Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Comité de citoyens de Shawinigan: à la recherche de la bonne formule

Alors que le nouveau regroupement Shawinigan citoyens avertis prend son envol, un habitué du conseil municipal se demande s'il s'agit du meilleur véhicule pour intéresser la population aux affaires publiques de la Ville.
En assemblée publique mardi soir, André Grosleau est revenu à la charge auprès du maire pour insister sur la pertinence de créer une structure de consultation et d'échanges qui toucherait les huit districts. À son avis, le mouvement dans lequel Diane Borgia agit comme porte-parole «n'est pas la solution».
Selon lui, un modèle comme celui de La Tuque, qui implique élus et citoyens, semble beaucoup plus constructif.
«Personnellement, je serais plus à l'aise dans une structure comme celle-là que dans un comité qui vient vous emmerder continuellement, ce qui ne fait pas avancer les choses», lance M. Grosleau au maire, Michel Angers. «Ça prend un travail d'équipe.»
Shawinigan citoyens avertis a annoncé sa formation en décembre, dans la foulée de la création du Regroupement des associations de propriétaires surtaxés de Shawinigan, le 1er octobre. SCA concentre ses interventions sur les dépenses municipales.
Jusqu'ici, le nouveau regroupement a déploré l'adoption d'un règlement d'emprunt pour les services professionnels en ingénierie dans le dossier d'approvisionnement en eau potable juste avant le congé des Fêtes. Récemment, il est revenu à la charge pour s'assurer que la Ville ne paierait pas un sou pour la décontamination du site de l'aluminerie.
M. Grosleau souligne les mérites du RAPSS, qui devrait, selon lui, se joindre à d'autres organisations et municipalités à travers le Québec pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il trouve une solution aux évaluations des propriétés, dont la révision triennale entraîne parfois des hausses de taxes salées.
Quel objectif?
Appelé à réagir à ces observations, le maire laisse entendre qu'il n'est guère impressionné par les interventions de SCA jusqu'à maintenant.
«Je veux que les gens s'occupent de leurs affaires municipales», assure-t-il. «Je tente, par tous les moyens, d'informer notre monde. Personne ne peut dire qu'on manque d'information à Shawinigan!»
«Que quelqu'un s'intéresse aux affaires municipales, je dis bravo», ajoute M. Angers. «Mais qu'on tente de monter les citoyens pour bloquer un règlement d'emprunt avant même de savoir ce qu'il en est... Le 1er octobre, lors de l'avis de motion pour ce règlement de plus de 7 millions $, la salle était pleine! Dans ce dossier, on est dix ans en retard! Nous sommes donc loin de vouloir passer quelque chose rapidement.»
Le maire considère qu'il peut entendre la critique, en autant que l'objectif demeure l'avancement de la ville.
«Je souhaite que les gens s'intéressent à la chose publique et que les objectifs poursuivis soient les bons», prévient-il. «Quand on est rempli de bonnes intentions, il n'y a pas de problème. Je suis un fervent de la communication avec les citoyens. Quand l'approche est constructive, qu'on veut contribuer à la chose publique, informer, amener des idées, je ne peux qu'applaudir à la volonté des citoyens.»
«Si des groupes d'opposition systématique ont des choses intéressantes à nous amener, des alternatives à proposer, nous sommes toujours ouverts. Mais nous avons le nez dans les finances et on sait où on s'en va.»