Le projet de logements sociaux de l'Association pour la déficience intellectuelle du Centre-de-la-Mauricie ne pourra se réaliser à l'ancien hôtel de ville de Grand-Mère. Les travaux annoncés par le conseil municipal permettront plutôt d'intégrer pour de bon la maison des jeunes.

La vocation de l'ancien hôtel de ville de Grand-Mère se précise

Tout indique que l'Accueil jeunesse du secteur Grand-Mère pourra s'installer pour de bon à l'ancien hôtel de ville de la 5e Avenue. Il s'agit d'un changement d'orientation par rapport à l'intention manifestée par le conseil municipal en mai 2011, alors que le même endroit était destiné à un projet de logements sociaux de l'Association pour la déficience intellectuelle du Centre-de-la-Mauricie.
À la dernière assemblée publique, le maire, Michel Angers, n'a pu réprimer un sourire à la période de questions lorsque Robert Beaudoin lui a suggéré l'ancien hôtel de ville de Grand-Mère comme site à privilégier pour héberger la maison des jeunes.
Il faisait alors du chemin sur une opinion émise en séance publique par une autre citoyenne, Monique Rossignol. En novembre, elle s'était élevée contre la construction d'une maison des jeunes au Parc de la rivière Grand-Mère, en raison du vandalisme qu'on y retrouve. Depuis juin 2013, l'Accueil jeunesse est logé «temporairement» à l'ancien hôtel de ville.
M. Angers a souri et félicité M. Beaudoin pour son idée. Il faut dire que quelques minutes auparavant, la conseillère Josette Allard-Gignac avait présenté un avis de motion prévoyant un emprunt de 1,845 million $ pour la réalisation de travaux sur divers immeubles municipaux... dont l'ancien hôtel de ville du secteur Grand-Mère.
Un règlement semblable avait été adopté l'an dernier et il prévoyait notamment un peu plus de 700 000 $ pour la construction d'une nouvelle maison des jeunes au Parc de la rivière Grand-Mère. Or, les plans ont changé.
«Nous avons une belle opportunité pour eux», fait remarquer M. Angers. «Plutôt que de payer près de 800 000 $ pour une maison des jeunes, nous avons déjà un bâtiment qu'on chauffe, qu'on éclaire. C'est une grande place, alors si nous avons des opportunités pour avoir autre chose, on va regarder.»
Cette orientation freine toutefois le projet de logement social de l'Association pour la déficience intellectuelle du Centre-de-la-Mauricie. Le 10 mai 2011, le conseil municipal s'engageait à céder à cet organisme l'ancien hôtel de ville de Grand-Mère pour la somme nominale de 1 $. Le projet consistait à aménager huit logements sociaux supervisés pour déficients intellectuels légers. L'initiative était inspirée de la mission de Premier envol, à Louiseville.
Le conseil municipal s'engageait aussi à verser une subvention de 225 000 $ à l'ADI, soit 150 000 $ pour le développement des logements sociaux et 75 000 $ pour le retrait de l'amiante dans les murs de l'immeuble.
Le projet devait démarrer après les Jeux du Québec de l'été 2012, puisque la centrale administrative de cet événement était située dans l'ancien hôtel de ville de Grand-Mère. Cependant, l'ADI n'a pas réussi à conclure les ententes nécessaires avec l'Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie avant l'échéance du 1er juillet 2013, fixée par la résolution du conseil municipal.
Néanmoins, Caroline Boucher, directrice de l'ADI, semblait étonnée de la décision des élus.
«Je l'ai appris dans les médias», commente-t-elle. «Je travaillais sur une entente de renouvellement, car notre projet est sur le point d'aboutir. Je n'ai pas de réponse pour l'instant. J'ai communiqué avec le cabinet du maire pour avoir une rencontre. Je veux savoir ce qui se passe et si la Ville peut nous offrir autre chose.»
François St-Onge, directeur des communications à l'hôtel de ville, assure que le conseil municipal demeure ouvert à cette initiative d'intégration.
«Il n'y avait toujours pas de projet au 1er juillet 2013», rappelle-t-il. «À partir de là, nous avions d'autres demandes et la vie continue. Par contre, si l'ADI a d'autres projets ou d'autres idées, nous sommes toujours très réceptifs à ce genre d'initiative.»
Autres projets
L'avis de motion annonçant un emprunt de 1,845 million $ prévoit aussi le réaménagement de l'ancienne caserne du secteur Shawinigan-Sud, sur la 6e Avenue, qui déménagera bientôt dans le parc industriel Albert-Landry. Aucun projet précis n'y est encore destiné pour le moment, mais l'administration municipale reçoit beaucoup de demandes d'organismes à la recherche de locaux, rappelle le maire.
Le montant inclut aussi la réfection de la piscine et de la vespasienne du parc Antoine-St-Onge. Des jeux d'eau pour les enfants sont également prévus.
Des travaux de moindre envergure seront aussi réalisés dans certaines bibliothèques, à la caserne du secteur Saint-Georges et au centre communautaire Christ-Roi.