Initialement, la demande d’aide financière pour la décontamination de l’ancien site de neiges usées comprenait un immense lot qui englobe le stationnement du Complexe Jacques-Plante. Cette propriété a été subdivisée pour en vendre une partie au Groupe Château Bellevue.

Shawinigan veut une subvention bonifiée

SHAWINIGAN — L’aide financière obtenue grâce au programme ClimatSol pour la décontamination de l’ancien lieu d’élimination de neige, sur l’avenue Broadway, a été presque entièrement dirigée au projet du Groupe Château Bellevue. Pour compléter le travail, la Ville de Shawinigan tente de convaincre le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de bonifier la subvention.

Il s’agit d’une autre conséquence de la découverte d’une contamination beaucoup plus dense qu’anticipée sur le site de la construction d’une résidence pour personnes âgées, au printemps dernier. La Ville a dû allonger près de 750 000 $ de plus pour permettre à l’entrepreneur de réaliser son mandat, elle a vendu son terrain 1 $ plutôt que 275 000 $ et la construction a été retardée de deux mois. L’inauguration du Château Bellevue, tout près du Centre Gervais auto, est prévue en novembre 2019.

Ce chantier avance rondement, mais pour la Ville de Shawinigan, le projet de décontamination et de réhabilitation du lot visé est loin d’être terminé. Par contre, la plus grande partie de l’aide gouvernementale prévue à l’origine est épuisée, en raison des surprises rencontrées sur le site du Château Bellevue. La Ville rapplique donc pour terminer la besogne, qui doit s’étendre jusqu’au stationnement de l’édifice Jacques-Plante.

«Notre subvention était limitée à 600 000 $, mais on en veut plus», témoigne le maire Michel Angers. «Nous voulons obtenir une aide financière proportionnelle aux montants supplémentaires qui ont été investis.»

À l’origine, le lot visé par ce projet de décontamination et de réhabilitation s’étendait sur 26 174 mètres carrés. Il faisait partie des six projets annoncés à Shawinigan par l’ex-ministre David Heurtel, en novembre 2015.

Une partie de cet immense lot a ensuite été subdivisée, pour répondre aux besoins du Groupe Château Bellevue. La décontamination de ce terrain de près de 5500 mètres carrés a réservé bien des surprises.

Dans le projet initial, la Ville avait estimé à tout près de 1,5 million $ le coût pour traiter l’ensemble du lot de plus de 26 000 mètres carrés. La subvention de 600 000 $ était liée à ce projet. Or, on sait maintenant que la seule partie du Groupe Château Bellevue, qui représente environ 20 % du lot initial, a nécessité des débours de 1,35 million $, en considérant le premier contrat de 608 500 $ accordé à Entreprises G.N.P. de Victoriaville et les deux ajouts totalisant 746 400 $.

En principe, il reste donc environ 80 % du lot initial à décontaminer alors que le budget de départ est pratiquement atteint. Voilà pourquoi la Ville de Shawinigan cogne à nouveau à la porte du MELCC. Le comité exécutif a adopté des résolutions en ce sens, au début octobre.

«Le ministère doit déterminer s’il accepte les coûts supplémentaires pour le programme ClimatSol au Château Bellevue et si les coûts demandés dans ClimatSol-Plus pour finir le travail seront financés», résume Élyse Ménard, responsable permis, urbanisme et environnement à la Ville de Shawinigan.

Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que les manœuvres de décontamination pour le stationnement du Complexe Jacques-Plante réservent les mêmes surprises qu’au Château Bellevue.

«On laisse tout en place», mentionne Mme Ménard. «C’est une réhabilitation par analyse de risque. Parmi les mesures demandées, il faut mettre entre 80 centimètres et un mètre de sols propres. Une fois recouvert, on peut laisser ça en place. Une restriction d’usage sera appliquée sur ce lot. Les coûts qui restent à venir ne seront sans doute pas très importants, mais on veut quand même obtenir la subvention pour finaliser ce projet.»

Ancien garage

La Ville souhaite également obtenir une aide financière bonifiée pour le projet de décontamination et de réhabilitation de l’ancien garage municipal, sur l’avenue de la Fonderie. «Il faut faire des études complémentaires», explique Mme Ménard. «Nous avons déposé une étude avec un plan de réhabilitation, mais il manque des informations. Il faut faire une étude de plus pour, notamment, mesurer les biogaz en raison de la présence de matières résiduelles. Le ministère demande donc des analyses de plus, ce qui n’était pas prévu dans le contrat initial.»

En novembre 2015, l’ex-ministre Heurtel avait prévu un montant de près de 173 000 $, à même le programme ClimatSol, pour les travaux de décontamination et de réhabilitation de l’ancien garage municipal.

Pour le moment, les quatre autres projets annoncés il y a trois ans sont repoussés.

Rappelons qu’en octobre, le conseil municipal a adopté une résolution pour demander au gouvernement du Québec de bonifier l’aide disponible pour la réhabilitation des terrains contaminés et la création d’un fonds spécial pour Shawinigan.