Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Cannabis: Shawinigan détermine ses zones

SHAWINIGAN— La Ville de Shawinigan sera prête pour l’entrée en vigueur de la loi légalisant la consommation et la production de cannabis, le 17 octobre. Si tout se déroule comme prévu, les modifications à son règlement de zonage pour permettre la production de marijuana et sa vente au détail dans certains secteurs limités du territoire seront adoptées en séance extraordinaire le 23 juillet, même si le maire, Michel Angers, semble plus résigné que fébrile à l’idée de mettre en vigueur ces nouvelles dispositions.

«Je n’ai pas beaucoup d’enthousiasme vis-à-vis ça», reconnaît-il. «L’un des objectifs de la légalisation, c’est de diminuer le marché noir. Personnellement, j’ai des doutes qu’on puisse le ralentir. Au contraire, je considère qu’il va s’adapter. On le dit, c’est un marché! Ma crainte, c’est qu’on baisse les prix pour concurrencer le public. Plus les prix sont bas, plus ça devient accessible.»

«Qu’un adulte fasse usage de cannabis, ça le regarde», ajoute M. Angers. «Mon inquiétude, c’est toujours envers les jeunes et des conséquences de la surconsommation. Ce ne sont pas les adultes qui m’inquiètent.»

L’exercice de modification de zonage en cours représente donc une étape obligée dans les circonstances. Les conséquences concrètes de cette décision phare du gouvernement Trudeau et les coûts qui en découleront en constitueront une autre.

«Le gouvernement fédéral légalise, puis il pousse la rondelle dans la cour des provinces et des municipalités», déplore M. Angers. «Les revenus que nous récolterons ne serviront qu’à nous préparer aux conséquences de la culture et de la consommation de cannabis.»

Le deuxième projet de règlement avait été adopté en séance spéciale, le 28 mai. Dans l’avis public diffusé dans L’Hebdo du Saint-Maurice le 20 juin, toutes les zones touchées par cette modification sont identifiées. On en compte précisément 24 où des activités de vente et de production de marijuana seront dorénavant permises à Shawinigan et 9 où la vente au détail sera autorisée.

Pour le premier volet, sans surprise, les parcs industriels ont été principalement ciblés. Des parties du Technoparc, des parcs Albert-Thibeault, Jacques-Marchand et Albert-Landry ont été retenues, mais également des portions de la 8e Avenue, du chemin Saint-Jean-des-Piles et de l’avenue Saint-Georges. À noter également qu’une partie de l’avenue de la Fonderie, de la rue des Peupliers et le site de l’ancien karting de Grand-Mère pourraient également accueillir une usine de cannabis.

En ce qui concerne la vente au détail, les boutiques pourront s’établir sur la 4e ou la 5e Rue de la Pointe, des portions des avenues Saint-Marc, Champlain et du boulevard Saint-Sacrement, de l’avenue de Grand-Mère et de la 105e Avenue, dans le secteur Shawinigan-Sud.

«On ne souhaitait pas voir ça un peu partout en ville», explique M. Angers. «Il y a une certaine acceptabilité sociale, mais il fallait déterminer les endroits. On s’est dit que pour la production, un parc industriel serait un bon endroit. S’il y a éventuellement des constructions (pour une usine), ces parcs ont l’ensemble des services. Il faut en tenir compte.»

«En ce qui concerne la vente, la plupart des grandes villes choisissent des zones commerciales», ajoute le maire. «On s’est guidé là-dessus. On veut que ce soit au vu et au su de tous. On ne voulait pas que les commerçants se cachent dans des milieux défavorisés, à l’abri des regards.»

Ces modifications au règlement de zonage, qui comprennent également de nouvelles dispositions concernant la protection de milieux humides, sont soumises à l’approbation des résidents des zones concernées ou des zones contiguës. La date butoir pour déposer une telle demande est établie au 28 juin.