Les célébrations soulignant les 15 ans du Carrefour jeunesse-emploi de Shawinigan ont réuni de nombreuses personnes hier. Sur la photo, on aperçoit la directrice générale, Pascale Fraser, entourée de Luc Trudel, député de Saint-Maurice, de Rémi-Pierre Paquin, animateur de l'événement, de Roland Garceau, président du conseil d'administration du CJE, et de Michel Angers, maire de Shawinigan.

CJE: «On répond aux besoins des jeunes»

Si les 15 ans du Carrefour jeunesse-emploi de Shawinigan ont été soulignés dans la joie mercredi après-midi, la question du financement de ces organismes québécois par le gouvernement fédéral fait craindre une possible diminution des services et du personnel.
Le financement des CJE relève en bonne partie des sommes d'argent versées par le gouvernement canadien au gouvernement québécois dans le cadre d'une entente sur le marché du travail. Une mesure du budget de 2013 du gouvernement Harper prévoit toutefois une réduction de 70 millions de dollars du transfert fédéral. À l'origine, ce transfert s'élevait à 116 millions de dollars annuellement.
«Ça nous chicote. On s'en est parlé au niveau provincial. Ça amputerait nos budgets et ce sont les jeunes qui écoperaient, car 70 millions de dollars, c'est beaucoup d'argent», admet volontiers Pascale Fraser, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi, en ajoutant que ces coupes pourraient entraîner une diminution du personnel.
Dans le budget de 2014, le gouvernement Harper maintient sa volonté d'appliquer ces 70 millions de dollars dans un programme de subvention pour l'emploi versé directement aux entreprises. Cette subvention sera disponible à compter du 1er avril.
Mme Fraser dit toutefois avoir confiance que la question du financement va se régler. Pour elle, les CJE comme celui de Shawinigan ont toujours leur raison d'être.
«On répond aux besoins des jeunes du territoire. On a bonifié nos services: on se déplace dans les écoles, on fait des simulations d'entrevue, on travaille en partenariat avec les écoles, les centres de formation professionnelle. On a développé des projets locaux en raccrochage scolaire, en persérévance scolaire. De plus, le CJE de Shawinigan a sa couleur. On est très autonome, on est capable de se développer. C'est ce qui nous distingue», ajoute Mme Fraser.
La décision du gouvernement fédéral a fait réagir le gouvernement québécois. Celui-ci demande à Ottawa d'être exclu du programme de subvention pour l'emploi et de recevoir une pleine compensation. Selon Luc Trudel, le gouvernement Marois va continuer la bataille.
«Ce n'est même pas une question politique, c'est pour des services! s'insurge le député de Saint-Maurice. Le gouvernement du Québec va continuer de faire pression. On ne lâchera pas le morceau.»
M. Trudel est bien placé pour parler du développement du CJE de Shawinigan. En tant que président-fondateur de l'organisme, il a rappelé que l'équipe de base était composée de trois personnes. On en compte aujourd'hui près de 30 qui soutiennent et accompagnent les jeunes dans leur cheminement professionnel.
«Ces jeunes-là, on les remet sur le marché de l'emploi. Ce n'est pas une dépense, c'est un investissement», croit Luc Trudel, qui assure que des solutions seront trouvées pour maintenir les services à Shawinigan.
Les nombreux témoignages présentés mercredi ont souligné à quel point le CJE a encouragé les jeunes, les a incités à faire preuve de persévérance dans leur cheminement scolaire et les a orientés au niveau du travail.
«Notre CJE est un partenaire de premier plan dans le développement de Shawinigan. Partout où ça compte, l'équipe du CJE est là», déclare Michel Angers, le maire de Shawinigan.
Théâtre de rue
Parlant de Michel Angers, il a revu Rémi-Pierre Paquin mercredi, lui qui était sur place pour animer l'événement soulignant les 15 ans du CJE de Shawinigan. La rencontre a permis aux deux hommes de faire un brin de causette, mais rien qui pourrait conduire prochainement à une entente prévoyant le retour du Festival de théâtre de rue à Shawinigan.
Le Festival de théâtre de rue a quitté Shawinigan en 2006 pour s'installer à Lachine. Il y a un peu plus de trois ans, la direction du festival et la Ville de Shawinigan avaient démontréune certaine ouverture quant à un retour de cette activité. MM. Paquin et Angers ont rappelé mercredi que cette ouverture est toujours présente.