En mai dernier, une marche de solidarité avait été organisée dans le secteur Lac-à-la-Tortue pour soutenir Bel-Air Laurentien aviation.

Des frais de près de 1 M$ pour Bel-Air

Shawinigan — La victoire a un prix. Même si la juge Suzanne Ouellet blanchit complètement Bel-Air Laurentien aviation pour ses activités de vols d’hydravions touristiques au lac à la Tortue, le propriétaire de l’entreprise, Alfred St-Onge fils, ne s’en tire pas sans cicatrices. Près de huit ans après le début de cette longue bataille, il a englouti 978 000 $ dans sa défense.

L’homme d’affaires raconte avoir célébré sobrement la diffusion de ce jugement, jeudi, avec un souper en famille. La Coalition contre le bruit dispose d’un délai d’un mois pour interjeter appel, de sorte que les représentants de l’entreprise demeurent sur leurs gardes. Cette décision fort attendue met quand même un baume sur le stress engendré par cette longue bataille.

«Nous avons trouvé ça très pénible», confie M. St-Onge. «C’est un énorme poids que nous avions sur nous. Ce n’est pas évident de passer à travers. Ça engageait ma compagnie, mes employés qui ne savaient pas s’ils auraient de l’ouvrage le lendemain. On ne pouvait pas leur dire que ça se réglerait rapidement ou que la décision serait à notre avantage. Un procès, on ne sait jamais ce qui arrive au bout de ça.»

L’homme d’affaires comprend que le législateur ait voulu équilibrer les forces en énonçant les règles d’un recours collectif, notamment en ce qui concerne le règlement des honoraires. La Coalition contre le bruit recevait l’appui du Fonds d’aide aux recours collectifs, alors que Bel-Air Laurentien aviation devait se débrouiller avec les moyens du bord.

«Le législateur voulait contrer des multinationales», fait remarquer M. St-Onge. «Dans notre cas, nous sommes une petite entreprise de 13 employés. C’est une arme terrible contre nous. Si une petite entreprise qui commence ses activités était impliquée là-dedans, elle ne se rendrait jamais au bout du procès. C’est trop exigeant au plan monétaire.»

«Depuis le début, ça nous a coûté près d’un million, 978 000 $ plus exactement», précise-t-il. «Nous n’avons eu aucune aide financière. Tout le flux que nous avons gagné pendant 40 ans y est passé. En plus, dans l’immédiat, ça empêche la progression de la compagnie. On ne peut pas investir ce que nous n’avons pas.»

Rappelons que le restaurant L’Hélice avait fermé ses portes pendant l’instruction, l’an dernier. M. St-Onge ne croit pas que sa famille reprendra son exploitation, mais il confie avoir reçu quelques offres.

«Au moins, on pourra maintenant se consacrer un peu plus à la compagnie», se console-t-il. «Au cours des dernières années, on ne travaillait que pour se défendre et on n’arrêtait pas de penser à ça.»

M. St-Onge souligne que l’appui de nombreux résidents a sans doute fait pencher la balance dans l’esprit de la juge, notamment avec les nombreuses exclusions du recours.

«Il y a aussi le fait que nous avons toujours respecté la réglementation en vigueur», fait-il remarquer. «Sinon, on aurait pu perdre le procès.»