L’ex-papeterie Belgo a cessé ses opérations en 2008 et le site n’est toujours pas nettoyé.

L’heure du grand nettoyage approche

Shawinigan — L’heure du grand nettoyage tant attendu du site de l’ancienne usine Belgo approche. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques vient de publier un appel d’offres pour la disposition de ces matières résiduelles, une étape qui démontre que le processus est bien enclenché.

Les entreprises intéressées par ce défi peuvent déposer leur proposition jusqu’au 2 mai. Dans l’appel d’offres, le MELCC prévoit des travaux d’une durée de sept mois. Leur valeur est estimée entre un et deux millions de dollars.

Le MELCC évalue à 500 mètres cubes la quantité de sols contaminés d’hydrocarbures pétroliers, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, de métaux et de soufre qui excèdent les normes. Le ministère hérite également de matières résiduelles entreposées illégalement, dont certaines proviennent de l’extérieur.

Daniel Messier, porte-parole régional au MELCC, précise que cet appel d’offres ne vise que la disposition des matières résiduelles. La partie concernant la démolition de bâtiments ne fait pas partie de ce devis.

Dans le cadre de ce processus, le MELCC organisera une visite du site, obligatoire pour les soumissionnaires, le 18 avril à 10 h.

Cette étape représente une suite logique de cette saga, en raison de l’absence de réponse du propriétaire, Recyclage Arctic Béluga, après l’ordonnance émise par le ministère en août 2018. À ce moment, le MELCC sommait l’entreprise de prendre les mesures pour que les matières résiduelles qui encombrent le site «soient stockées, traitées ou éliminées» dans un endroit approprié.

Recyclage Arctic Béluga, une entreprise qui n’existe plus que sur papier, n’a jamais manifesté le moindre intérêt pour terminer son travail. D’ailleurs, entre 2013 et 2018, la direction régionale du ministère a fait parvenir de nombreux avis de non-conformité à l’entreprise par rapport au plan de réhabilitation qui avait été convenu. Le MELCC prend donc ce dossier en charge et tentera ensuite de recouvrer les frais engendrés par ces opérations.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, interprète cet appel d’offres comme un nouveau signal positif dans l’évolution de ce dossier. Rappelons que lors de sa dernière campagne électorale en 2017, il avait mis le nettoyage des décombres de l’ancienne papeterie en haut de sa liste des priorités.

«On nous disait qu’il y aurait de l’action aussitôt que la neige sera fondue», souligne le maire. «Je dis enfin, avec un gros point d’exclamation! Nos députés Pierre Giguère et Marie-Louise Tardif ont respecté leurs engagements jusqu’ici. Au nom des citoyens de Shawinigan, je salue leur travail!»