Le nouveau plan d’implantation et d’intégration architectural du lac des Piles et de son bassin versant visera un développement résidentiel mieux harmonisé.

Entre protection et développement

SHAWINIGAN— Une assemblée publique de consultation sur un projet de règlement touchant les nouvelles constructions dans certaines zones de Shawinigan, notamment au lac des Piles et son bassin versant, a dévié vers un nouveau questionnement concernant la densité d’habitations souhaitée autour de ce plan d’eau. Un débat qui refait surface périodiquement dans le secteur, où la Ville tente de trouver l’équilibre entre la protection de cette importante source d’eau potable et un développement résidentiel serein.

Une dizaine de citoyens se sont présentés à la salle du conseil municipal de Shawinigan, le 18 juin, pour participer à l’assemblée publique de consultation sur un projet de règlement visant à uniformiser les permis de construction ou de certificats d’autorisation dans certaines zones. Diverses catégories de travaux devront dorénavant respecter un nouveau plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA).

Bien que tous les citoyens présents habitaient autour du lac des Piles, le nouveau règlement vise sept autres secteurs de Shawinigan, dont le site de l’ancienne usine Laurentide, l’entrée de la ville et l’avenue de la Station, de même que les noyaux villageois de Sainte-Flore et de Saint-Jean-des-Piles.

Dans chaque secteur visé, l’émission d’un permis doit se faire en conformité avec certains objectifs. Pour lac des Piles et son bassin versant, les projets autorisés doivent réduire l’apport de nutriments et de sédiments dans le lac, limiter l’érosion des rives par une gestion durable des eaux pluviales, favoriser la revégétalisation et maximiser la préservation du couvert végétal, favoriser la renaturalisation des rives, atténuer l’impact visuel des constructions et réduire leurs impacts en fortes pentes. Le projet reprend plusieurs préoccupations soulevées dans le cadre de la consultation sur le plan directeur, à l’automne 2016.

La Ville de Shawinigan assure qu’en ce qui concerne les constructions, les droits acquis seront respectés. Ce qui n’empêche pas les propriétaires de mettre en application les recommandations qui touchent, par exemple, la revégétalisation des berges.

«Il n’y a pas de droit acquis pour les rives dégarnies, ni pour les fosses septiques non conformes», fait remarquer Suzanne Marchand, urbaniste à la Ville.

Pour les nouvelles constructions, le règlement vise à assurer, par exemple, une meilleure intégration dans le paysage. Benoit St-Aubin a suggéré que le zonage prévoie la construction de microhabitations au lac des Piles, qui mettraient moins de pression sur l’environnement. Une suggestion qui a été bien notée.

Dans une perspective plus large, l’ex-député de Saint-Maurice, Robert Deschamps, s’est demandé jusqu’où la Ville souhaitait aller dans sa quête de nouveaux revenus de taxes dans l’environnement de l’une des principales sources d’eau potable de Shawinigan. Il déplore que la prise d’eau du lac des Piles ne bénéficie plus de la même protection par rapport à la situation qui prévalait avant la fusion, avec l’ex-ville de Grand-Mère.

«Ça se construit partout», déplore-t-il. «Comment pouvez-vous prôner le développement dans une réserve d’eau?»

Élyse Ménard, responsable de la division des permis, de l’urbanisme et de l’environnement, parle de «développement contrôlé».

D’ailleurs, les représentants de la Ville ont tenu à rassurer les résidents au sujet de l’île du lac des Piles, qui demeure une zone d’aire naturelle de conservation. Ainsi, aucune construction n’y sera permise à la suite de l’harmonisation des PIIA.

La carte qui accompagne le projet de règlement portait à confusion, puisque cette île était incluse dans les zones visées.

Denis Ouellette, urbaniste à la Ville, rappelle que tout le lac des Piles et son bassin versant sont ciblés. Il fallait donc inclure l’île pour éviter tout vide juridique ou toute incohérence.

«Nous devons tout couvrir même si, dans les faits, on ne peut rien construire là-dessus», assure-t-il.

Joan Hamel, présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, a félicité l’administration municipale pour avoir tenu compte des préoccupations exprimées lors des consultations sur le plan directeur.

«Les membres du conseil d’administration sont contents d’avoir enfin un plan harmonisé, qui respecte l’environnement et le visuel architectural. Actuellement, on construisait un peu n’importe quoi!»

Si tout se déroule sans contestation, le règlement entrera en vigueur en septembre.