La Ville de Shawinigan souhaite que les bateaux qui navigueront au lac des Piles seront passés à une station de nettoyage avant leur mise à l’eau.

Ça commence cet été

SHAWINIGAN — Le nettoyage des embarcations nautiques avant leur mise à l’eau alimente les discussions depuis quelques années au lac des Piles. Cet été, la Ville de Shawinigan souhaite progressivement sensibiliser les plaisanciers à ce qui deviendra une obligation le 1er septembre.

Cette mesure est inspirée du fameux plan directeur de l’eau au lac des Piles, dont l’objectif consiste notamment à protéger l’une des principales sources d’eau potable de la municipalité. Le nettoyage obligatoire d’embarcations vise à discipliner les visiteurs, afin d’éviter qu’ils importent des organismes pathogènes ou des espèces végétales envahissantes.

Les modalités seront expliquées lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association des résidents du lac des Piles, le 8 juillet. Cette orientation ne surprendra pas trop les membres, mais sa mise en application demeure floue pour le moment.

«Dans notre prochain code d’éthique, on veut qu’il y ait une préoccupation pour les bateaux», explique Joan Hamel, présidente de l’association. «Il y aura une station de lavage et un certificat sera émis. Les résidents du lac devront avoir une vignette.» Des frais de 5 $ à 25 $ sont prévus pour l’obtention de cette autorisation, selon qu’il s’agisse d’une embarcation motorisée ou non. Cette vignette ne soustraira pas l’obligation aux résidents de laver leur équipement s’ils l’utilisent sur un autre plan d’eau.

L’emplacement de la station de nettoyage n’est pas encore clairement établi. Deux sites sont privilégiés, soit la Marina Prévost et le camping de la baie Martin.

«Si la Ville veut une station de lavage, ça va prendre une fosse pour éviter que ces eaux se rendent au lac!», fait remarquer Mme Hamel. «Ça va prendre des installations, donc des coûts. Il y aura une procédure de lavage de bateaux, il y aura des frais, mais où ça va se faire? Ce n’est pas encore coulé dans le béton. On s’attend à des réponses à notre assemblée générale annuelle.»

Pour le moment, Georges Ricard, propriétaire de la Marina Prévost, saisit mal le plan des autorités municipales. Il ne semble pas très intéressé à accueillir une station de lavage sur sa propriété, qui serait, selon lui, trop près du lac pour éviter une contamination par le ruissellement. En haut du chemin d’accès à la marina par contre, la Ville possède un terrain où elle pourrait aménager cette installation. Pour le moment, le site est désert.

«En mars, j’ai passé quatre heures avec la Ville et on n’est pas plus avancés qu’on était», déplore M. Ricard. «Ça devait commencer au printemps, ça a été reporté. Les installations ne sont pas faites. Je ne sais pas ce qu’ils vont faire.»

Au camping de la baie Martin, Ghislain Ricard, président de l’Amicale des écoles de Grand-Mère, offre déjà un service de base, mais uniquement pour ses campeurs. Il n’exclut pas qu’une station de nettoyage soit installée sur son site, mais il ne souhaite pas devenir une porte d’entrée pour les visiteurs.

«Nous sommes privés; seuls nos résidents saisonniers peuvent mettre un bateau à l’eau chez nous et la plupart du temps, ils restent là», fait-il remarquer.

Tout au plus, une dizaine de ses saisonniers naviguent sur d’autres plans d’eau. «On demande à nos usagers de faire un lavage pour s’assurer qu’il n’y ait pas de bactéries qui prolifèrent, car notre priorité, c’est la qualité de l’eau du lac», assure Ghislain Ricard, qui se demande s’il ne faudrait pas s’intéresser également aux hydravions dans cette volonté d’éviter la contamination.

Malgré ces zones grises, Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière, qualifie de «prioritaire» le lavage de bateaux, afin de protéger la source d’eau potable.

«On veut sensibiliser les gens avant de les obliger», précise-t-elle. «Il y aura des indications cet été. Nous allons le demander, mais on ne donnera pas d’avis d’infraction, parce qu’il y aura une période de transition. Ça entrera en vigueur à compter du 1er septembre, de sorte qu’après cette date, le nettoyage de bateaux fera partie des procédures à respecter.»

Mme Déziel fait remarquer que des commerces de Shawinigan offrent déjà ce service de nettoyage, qui vient avec un certificat. Pour le moment, elle ne peut toutefois préciser comment s’effectuera la surveillance des mises à l’eau au lac, ni qui assurera la vérification.

Au cours de l’été, l’Escouade bleue de la Ville veillera à sensibiliser les plaisanciers du lac des Piles à l’importance de s’assurer de la propreté des embarcations. À noter que non seulement les bateaux, mais les kayaks, pédalos ou tout autre équipement utilisé pour la navigation de plaisance sont visés.

Aussi à surveiller
Mme Hamel se réjouit d’apprendre que la Ville portera également une attention particulière aux fosses septiques non conformes, avec des visites chez chaque propriétaire au cours des prochains mois.

«J’étais dans l’association dans les années 80 et l’état de la situation n’a pas bougé beaucoup depuis ce temps», déplore-t-elle.

Mme Déziel prévient également que la récréation est terminée pour ceux qui négligent la revégétalisation des rives.

«Nous avons toléré, parce qu’on sait que ce sont des dépenses importantes pour les gens. Mais dorénavant, ce sera un peu plus serré dans la gestion de ce règlement.»