Michel Venne, président de l’assemblée de la fabrique, croit que les travaux de réfection de l’église Saint-Paul seront complétés d’ici deux mois.

Église Saint-Paul: de la tristesse à l’espoir

Shawinigan — Si la messe de minuit du 24 décembre 2016 à l’église Saint-Paul s’était organisée dans l’anxiété provoquée par un important dégât d’eau survenu quelques jours plus tôt, celle de cette année sera présentée dans un esprit de sérénité. Une fois de plus, la célébration se déroulera au sous-sol, mais, au moins, les travaux amorcés en octobre laissent entrevoir une résurrection prochaine de la nef et des œuvres qui ornaient le plafond avant l’emballement des gicleurs. La prochaine grande fête chrétienne, celle de Pâques, devrait être célébrée dans l’église.

Le 21 décembre 2016 en soirée, un bris dans le système de gicleurs fraîchement rénové inondait les murs et le plancher, causant des dommages considérables. Tellement considérables, en fait, qu’un an plus tard, les échafauds trônent toujours en plein cœur de l’église, avec à leurs pieds des toiles à restaurer, qui reposent sur des bancs déplacés en catastrophe en attendant la fin des travaux.

Ces derniers ont été estimés à 456 000 $ par les assureurs, qui assument 75 % de ce montant, soit 342 000 $. Pour le moment, la facture totale demeure difficile à évaluer, car les dommages qui ne sont pas couverts s’additionnent. De mauvaises surprises surgissent çà et là; par exemple, combien coûtera l’inspection de l’orgue Casavant, inutilisé depuis un an? Et les cloches de l’église pourront-elles reprendre leur symphonie en toute sécurité? 

Ces travaux de réfection ont commencé le 14 octobre. Il a fallu pas moins de deux semaines seulement pour monter les échafauds, qui s’élèvent sur une quarantaine de pieds de hauteur. À leur sommet, le dôme dénudé attend la restauration des œuvres, après avoir assisté aux manœuvres des plâtriers et au retrait de l’amiante. 

En janvier, des peintres apporteront leur touche pour rafraîchir la peinture abîmée à certains endroits en raison des écarts de température et de l’humidité. Le dôme retrouvera ensuite ses fresques, de sorte que si tout va bien, l’église Saint-Paul retrouvera ses atours vers la mi-février.

Voilà pourquoi la messe de minuit sera à nouveau présentée au sous-sol cette année. Un moindre mal, considère Michel Venne, président de l’assemblée de la fabrique de la paroisse Saint-Paul, qui observe que l’espoir renaît après plusieurs mois d’inconfort.

«L’an dernier, les gens étaient à l’envers; ils ne savaient pas trop ce qui se passerait», se remémore-t-il.

Lentement, une nouvelle ambiance s’est installée pendant les messes. Impossible d’organiser des baptêmes, des mariages ou des funérailles au sous-sol, mais l’endroit a imprégné les pratiquants d’un esprit de partage.

«Nous avons une église à mille places, sinon plus», estime 

M. Venne. «Quand il y avait 100 personnes, ça faisait vide un peu. Au sous-sol, c’est plus petit, mais les chaises sont collées les unes sur les autres. Les messes sont plus conviviales, les gens se parlent plus. Moïse (Mayindou, le curé) fait des sermons très terre à terre, il pose des questions à l’assemblée et les gens participent, parce qu’ils se sentent plus proches.»

«On s’en reparlera dans cinq ans, mais peut-être qu’on dira à ce moment que ce qui nous est arrivé, ça aura été un mal pour un bien.»

Impossible à fermer

Lancée officiellement en septembre sous la présidence d’honneur de la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, la campagne de financement a déjà permis d’amasser 50 000 $ sur un objectif de 250 000 $ et ce, sans avoir organisé encore la moindre activité d’envergure. Des initiatives sont prévues au début de la prochaine année.

«Nous avons ciblé des grands donateurs qui pourraient être intéressés à supporter cette cause», explique Mme Déziel. «Nous aimerions organiser un spectacle dans l’église, une fois les rénovations terminées. Nous discutons aussi avec Mme (Julie) Boulet pour voir si une partie du projet pourrait être soutenue.»

Malgré la désaffection de la pratique religieuse et les ressources que commandaient ces travaux, jamais la fabrique n’a imaginé la fermeture de l’église Saint-Paul.

«Quand vous arrivez de La Tuque, à la hauteur du rond-point (sur la route 155), vous voyez le clocher de Saint-Paul», sourit M. Venne. «Les gens de Grand-Mère sont fiers de leur église. Elle a été construite de 1903 à 1908. Aujourd’hui, sa valeur à neuf est estimée à 65 millions $.»

Outre le symbole du bâtiment, l’activité qui s’y déroule, bien au-delà des offices religieux, rend ce carrefour indispensable. La Tablée des nôtres y sert une cinquantaine de repas par jour. Depuis novembre, une quarantaine de bénévoles s’activent, pour une neuvième année consécutive, à la confection de quelque... 12 000 pâtés pour le temps des Fêtes. Cette activité de financement a permis d’amasser, depuis 2009, plus de 227 000 $! La fabrique touche 35 % des profits de ces ventes et les Petits déjeuners, 15 %. Le reste va à la Tablée des nôtres.

«C’est une église qui respecte le caractère de l’Évangile, soit de rendre service aux autres», fait remarquer M. Venne.