Selon le syndicat, l’ajout de deux pompiers en caserne à Shawinigan améliorerait l’efficacité du Service de sécurité incendie.

Shawinigan: une équipe de sauvetage devrait être établie

SHAWINIGAN — La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail estime que la Ville de Shawinigan devrait établir une équipe de sauvetage dans son service de Sécurité incendie. Pour le syndicat, il s’agit d’un message clair du manque d’effectifs en caserne, où seulement huit pompiers sont basés en permanence.

Vincent Ouellette, ingénieur - inspecteur à la direction régionale de la Mauricie et du Centre-du-Québec à la CNESST, a déposé, la semaine dernière, un nouveau rapport d’intervention au sujet des lacunes soulevées en décembre par l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan. Rappelons que dans son premier rapport rendu en février, une douzaine de dérogations avaient été observées.

M. Ouellette donnait jusqu’au 29 mars ou jusqu’au 23 avril, selon les cas, comme délais pour se conformer à la loi ou au règlement visé. Or, en date du 24 avril, aucune correction n’avait encore été apportée. La CNESST impose donc de nouveaux délais, qui vont du 31 mai au 2 juillet 2019.

Ces dérogations touchent principalement deux problèmes. Il s’agit de la décontamination et du manque d’habits de combats de réserves pour les pompiers, ainsi que du fil des événements d’un incendie survenu en novembre 2018 dans le secteur Shawinigan-Sud.

À la suite de la réponse de la Ville à l’une des dérogations soulevées, l’ingénieur - inspecteur rappelle l’importance d’établir une équipe de sauvetage. Visiblement, M. Ouellette diverge d’opinion sur la façon d’y parvenir.

«Je suis en accord avec la formation d’une équipe de sauvetage, mais pas sur les modalités d’application proposées», écrit-il. «La présence d’une équipe de sauvetage est obligatoire et l’accident mortel survenu à un pompier de Varennes en 2008 aurait dû alerter le service incendie pour la mise en place d’une telle équipe.»

Pour Benoit Ferland, président de l’Association des pompiers et pompières de Shawinigan, il s’agit d’un élément central dans les requêtes du syndicat pour assurer la sécurité de ses membres et celle de la population.

«Quand on parle de l’intervention des dix premiers pompiers en dix minutes sur un incendie, les neuvième et dixième devraient être là pour le sauvetage», explique-t-il. «Il faut toujours deux personnes à l’extérieur, prêtes à intervenir advenant qu’il arrive un incident. Le fait qu’on ne soit que huit en caserne pose problème. Nous demandons d’avoir dix personnes pour assurer, au début de l’appel initial, deux personnes à l’extérieur pour intervenir s’il se passe quelque chose. Ça arrive souvent qu’on manque de personnel.»

Le maire, Michel Angers, établit une nuance entre ce que souhaite le syndicat et ce qu’exige le schéma de couverture de risques.

«L’objectif est de nous assurer d’avoir le nombre de pompiers requis pour faire des interventions», explique-t-il. «À Notre-Dame-du-Mont-Carmel, ils n’ont pas huit pompiers en caserne! Nous avons des pompiers qui ont des pagettes et quand ils sont appelés, ils vont au feu. D’avoir six, huit, dix ou douze pompiers en caserne, c’est nous qui décidons ça. Le schéma de couverture de risques n’oblige personne en caserne.»

M. Ferland suggère que le protocole soit revu pour l’appel à la garde externe pour maximiser l’efficacité du service. Lors du fameux incendie du 23 novembre 2018, seulement quatre pompiers s’étaient déplacés au cours des 20 premières minutes, car un camion avait bifurqué vers un autre appel du côté de Saint-Georges pour un sauvetage dans un ascenseur.

«Le pompier en garde externe est à la maison, avec son véhicule personnel», rappelle le représentant syndical. «Nous demandons à ce que cette ressource soit appelée plus rapidement. Présentement, ça peut prendre jusqu’à dix minutes. Quand on parle de solution à coût nul, c’en est une. Mais on se fait virer de bord par l’état major actuel.»

M. Ferland estime qu’une partie des problèmes découle du schéma de couverture de risques, qui tarde à être renouvelé à Shawinigan. M. Angers assure que le Service de sécurité incendie travaille là-dessus.

«Nous accélérons le processus», mentionne le maire. «Mais une ville de 49 000 habitants avec 8 pompiers en caserne, des équipements et une caserne neufs... Faites le tour du Québec, on fait partie des services incendie bien équipés.»

Convention collective

Par ailleurs, le syndicat déplore toujours la lenteur de l’évolution des négociations pour une nouvelle convention collective, échue depuis le 1er janvier 2017. La Ville a déposé ses demandes le 15 avril qui, selon le syndicat, «n’aident en rien l’avancement du dossier.»

L’APPS déplore également les frais d’arbitrage de grief qui découlent du litige sur l’application d’une clause remorque pour une hausse des salaires de 2 % rétroactive à 2015, le taux horaire des pompiers à temps partiel et la création d’un premier régime de retraite pour ces employés municipaux.