L'alimentation en eau sur le site de l'ancienne aluminerie de Rio Tinto Alcan demeure un des nombreux enjeux à régler.

Alimentation en eau sur le site de l'Alcan: un des nombreux enjeux à régler

L'engagement de la Ville de Shawinigan de cesser d'alimenter les installations de Rio Tinto Alcan à partir de son réseau d'aqueduc régulier entraîne un défi important pour les futurs repreneurs. Surtout si une usine comme FerroAtlántica débarque dans les quartiers de l'ancienne aluminerie, puisque les besoins deviendraient encore plus considérables.
Dans ses engagements avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs pour conserver ses lacs comme source d'approvisionnement en eau potable, la Ville de Shawinigan devait s'entendre avec RTA pour débrancher l'usine du réseau d'aqueduc.
Cette orientation lui permettait d'importantes économies. À l'aluminerie, l'utilisation quotidienne tournait autour de 6000 mètres cubes, soit près de 20 % de la consommation totale de toute la ville.
En réponse à une question en assemblée publique mardi soir, le maire, Michel Angers, a réitéré cet engagement.
«Il est déjà convenu de débrancher RTA, dont le centre de coulée, du réseau d'eau potable», confirme-t-il. «Quel que soit le repreneur, il sera débranché du réseau.»
Les usines peuvent se passer d'une eau traitée pour la consommation humaine dans leurs procédés de production. Cet approvisionnement doit quand même être remplacé par de l'eau brute. Pour le moment, la rivièreSaint-Maurice ou un système en circuit fermé de recyclage font partie des scénarios étudiés. D'une façon ou d'une autre, des investissements importants devront être réalisés.
«Nous sommes en discussion là-dessus présentement», commente M. Angers. «Chose certaine, le message est clair. Il faut trouver une façon de refroidir et ce ne sera pas avec de l'eau potable. Ce n'est pas la Ville qui fera ces investissements.»
M. Angers estime qu'environ 1000 mètres cubes d'eau potable demeureront disponibles sur le site de l'ancienne aluminerie pour la consommation humaine.
Besoins différents
L'enjeu d'approvisionnement en eau touche évidemment Sotrem, cette entreprise avec qui Rio Tinto Alcan vient de signer une entente d'exclusivité pour intensifier les analyses pour l'acquisition du centre de coulée. Mais il faut aussi penser au reste du site. Les besoins d'une grappe de PME et ceux d'un producteur de silicium de l'ampleur de FerroAtlántica diffèrent beaucoup.
«Minimalement, il faut s'entendre pour le centre de coulée», convient le maire. «S'il y a d'autres activités potentielles, on verra si on peut faire d'une pierre, deux coups. Tout le monde est conscient de cela.»
Fidèle à sa ligne directrice, le maire refuse d'introduire le nom de FerroAtlántica dans cette discussion. La multinationale poursuit ses analyses pour son implantation au Québec, une rencontre étant prévue à la fin de la semaine avec le maire de Saguenay.
Mardi matin, M. Angers ne s'est pas présenté aux conférences d'information de la Classique internationale de canots et pour le lancement de la nouvelle politique municipale de la famille et des aînés. Il n'a pas voulu confirmer si ces absences s'expliquaient par une rencontre sur le dossier FerroAtlántica.
«J'avais autre chose...», sourit-il, sans donner plus de précision.
Du côté de Sotrem, le travail d'analyse afin de poursuivre les activités du centre de coulée suit son cours. Michel Boudreault, président-directeur général de l'entreprise, confirme que l'alimentation en eau fait partie des enjeux... parmi plusieurs autres. Il précise toutefois que non seulement le centre de coulée a besoin d'eau brute, mais qu'elle doit être filtrée afin qu'aucune particule ne nuise au processus.
Ajoutez à cela les négociations avec Rio Tinto Alcan et le MDDEFP pour maintenir le système de traitement des rejets, les discussions avec des clients qui avaient commencé à regarder ailleurs pour s'approvisionner en billettes, l'amorce des pourparlers pour établir un nouveau contrat de travail... les défis ne manquent pas pour l'entreprise saguenéenne, partenaire avec la firme d'investissement Pluri-Capital.
«Nous sommes encore enthousiastes par rapport au projet, mais les délais se resserrent», commente prudemment M. Boudreault.