Pour des raisons de santé, Diane Borgia décide de passer le flambeau comme porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis.

Borgia se retire comme porte-parole de Shawinigan Citoyens avertis

Shawinigan — Diane Borgia a profité de la dernière séance du conseil municipal de Shawinigan, mardi soir, pour confirmer qu’elle n’agira plus à titre de porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, pour des raisons de santé. La femme de 68 ans doit subir une opération pour un cancer de la paupière la semaine prochaine.

Mme Borgia passera le flambeau à Catherine Durocher comme visage de SCA. À sa dernière sortie en assemblée publique, elle est revenue à la charge auprès du maire pour demander l’examen des biens appartenant auparavant à l’entreprise TAG.Média qui n’ont toujours pas été vendus par la division de développement économique de Shawinigan. Une fois de plus, Michel Angers a accueilli cette requête avec une pointe d’exaspération, avant d’inviter Mme Borgia à adresser sa demande par écrit. Ce qu’elle a fait dès le lendemain, en précisant qu’elle apprécierait que cette visite soit autorisée avant le 15 janvier.

Rappelons que dans ce dossier, Shawinigan citoyens avertis souhaite obtenir la preuve que la vente de ces biens publics servira bel et bien à rembourser une partie du prêt consenti par l’ex-Centre local de développement à TAG.Média en 2015. Soupçonnant la disparition de certains équipements, Mme Borgia avait déposé une plainte de vol à la Sûreté du Québec en octobre, mais elle avait rapidement été jugée sans fondement.

La psychothérapeute de profession est montée au front dans plusieurs dossiers depuis l’organisation de Shawinigan citoyens avertis, en 2013. La création d’un poste de vérificateur général pour les municipalités de plus de 35 000 habitants, la situation financière de Shawinigan, la réforme toponymique et la transparence des organismes paramunicipaux ont notamment alimenté le regroupement. Le conseil municipal a fermé la porte à la majorité des interventions de Mme Borgia, mais notons tout de même qu’à l’automne 2016, M. Angers présentait un plan de réduction de la dette jusqu’en 2035.

Ses interventions au conseil municipal se sont souvent déroulées sous le signe de la tension. Devant un groupe d’élus indépendants qui n’ont pas demandé un seul vote en assemblée publique depuis mars 2013, Mme Borgia a incarné une forme d’opposition citoyenne dans certains dossiers.

«Je retiens la fermeture, le manque d’écoute, particulièrement du maire», commente-t-elle. «Dans le dossier de la toponymie par exemple, on n’avait jamais vu de manifestations dans les rues de Shawinigan (pour un dossier municipal). Les élus ont sous-estimé le travail de sensibilisation que nous avions fait. Les gens étaient en rogne et certains nous en parlent encore!»

«Il y a aussi l’inégalité du retour dans les secteurs», ajoute-t-elle. «Je trouve ça inacceptable. On met beaucoup d’argent au centre-ville, mais on oublie les secteurs, qui s’appauvrissent depuis la fusion.»

Nécessité

À la lumière du résultat des dernières élections, on peut conclure que les Shawiniganais sont généralement satisfaits du travail du conseil municipal, puisque le maire sortant a été facilement réélu et que six des huit conseillers ont obtenu le même privilège.

Malgré tout, Mme Borgia considère que SCA demeure un mouvement important pour la démocratie municipale.

«C’est une nécessité!», tranche-t-elle. «Encore plus avec les nouvelles lois qui vont donner encore plus de pouvoirs aux villes. Déjà, elles se cachent derrière des organismes cache-pot, créés avec la bénédiction du gouvernement, qui font ce qu’ils veulent à notre insu et sans rendre de comptes. C’est incroyable!»

«Ça prend des organismes comme le nôtre pour poser des questions, pour aller au-delà des trous dans la rue ou l’ajout d’un panneau d’arrêt. La sécurité des citoyens est importante, mais la sécurité financière l’est aussi, surtout avec une population vieillissante.»

En 2016, SCA a montré des signes d’essoufflement. Souvent isolée, Mme Borgia s’est demandée à quoi servait de dénoncer si ses arguments étaient accueillis plus souvent qu’autrement par des haussements d’épaules dans la population.

«On se demande parfois pourquoi on s’investit tant là-dedans», reconnaît-elle. «On a finalement bénéficié du deuxième souffle du coureur!»

«C’est comme ça partout», enchaîne-t-elle. «Regardez sur la scène provinciale. Combien ça fait d’années que nous sommes avec les libéraux, malgré tous les scandales que l’on sait? C’est un phénomène social. Les gens sortent dans les rues quand ils sont à l’extrême. Sinon, ils font leur petite vie. Les gens sont endormis au gaz de la consommation. L’église d’aujourd’hui, c’est le centre commercial. Tant que les gens peuvent payer leurs taxes, ça ne va pas plus loin, malheureusement.»