Des travaux ont eu lieu vendredi soir sur le bâtiment de l'ancien Hôtel de Lasalle.

Des travaux intrigants à l'Hôtel de La Salle

Des travaux intrigants ont été menés très tard vendredi soir sur le bâtiment de l'ancien Hôtel de La Salle, situé dans le secteur Grand-Mère à Shawinigan. La présence d'hommes munis de lampes de poche a alerté des résidents du secteur qui trouvaient étrange que de tels travaux se déroulent à une heure aussi tardive. Les travailleurs ont aussi violemment réagi à la présence d'un photographe du Nouvelliste et de citoyens, si bien que la Sûreté du Québec a dû intervenir.
<p>Des citoyens ont été surpris et intrigués de voir un travailleur à cet endroit si tard vendredi soir.</p>
Vers 21 h 30 vendredi soir, un citoyen intrigué a communiqué avec Le Nouvelliste, car il avait aperçu des hommes sans casque de construction ni dossard sur le toit du bâtiment désaffecté de l'Hôtel de La Salle, une propriété appartenant à Denis Despins, le même propriétaire que l'église Saint-Philippe, à Trois-Rivières. L'église fait souvent les manchettes ces dernières années, car elle est souvent la cible de voleurs et les lieux sont fréquentés par des toxicomanes.
Lorsque le photographe du Nouvelliste, qui était bien identifié par sa carte de presse de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), s'est rendu à Grand-Mère vers 22 h pour prendre des photos de l'Hôtel de La Salle, certains hommes qui y menaient des travaux l'ont interpellé. Ils lui ont dit de ne pas prendre de photos et ont même exigé d'avoir sa carte mémoire. La conversation a été enregistrée.
«Tes photos, tu effaces ça», a lancé un des hommes. «Si tu veux prendre des photos du monde, tu as besoin d'autorisations, sinon je pogne ton Kodak, puis je le brise», a ajouté l'homme.
Bien évidemment, le photographe de presse n'a pas voulu acquiescé à sa demande, affirmant qu'il était dans son droit de prendre des photos du bâtiment de la rue.
Le citoyen qui avait communiqué avec Le Nouvelliste était sur place à ce moment. Il a tenté de désamorcer la situation, mais un travailleur lui a couru après pour lui enlever son téléphone cellulaire. Le témoin voulait garder des preuves de la situation tendue. C'est à ce moment que d'autres personnes ont alerté les policiers, voyant la situation dégénérer.
Par la suite, un des travailleurs, visiblement en colère, lui a même fait un doigt d'honneur et a tenté de lui arracher son appareil photo.
Le photographe du Nouvelliste affirme que lorsque les policiers étaient sur place, un des hommes lui aurait dit qu'il allait reconnaître son véhicule et trouver où il habite. Le photographe de presse a d'ailleurs officiellement porté plainte notamment pour menace.
Il a été impossible ce week-end de rejoindre Denis Despins, le propriétaire d'Excavation Ovila Despins, afin de savoir si les travailleurs étaient autorisés à travailler sur la bâtisse. Les communications étaient systématiquement coupées, sans que personne ne parle.
L'Hôtel de La Salle a longtemps été un important lieu de rassemblement à Grand-Mère. Le bâtiment en briques rouges construit en 1940 arborait à l'époque la première enseigne au néon de Grand-Mère. Dans les années 1990, l'hôtel a changé de vocation. Converti en maison de chambres, le bâtiment a été lourdement endommagé par le feu en décembre 2012.
Cet événement n'est pas sans rappeler des travaux de nuit réalisés en octobre 2013 à l'église Saint-Philippe, alors que Denis Despins, aidé par d'autres hommes, avait descendu deux cloches des clochers en pleine nuit. Des témoins rapportaient à l'époque que les hommes avaient tiré les cloches du haut du clocher, créant un cratère sur le sol par la même occasion.
L'entrepreneur de Delson, Daniel Désormiers, avait alors porté plainte à la police de Trois-Rivières. M. Désormiers affirmait que son entreprise s'était portée acquéreur des cloches en 2007. Jugeant qu'il s'agissait d'un litige civil, la police n'était pas intervenue.