La Ville de Shawinigan mentionne qu’aucun creusage de fossés n’est prévu sur la rue de l’Hélice, où un dégât d’eau a incité une famille d’accueil de trois enfants à quitter une résidence.

La locataire se justifie

Shawinigan — La locataire de la maison de la rue de l’Hélice laissée en désordre assure qu’elle n’a jamais voulu quitter cette propriété du secteur Lac-à-la-Tortue sans faire le ménage.

«Ma priorité était de déménager mes enfants de cette atmosphère qui n’avait plus de sens et de leur offrir un environnement sain, comme c’était le cas avant ce foutu dégât d’eau», raconte la dame, famille d’accueil depuis quatre ans. Elle est la grand-mère ou la tante des trois enfants sous sa garde.

«Nous allons remettre la place propre», ajoute-t-elle. «Mais il faut quand même que j’aie le temps de me virer de bord. Ça ne faisait pas six mois que j’étais partie, ça faisait deux semaines! Je suis partie dans un délai de 48 heures.»

Ce départ précipité n’explique tout de même pas l’état bordélique aux deux étages, où des traces d’excréments d’animaux ont même été observées jeudi. Rappelons que le propriétaire de la maison, Steve Fraser, avait lui-même débarrassé le sous-sol et empilé les débris sur le bord de la cour, en milieu de semaine. Les deux autres étages ont été laissés sens dessus dessous et une odeur insupportable s’échappait du réfrigérateur.

«Il faut faire un tri et on va mettre ça dans un conteneur», mentionne la dame, qui ne peut être identifiée pour protéger les enfants. «Où vouliez-vous qu’on mette ça en attendant?»

«Des fois, il faudrait que je me sépare en quatre», laisse-t-elle tomber. «Seulement cette semaine, j’avais neuf rendez-vous. Je veux bien aller faire du ménage, mais je ne peux pas me diviser. Il n’a jamais été question de partir en laissant la maison comme ça.»

La dame a envoyé au Nouvelliste, par courriel, une série de photos de la maison avant le dégât d’eau, où les pièces apparaissent en ordre.

Période critique

La locataire a constaté un problème d’infiltration d’eau à la fin mars. Le propriétaire, Steve Fraser, mentionne qu’il s’agit d’une première depuis au moins une douzaine d’années. Une pompe est installée au sous-sol pour éviter les dégâts printaniers, mais elle n’avait visiblement pas été activée.

M. Fraser croit que les travaux d’aménagement d’égout autour du lac à la Tortue ont sans doute nui à l’écoulement des eaux. Selon lui, les fossés de la rue de l’Hélice ont alors été remplis, rendant ainsi le ruissellement printanier un peu plus compliqué.

François St-Onge, directeur des communications à la Ville de Shawinigan, nuance cette interprétation.

«Il n’y avait pas véritablement de fossés», précise-t-il. «Peut-être une petite dénivellation, sans plus. Il n’est pas prévu de faire des fossés à cet endroit dans le cadre des travaux.»

Le porte-parole rappelle que la plupart des riverains du secteur sont équipés pour affronter les débordements printaniers. Cette semaine, Le Nouvelliste a constaté que l’eau s’avançait sur plusieurs terrains. Certains chalets situés très près de la rive sont entourés d’eau.

«Le lac est haut, la nappe phréatique aussi», souligne M. St-Onge. «Autour du lac, il y a pas mal de monde qui pompe ces temps-ci. Les propriétaires de ces terrains doivent s’assurer qu’ils ont un drainage adéquat.»