Josette Allard-Gignac

À quand une politique claire au lac des Piles?

L'Association des résidents du lac des Piles se demande en quoi le projet de Carl Marchand s'harmonise avec la volonté de la Ville de Shawinigan de protéger l'une de ses principales sources d'eau potable.
<p>La conseillère du district de la Rivière à Shawinigan, Nancy Déziel.</p>
Ces riverains se sont toujours méfiés des projets de construction de plusieurs unités au cours des dernières années. Dans le contexte où le conseil municipal s'est engagé auprès du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs à accorder une attention particulière à la protection du lac des Piles, les citoyens deviennent d'autant plus critiques.
«Il n'y a pas de politique claire sur la vision de la Ville au sujet du développement du lac des Piles», déplore Éric Bergeron, président de l'association. «C'est du cas par cas! Augmenter la densité de population autour du lac, qu'on le veuille ou non, ça a un impact sur la qualité de l'eau.»
Faut-il en conclure que l'ARLP s'opposera systématiquement à tout projet résidentiel ?
«Nous ne sommes pas contre tout développement», nuance M. Bergeron. «Mais nous avons toujours été très pointilleux sur les projets multifamiliaux. On n'est pas en ville! On n'est pas contre quelqu'un qui achète un terrain et qui se bâtit un chalet. Mais quand il faut ouvrir une nouvelle route, construire neuf nouvelles unités, on trouve que c'est vraiment trop.»
Josée Côté, vice-présidente de l'association, déplore aussi qu'aucun plan concret pour la protection du lac des Piles n'ait encore été mis de l'avant.
«On vit un paradoxe», illustre-t-elle. «Depuis plusieurs années, la Ville et Bassin versant Saint-Maurice nous sollicitent beaucoup pour le reboisement et la revégétalisation des bandes riveraines. Nous avons expliqué à nos membres que c'était bon pour le lac. De l'autre côté, on fait des actions contradictoires à ce qu'on nous demande!»
Josette Allard-Gignac, présidente du comité consultatif d'urbanisme, assure pourtant que les élus accordent une attention particulière à tout développement proposé au lac des Piles. La réduction du projet de M. Marchand le démontre bien, souligne-t-elle.
«C'est notre source d'eau potable, alors ces projets sont toujours analysés avec plus de sensibilité», indique la conseillère du district Almaville. «Dans la dernière version, on considérait qu'il n'y avait aucun danger pour le lac.»
Mme Côté précise également que la mesure comprise dans la modification au règlement de zonage proposée, qui consiste à prohiber les auberges et gîtes touristiques autour du lac des Piles, n'impressionne personne. «Ça fait 25 ans que je suis au lac des Piles et on n'en a jamais vu! Ça nous étonnerait que ça prolifère. On pense que la réglementation actuelle protège davantage que la modification proposée.»
M. Bergeron ne veut pas présumer de la suite des événements, mais il considère que le message passé lundi dernier ne recelait aucune ambiguïté. La conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, ne veut évidemment rien présumer avant la décision.
«Nous avons pris bonne note de l'opinion des gens et c'est sûr que nous sommes sensibles à ça», mentionne-t-elle. «Il n'y a rien d'extravagant par rapport à d'autres développements, mais dans ce cas, ça prend un changement de zonage. Nous l'avons proposé et les gens ont exprimé des inquiétudes. Il reste à évaluer ce qu'on fait avec cela.»
Les élus peuvent décider de maintenir le projet, d'y apporter d'autres modifications ou de carrément l'abandonner. La réponse en séance spéciale le 24 mars ou, plus vraisemblablement, à l'assemblée régulière du 8 avril.