L'ancien Hôtel de La Salle fait jaser depuis que des hommes sont montés sur le toit de la bâtisse vendredi soir.

Ancien hôtel de La Salle: le propriétaire justifie ses interventions

Maxime Parent, un investisseur immobilier en voie d'acheter l'ancien Hôtel de La Salle du secteur Grand-Mère à Shawinigan, toujours propriété de Denis Despins, affirme que c'est à la demande de la Ville de Shawinigan que des hommes sont montés sur le toit de l'immeuble dans la soirée vendredi dernier. Le but était de préparer les travaux du lendemain alors qu'on devait retirer la grande enseigne jugée instable par la Ville.
Des propos que nuance toutefois François St-Onge, directeur des communications à Shawinigan. «Nous, c'est au propriétaire [Denis Despins] et non à lui [Maxime Parent] qu'on a dit que l'enseigne était instable à la suite d'une remarque en ce sens de notre service d'incendie. C'est pour ça que des barrières installées en périmètre de sécurité en façade protègent les piétons et les automobilistes. Une fois qu'on a dit ça, est-ce qu'il fallait un permis pour se promener sur une corniche à 21 h 30 du soir? Non, ce ne sont pas des travaux.... mais c'est un peu fou de le faire à cette heure-là», n'a pu s'empêcher de faire remarquer M. St-Onge.
Rappelons que vendredi soir dernier, des passants ont remarqué le curieux manège d'hommes montés sur le toit de l'Hôtel de La Salle et qui s'éclairaient avec des lampes de poche. La présence d'un photographe du Nouvelliste, Sylvain Mayer, arrivé sur les lieux vers 22 h, a fortement contrarié les hommes sur le toit. Ces derniers ont sommé le photographe de cesser de prendre des photos et ont voulu s'emparer de la carte-mémoire de son appareil. Le photographe a refusé d'obtempérer affirmant qu'il était dans son droit de prendre des photos sur la voie publique.
Le représentant du Nouvelliste était en effet au courant que l'immeuble appartenait à Denis Despins de la compagnie Excavations Ovila Despins, la même compagnie qui a acheté l'église Saint-Philippe de Trois-Rivières.
François St-Onge précise que pour la Ville, le véritable propriétaire de l'Hôtel de La Salle est toujours Denis Despins qui s'est porté acquéreur de l'immeuble en 2013.
«Depuis qu'il est propriétaire, plusieurs avis ont été envoyés à M. Despins par rapport à son bâtiment en très mauvais état», note M. Saint-Onge. Un incendie a en effet endommagé l'immeuble en 2012. «M. Despins a déjà déposé un certificat d'autorisation pour faire des travaux de démolition... mais ils n'ont pas été faits et le certificat est échu. Quant à M. Parent, il n'est pas encore propriétaire, il ne peut donc pas demander un permis de quoi que ce soit.»
De son côté, Denis Despins a déclaré au Nouvelliste qu'il ignorait que des hommes se trouvaient sur le toit de son immeuble, vendredi dernier. Il a aussi tenu à préciser que les travauxqu'il avait fait lui-même dansle clocher de l'église Saint-Philippe à Trois-Rivières ne s'étaient pas faits de nuit, mais tôt le matin.
Pour sa part, M. Parent précise qu'il doit passer devant le notaire avec Denis Despins cette semaine pour officialiser la vente. «Je suis déjà propriétaire par contrat, affirme-t-il. On a des contrats de signés sur le bâtiment.»
L'homme d'affaires qui a l'intention de rénover l'immeuble à l'identique, admet que l'enseigne est menaçante actuellement est qu'elle doit être réparée.
«On va la démancher, la refaire et la remettre en place à la fin du projet, assure-t-il. Actuellement, on n'a pas de permis de démolition parce qu'il n'y a pas de démolition de prévue prochainement sur cet hôtel. C'est la Ville qui a demandé simplement qu'on démonte l'enseigne.»
Mais pourquoi la nuit et dans ces conditions? M. Parent répond que c'est face à une certaine urgence que ses employés sont montés sur le toit à cette heure tardive. «C'était simplement de la préparation, pas des travaux. Ils n'avaient même pas de marteaux», insiste-t-il.
M. Parent précise qu'une grue devait arriver le lendemain matin pour retirer le tout, mais qu'à cause de ce qu'il appelle «les frasques d'un photographe», il a finalement tout annulé.
M. Parent soutient par ailleurs que les hommes portaient des harnais de sécurité et des casques d'alpinisme et que l'aspect sécurité était donc sous contrôle.
Par ailleurs, l'homme d'affaires précise qu'il veut redonner son cachet d'origine à l'immeuble de briques rouges construit en 1940. Par contre, l'enseigne en question sera un peu modernisée avec de l'éclairage DEL. Il compte aussi conserver la vocation hôtel pour l'avant, tandis qu'on retrouvera des logements à l'arrière du bâtiment. Toutefois les travaux ne débuteront pas avant unan. Maxime Parent soutient avoir fait plusieurs travaux du genre dans la ville de Québec et quelques petits projets dans la région.
«On va ramener l'immeuble dans son état initial. Je pense que ce secteur de la ville mérite une meilleure attention. Le haut de Grand-Mère présente un potentiel de développement économique et touristique incroyable, plus que Saint-Marc en tout cas», a-t-il conclu.