Le maire Michel Angers s’est adressé à la communauté des affaires lors de son discours annuel organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mardi midi à l’Auberge Gouverneur.

Les séances du conseil de Shawinigan à l’écran en 2018

Shawinigan — Michel Angers a profité de son passage devant la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mardi midi, pour confirmer que les séances du conseil municipal seront webdiffusées en direct en 2018. Le maire a annoncé cet engagement devant une centaine de personnes du milieu des affaires rassemblées pour ce rendez-vous annuel, à l’Auberge Gouverneur.

M. Angers a glissé cette nouvelle à la fin de son discours d’une quarantaine de minutes, durant lesquelles il est d’abord revenu sur les réalisations de 2017 avant d’élaborer sur les perspectives du conseil municipal en 2018.

«Nous ferons un geste de plus pour assurer notre transparence municipale», a-t-il lancé à la fin de sa présentation. «Le conseil a décidé de faire la webdiffusion des séances régulières.»

«Nous avons fait des tentatives en février 2016 avec Cogeco, pour voir si on pouvait organiser quelque chose. Il y avait toujours des éléments d’ordre technique qui ne nous permettaient pas d’aller plus loin. Nous avons continué à travailler sur plusieurs options et avec l’arrivée du nouveau conseil, nous avons refait la discussion. Unanimement, les conseillers ont décidé d’aller de l’avant avec la webdiffusion.»

M. Angers n’a pas voulu avancer précisément quand surviendrait cette première. «Ça ne devrait pas tarder», croit-il. «L’objectif est de rejoindre les citoyens qui ne peuvent pas toujours se déplacer aux séances du conseil.»

En entrevue, le maire mentionne que les commentaires entendus chez d’autres élus à travers le Québec l’avaient convaincu d’aller de l’avant avec ce projet, qui était suggéré occasionnellement par des citoyens lors des séances publiques.

«Ce que j’entends de mes collègues, c’est qu’il y a beaucoup de monde qui regarde ça», fait-il remarquer. «Mais on va changer un peu la formule. Je vais tenter de donner un peu plus d’explications entre les résolutions. Je vais le faire de façon plus systématique. Nous serons plus pédagogiques.»

M. Angers souhaite aussi diffuser la période de questions, même si parfois, elle dépasse largement le cadre de 30 minutes prévu au règlement général de la ville.

«On ne fera pas de spectacle», prévient-il.

Le point sur la péréquation
Pour la première fois, le maire a profité de cette tribune pour parler de péréquation dans ses perspectives de la prochaine année. Rappelons qu’en 2018, Shawinigan touchera 3,5 millions $ du gouvernement du Québec grâce à ce programme, qui vise à venir en aide aux municipalités qui possèdent une richesse foncière plus basse que la moyenne provinciale. Cette année, Shawinigan obtient le montant le plus élevé jamais accordé via cette enveloppe.

Pour M. Angers, il s’agit d’une excellente nouvelle.

«J’en ai vu qui ont pris ça de façon négative», raconte-t-il. «Certains pensaient même qu’on était sous le respirateur artificiel, rien de moins! Vous savez, une chance que ça existe, la péréquation. Shawinigan a déjà eu une économie extrêmement prospère, la ville la plus riche au Canada dans les années 50. Nous avons payé de l’impôt dans ce temps-là. Shawinigan a contribué à la richesse du Québec. La désindustrialisation nous a donné des cicatrices du passé, des terrains contaminés.»

«Quand on a nationalisé l’électricité en 1963, est-ce que quelqu’un est venu pleurer sur notre épaule?», ajoute-t-il. «Quand nous avons perdu nos avantages économiques, qui en a bénéficié? Les couronnes de Montréal et de Québec! Nous ne devons rien à personne. C’est un strict retour du balancier. Ce n’est pas une honte, une péréquation. C’est un soutien important du gouvernement du Québec, exactement comme le premier ministre du Québec accepte la péréquation du Canada.»

M. Angers accueille aussi favorablement la hausse de population à Shawinigan, de même que celles de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Boniface. «Notre ville est attractive, attrayante», détecte-t-il, rappelant que les perspectives démographiques étaient beaucoup plus négatives à son arrivée à l’hôtel de ville, en 2009.

M. Angers poursuivra l’organisation de rencontres citoyennes lorsque le besoin s’en fera sentir en 2018, mais déjà, il souhaite inviter à nouveau les Shawiniganais à parler de fiscalité municipale, notamment pour démystifier l’endettement de la ville.

Une carte citoyenne devrait être émise cette année aux résidents, pour uniformiser l’accès aux différents services municipaux. En entrevue, le maire confie qu’une nouvelle ronde de négociation sur les services supralocaux ne fait pas partie de ses priorités, bien que sa porte demeure ouverte si jamais des municipalités environnantes veulent revoir leur position et négocier une entente avec Shawinigan.

«Tôt ou tard, on va y arriver», prédit-il.