Le 23 novembre 2015, la Ville de Shawinigan avait proposé une première rencontre d’information sur les finances publiques devant plusieurs chaises vides, à l’Auberge Gouverneur.

Finances publiques à Shawinigan: le maire veut casser un mythe

SHAWINIGAN — Même si la première expérience n’avait pas déplacé les foules, la Ville de Shawinigan récidive mercredi soir en invitant la population à une rencontre d’information sur les finances publiques, à l’Auberge Gouverneur, à compter de 19 h. Le maire, Michel Angers, convient que le tollé soulevé lors de la réception du dernier compte de taxes, en début d’année, a convaincu le conseil municipal de la pertinence de répéter l’exercice.

«La première rencontre publique n’avait pas connu énormément de succès», convient-il. Il s’agit d’un euphémisme, car une soixantaine de personnes s’étaient déplacées à l’Auberge Gouverneur, le 23 novembre 2015, pour assister à cette présentation. Un décompte qui incluait les conseillers et les employés municipaux.

L’administration shawiniganaise misera davantage sur des images fortes pour illustrer son propos, plutôt qu’inonder les participants de données. Les comptes de taxes avec des villes comparables, les revenus et l’endettement de la municipalité occuperont une grande place dans cette présentation. Les particularités de Shawinigan seront aussi mises en évidence pour démontrer l’ampleur du défi.

«Notre objectif est de casser ce mythe qu’à Shawinigan on est les plus taxés, nous avons le compte de taxes le plus élevé et qu’on est dans une situation où les gens doivent quitter, qu’on ne sait pas compter, qu’on dépense n’importe comment, n’importe où...», énumère M. Angers. «Je pense sincèrement qu’il y a énormément de méconnaissance.»

«La fiscalité municipale est complexe», ajoute-t-il. «On peut faire dire toutes sortes de choses à des chiffres, on peut les faire mentir, on peut prendre ceux qui font notre affaire pour tenter de discréditer l’administration municipale. Nous avons fait un exercice très sérieux, comme la dernière fois, mais beaucoup plus détaillé.»

M. Angers convient qu’on peut toujours remettre en cause certaines décisions, mais de façon générale, il croit que les deniers publics ont été bien gérés sous son règne. «Nous nous considérons comme des administrateurs responsables, qui ont une préoccupation de donner des services à la communauté. Il faut faire des pirouettes pour maintenir un compte de taxes dans la moyenne des autres villes.»

Élément déclencheur

En début d’année, la combinaison d’un nouveau rôle d’évaluation foncière avec une hausse moyenne du compte de taxes de 4,2 % avait déplacé 400 personnes à l’Auberge Gouverneur. Une mobilisation qui avait étonné M. Angers. La grogne s’est calmée, mais à moins de deux mois de la présentation du prochain budget, il considère que le moment est bien choisi pour informer les citoyens et répondre à leurs questions dans un contexte serein.

«Il ne faut pas que les gens ne soient intéressés par la fiscalité municipale que lorsqu’ils reçoivent leur compte de taxes», fait remarquer le maire. «Ils doivent savoir pourquoi, quelles sont les dépenses, ce qu’il en est. Les gens vont comprendre mieux le budget de décembre si on comprend bien l’état des finances municipales. On espère donc qu’il y aura le plus de monde possible.»

Le maire souhaite trouver les mots pour faire comprendre aux gens qu’à l’heure actuelle, le taux élevé de la taxe foncière ne représente qu’une conséquence de la très faible valeur de l’assiette fiscale disponible à Shawinigan.

«Si la valeur moyenne de nos maisons atteignait 235 000 $, personne ne se poserait de questions», croit-il. «Nous aurions alors un taux de taxes à 0,70 $ et personne ne dirait rien. Quand vous êtes très en bas de la maison moyenne du Québec, ça amène notre situation.» «Qu’on ait une maison moyenne à 133 000 $ ou à 266 000 $, on ferait passer le taux de 1,42 $ à 0,71 $», image-t-il. «Ça ne nous donnerait pas un cent de plus.»