. La décontamination et la démolition de l’aluminerie de Rio Tinto Alcan se sont aussi déroulées en un battement de cils par rapport à ce qui se passe sur le boulevard Pie-XII.

Comme en 2019, M. Angers craint que l’année en cours se termine avec le mur de l’ancienne papeterie toujours dans le décor.

«J’ai l’impression que la neige va tomber et que le mur sera encore là pour un autre hiver», déplore-t-il.