Les travaux avancent rondement à la Maison des Trois colombes. À l’arrière, on reconnaît Denis Bouvette (responsable de l’évolution des travaux), Lise Landry (présidente du conseil d’administration) et Yves Arseneault (directeur général par intérim).

La Maison des Trois colombes ouvrira en avril

SHAWINIGAN — L’intérieur de la vaste demeure qui a vu grandir la famille Buisson au bout de la Terrasse de la Cascade, à Shawinigan, est complètement transformé. Au rythme actuel des travaux, ce vaste domaine accueillera ses premières personnes en soins palliatifs vers la fin du mois d’avril, alors que la Maison des Trois colombes prendra enfin son envol.

Lundi matin, des employés, des bénévoles et des membres du conseil d’administration de ce projet de longue haleine ont invité des représentants de la presse régionale à une petite tournée des lieux. Bien qu’il reste encore des aménagements à faire, des meubles à entrer, quelque 130 luminaires à installer, les nouvelles divisions démontrent que la page d’histoire de la maison familiale du fondateur de la Société Laurentide est bel et bien tournée et qu’un nouveau chapitre s’ouvrira dans quelques semaines.

Au rez-de-chaussée, les huit chambres, dont une réservée pour les enfants, sont prêtes à accueillir lits, fauteuils et... téléviseurs à écran de 50 pouces. Elles sont toutes équipées d’une salle de bain individuelle. Le poste des infirmières est monté, ainsi qu’une aire de repos pour les visiteurs. Une grande salle d’eau avec un bain thérapeutique et une douche est également aménagée, de même qu’une salle à manger et un coin café.

Tout près de l’entrée, un piano sera installé, une petite gâterie à laquelle tenait la présidente du conseil d’administration, Lise Landry.

«La majorité des maisons de soins palliatifs en ont un», fait-elle remarquer. «Écouter un peu de musique, ça fait toujours du bien.»

Autre particularité, une chaise où les bénéficiaires pourront se faire coiffer sans frais, à l’extrémité de la maison.

Denis Bouvette, membre du conseil d’administration mandaté pour suivre cet ambitieux chantier, estime à environ 90 % la proportion des manœuvres complétées. La Maison des Trois colombes avait établi un budget de 850 000 $ pour ces travaux. Ils frôleront finalement le million de dollars.

«Nous avons dû mettre des poutres additionnelles pour supporter le plafond; ça a été une surprise», explique M. Bouvette. «Nous avons dû refaire tout le toit alors qu’on pensait qu’on pourrait en épargner une partie. Nous avons aussi décidé d’installer des gicleurs partout. On parle de 30 000 $ et pour amener le tuyau de six pouces de la rue jusqu’à la maison, c’est aussi pas loin de 30 000 $. Les portes automatisées, c’est également dispendieux, parce que la quincaillerie est aussi chère que la porte!»

Comme la préparation des repas s’effectuera au sous-sol, un monte-plats a été installé, ce qui entraîne des coûts additionnels de 26 000 $. 

À tout le moins, le remplacement des fenêtres devrait faire une grande différence dans les frais de chauffage, croit M. Bouvette. «C’était plus de 15 000 $ par année», fait-il remarquer. 

Les travaux se poursuivront au sous-sol au cours des prochaines semaines, avec l’aménagement des bureaux administratifs et d’une chambre pour les familles de l’extérieur. Il reste également le pavage à refaire à l’entrée principale. 

Là comme ailleurs, les envahissantes coccinelles s’invitent dans cette demeure, mais M. Bouvette s’attend à s’en débarrasser assez rapidement.

Embauches

La Maison des Trois colombes accueillera des patients de la région pour qui l’espérance de vie ne dépassera pas deux mois en raison d’une maladie incurable en phase terminale. 

«Nous sommes en communication avec les deux médecins attitrés ici, les docteurs Gaétan Bégin et Stéphanie Perron», explique Yves Arseneault, directeur général par intérim. «Il faut ordonner le processus d’admission.» 

Aucun frais ne sera exigé aux bénéficiaires, d’où l’importance de la campagne de financement en cours, qui a permis d’amasser 2,1 millions $ jusqu’ici. Rappelons qu’en 2016, le ministre Gaétan Barrette avait confirmé une contribution annuelle de 544 000 $ du ministère de la Santé et des Services sociaux pour le fonctionnement du service.

La direction a profité de cette visite pour annoncer l’embauche de deux nouveaux employés, issus tous les deux du réseau de la santé. Il s’agit d’abord de Louise Rousseau, coordonnatrice des soins infirmiers et responsable de l’évaluation et du contrôle de la qualité des soins et des services aux résidents. Après une carrière de 35 ans dans le réseau, elle travaillera trois jours semaine à la Maison des Trois colombes.

De son côté, Guy Pilote hérite du poste de coordonnateur des bénévoles. Il soutiendra également les activités d’alimentation, d’accueil et d’entretien. M. Pilote, qui possède une expérience de 20 ans dans le réseau de la santé, travaillera deux jours par semaine. À noter que sur une base annuelle, la Maison des Trois colombes sollicitera les services d’une centaine de bénévoles.

D’autres employés seront engagés au cours des prochaines semaines. L’équipe devrait compter une douzaine de personnes. Chaque quart de travail regroupera au moins une infirmière, une infirmière auxiliaire et quelques bénévoles.