Le scénario de cette année constitue un compromis jusqu’à ce que les municipalités riveraines s’entendent sur un plan de développement intégré qui mettra le cours d’eau en valeur à divers endroits.

De retour avec une version écourtée

Shawinigan — Pour un quatrième été consécutif, les plaisanciers pourront naviguer en toute sécurité sur la rivière Saint-Maurice chaque fin de semaine à compter du 1er juillet et ce, jusqu’au 15 septembre. Cette année cependant, le balisage a été réduit à une quarantaine de kilomètres, ne s’étendant qu’entre le secteur Grand-Mère et le confluent de la rivière Mékinac, à Saint-Roch-de-Mékinac.

Depuis 2015, le parcours se rendait jusqu’à La Tuque. Mais le bilan de fréquentation effectué après trois ans d’exploitation, l’automne dernier, ne suscitait guère d’enthousiasme. En 2017, la marina de La Tuque avait accueilli 538 visiteurs, dont 235 de la région. Des 311 embarcations recensées, 75 % étaient des motomarines, canots, kayaks ou chaloupes, à qui le balisage ne sert pas vraiment.

Dans ces circonstances, La Tuque et la MRC de Mékinac ont décidé de prendre un pas de recul en 2018, bien qu’elles aient tout de même consenti une aide financière symbolique de 5000 $ à la Corporation de développement de la rivière Saint-Maurice.

Le scénario de cette année constitue donc un compromis jusqu’à ce que les municipalités riveraines s’entendent sur un plan de développement intégré qui mettra le cours d’eau en valeur à divers endroits. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, souhaite que ce document soit finalisé en 2019 pour se mettre à la tâche le plus rapidement possible.

Dans un monde idéal, la solution retenue cet été demeurera une transition en attendant une voie navigable jusqu’à La Tuque, à son plein potentiel.

«Ça va nous permettre de prendre le temps de nous préparer pour déposer un projet au Fonds d’appui au rayonnement des régions, qui nous permettra de bien ancrer le balisage pour les prochaines années», commente M. Angers. «Je tiens mordicus à ce que ce projet continue. Nous avons l’une des plus belles rivières du Québec, à peu près inexplorée. Avec un peu de bonne volonté, on pourra proposer à nos plaisanciers un parcours tout à fait exceptionnel. Nous avons un bijou dans nos mains; il faut s’en servir!»

M. Angers assure que les discussions se poursuivront afin d’arrêter un projet qui entraînera des retombées sur tout le territoire. À La Tuque, le maire Pierre-David Tremblay a déjà mentionné qu’il souhaitait améliorer ses infrastructures d’accueil.

«De notre côté, on fait notre bout avec la marina, le parc riverain, qui représentent le point de départ», explique le maire de Shawinigan. «On regardera pour la suite des choses. Dans un plan intégré, on pourra réfléchir sur ce qui pourra être porteur pour l’avenir. Il existe toutes sortes de choses. Il suffit de bien y penser pour trouver les bons créneaux.»

«Je voudrais que l’année prochaine, on soit capable de présenter un projet intégré avec les autres territoires», ajoute-t-il. «Avec un projet global jusqu’à La Tuque, tout le monde serait gagnant.»

Du côté d’Hydro-Québec, cette version réduite du balisage ne faisait pas de différence dans sa réflexion sur la pertinence de renouveler l’entente. Rappelons que la société d’État s’engage, pour une quatrième année consécutive, à garantir un débit de 440 mètres cubes à la seconde au cours des douze prochaines fins de semaine pour permettre aux bateaux de naviguer en toute sécurité entre les bouées. Cette mesure sera appliquée systématiquement du vendredi matin au dimanche soir.

«Le balisage est la responsabilité du promoteur», précise Lynda Laquerre, conseillère en relation avec le milieu chez Hydro-Québec. «Notre implication dans cette entente se situe au débit réservé.»