Le président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa, a fait visiter les lieux à la ministre régionale Julie Boulet.

«Shawinigan va devenir un pôle international»

SHAWINIGAN — Alors que commence la construction de l’usine de Nemaska Lithium, à Shawinigan, au coût de 532 millions de dollars, la ministre régionale Julie Boulet a voulu «célébrer cette étape de la commercialisation» jeudi, mais sans nouvelle annonce, et ce, à une semaine du déclenchement des élections. Car les 130 millions de dollars consentis par son gouvernement avaient déjà été confirmés en juin dernier par sa collègue Dominique Anglade sur le site de la mine Whabouchi.

«On voulait faire l’annonce conjointement, mais c’était difficile. On s’est dit qu’on allait la faire dans un deuxième temps, pour le début de la construction qui fera travailler 1000 personnes», a justifié la députée de Laviolette.

Le projet de Nemaska Lithium, évalué à 1,1 milliard de dollars, consiste à mettre en service une mine de spodumène (minerai de lithium) à Nemaska, à 300 km au nord de Chibougamau, sur le territoire Eeyou-Istchee Baie-James. Le minerai qui sera extrait de la mine Whabouchi sera transformé dans la nouvelle usine à Shawinigan. Sa mise en service, qui mènera à la création d’une centaine d’emplois, est prévue pour le milieu de l’année 2020.

«Shawinigan va devenir un pôle international. On veut intéresser les fabricants des matériaux de cathode», a lancé le président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa, lors de la conférence de presse tenue dans l’ancienne usine Laurentide.

Selon lui, les perspectives du marché du lithium sont excellentes. Il existe actuellement une très forte demande pour les sels de lithium de qualité batterie à l’échelle mondiale, notamment en lien avec la pénétration des véhicules électriques sur le marché de l’Asie. La consommation de lithium devrait donc augmenter de 17 % par année jusqu’en 2026. Pour ce qui est de l’hydroxyde de lithium de haute pureté utilisé dans les véhicules électriques, seulement sept producteurs sont en activité dans le monde.

«La conjoncture est donc des plus favorables pour le démarrage à l’échelle commerciale des activités de Nemaska Lithium», a-t-on souligné.

L’usine de Nemaska Lithium commence à prendre forme dans les anciennes installations de la papetière Laurentide, du secteur Grand-Mère.

L’usine de transformation de Nemaska Lithium aura une capacité de 33 000 t/an (équivalent carbonate de lithium) et permettra d’extraire le lithium du concentré de spodumène afin de produire du carbonate de lithium ou de l’hydroxyde de lithium, selon le besoin des clients. Ces produits seront d’une teneur supérieure à 99,5 % et pourront être vendus sur le marché des batteries rechargeables.

L’entreprise utilise un procédé chimique novateur et breveté permettant de produire le lithium par électrolyse membranaire. Ce procédé est plus efficace et plus économique que le procédé de fabrication traditionnel, en plus de générer des produits de haute pureté.

Le lithium est un métal utilisé principalement dans les batteries, la céramique, le verre et les lubrifiants. Il existe actuellement une très forte demande à l’échelle mondiale, notamment pour les batteries rechargeables des appareils portables et des véhicules électriques.

«En étant partie prenante du projet de Nemaska Lithium, notre gouvernement réaffirme sa volonté d’encourager l’exploitation des ressources naturelles de manière responsable afin qu’elles puissent profiter à tous les Québécois», a fait savoir la ministre Boulet, qui a rappelé la participation financière de Québec dans l’usine pilote de 38 millions de dollars, soit un soutien de 14 millions de dollars. Un levier d’ailleurs jugé essentiel pour la suite des choses selon le grand patron.

«L’économie de la Mauricie a été marquée historiquement par un fort développement industriel. Depuis quelques années, la région s’est engagée dans un mouvement de diversification économique», a renchéri le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère.

Dans son allocution, Guy Bourassa a indiqué que la première ville envisagée, Valleyfield, avait des terrains trop petits. «Ici, on ne peut penser qu’expansion», a-t-il confié, faisant allusion aux talents de vendeur du maire Michel Angers et son équipe économique.

D’ailleurs, le premier magistrat a rappelé cette visite aux bureaux de Nemaska Lithium qui avait permis de convaincre les dirigeants de choisir Shawinigan. Et il n’a pas manqué de dire que c’est Nancy Déziel, du CNETE, qui lui avait d’abord mis la puce à l’oreille.

«On a de grands rêves et des opportunités exceptionnelles. Et 100 emplois à Shawinigan, c’est l’équivalent de 5000, 6000 à Montréal», a-t-il conclu, ne tarissant pas d’éloges envers la ministre Julie Boulet pour ses 17 années d’implication dans ce genre de dossiers.