Bel-Air Laurentien aviation attire de plus en plus d’amateurs de vols d’hydravions touristiques depuis 2009.

Le nombre de passagers de vols d'hydravions touristiques a quadruplé

Shawinigan — Le nombre de passagers adeptes de vols d’hydravions touristiques a connu une croissance phénoménale chez Bel-Air Laurentien aviation entre 2009 et 2017, selon un document produit par l’entreprise dans le cadre de l’instruction du recours collectif de la Coalition contre bruit, qui entame sa quatrième semaine au palais de justice de Shawinigan.

La journée de lundi a été consacrée aux témoignages de quatre personnes appelées à la barre par la partie défenderesse, dont le technicien comptable de l’entreprise. Achraf El Harf Mohamed avait produit un document à la suite d’une demande formulée avant les interrogatoires préalables au procès, qui confirme que Bel-Air Laurentien aviation a fortement profité de l’arrêt des activités d’Aviation Mauricie, en 2013, pour accroître ses activités dans son offre de vols touristiques.

En 2009, Transports Canada émettait de nouvelles restrictions au lac à la Tortue pour mieux encadrer les deux exploitants. À ce moment, Bel Air Laurentien aviation avait accueilli 1999 visiteurs dans 133 autobus. La croissance a été constante par la suite. En 2012, l’entreprise accueille 4978 visiteurs dans 224 autocars.

L’arrêt des activités d’Aviation Mauricie, l’année suivante, fait exploser la fréquentation. Le nombre de passagers des vols touristiques bondit de 47 % en une seule année, passant à 7299 touristes dans 341 autobus. L’activité reste à peu près stable lors des deux années suivantes. Elle reprend ensuite du tonus en 2016 et 2017. Lors de la dernière année, Bel-Air Laurentien aviation a accueilli 9174 touristes provenant de 392 autobus.

«On ne peut pas dire que les vols touristiques ont diminué», conclut Me Marie-Anaïs Sauvé, avocate de la Coalition contre le bruit. «C’est le contraire!»

Me Sauvé retient également de ce témoignage que ces données sont légèrement sous-estimées, car les vols touristiques impliquent également des visiteurs qui n’arrivent pas en autobus. Il faut donc ajouter un 5 % à 6 % supplémentaire, fait-elle remarquer.

Me Sauvé observe que le transport aérien représente le tiers des activités de Bel-Air Laurentien aviation. Les vols touristiques occupent une fraction inconnue de ce sous-groupe, mais assurément inférieure à 33 % des activités totales, fait-elle remarquer. Elle conclut donc qu’un encadrement plus serré de cette activité ne signerait pas l’arrêt de mort de l’entreprise.

«Bel-Air prétend toujours que ce que nous voulons, c’est la fermeture», se désole Me Sauvé. «Ce n’est pas ça et ces données, c’est une preuve de plus. On ne demande pas qu’il arrête de faire des vols touristiques. Les gens veulent une diminution du bruit. Bel-Air a commencé elle-même à offrir les vols touristiques en 2009. L’hydrobase existe depuis 1919!»

Nombre marginal?
Jacques Saulnier, technicien en géomatique de la Ville de Shawinigan, a également été appelé à témoigner pour estimer le nombre de personnes impliquées dans le périmètre visé par le recours.

Les parties ne s’entendent pas sur cette donnée ni sur le nombre d’exclusions du recours collectif, qui se retrouvera assurément au cœur du débat d’ici la fin du procès. Pour la partie défenderesse, il s’agit d’un élément central.

«Nous voulons démontrer que ce n’est pas vrai que tout le monde subit des inconvénients», explique Me Myriam Brixi, avocate pour Bel-Air Laurentien aviation. «Il y a des riverains qui ne sont pas toujours là pendant l’année, certains y sont seulement les week-ends, d’autres ne sont même pas au courant qu’il y a une action collective. On arrive vite à un petit groupuscule de peut-être 100 personnes qui prétendent être incommodées. Ce n’est pas ça, une action collective! C’est donc important d’avoir les chiffres, car il y a une absence d’homogénéité dans le groupe.»

La partie demanderesse a également fait témoigner deux pilotes d’expérience lundi. Il s’agit de Jason Ouellet, qui a travaillé pour Bel-Air Laurentien aviation entre 2009 et 2014 et Franck Enjalric, toujours à l’emploi de l’entreprise. Les deux témoins ont répondu sensiblement aux mêmes questions, notamment sur leur respect des restrictions en vigueur et des mesures d’atténuation, lorsque les conditions climatiques le permettent.

Ils ont aussi déploré les conséquences de la fermeture de l’entreprise dans ce milieu si jamais la juge Suzanne Ouellet accordait des dommages aux membres du recours collectif.