François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie de Shawinigan.

Shawinigan: toujours huit pompiers en caserne

SHAWINIGAN — Même si le syndicat tient à ajouter deux pompiers en caserne pour maximiser l’efficacité des interventions, la Ville de Shawinigan conserve le statu quo dans le nouveau schéma de couverture de risques déposé au ministère de la Sécurité publique. L’Association des pompiers et des pompières de Shawinigan prévient toutefois qu’elle ramènera ce point dans le cadre des négociations en cours pour le renouvellement de la convention collective, de même qu’auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail.

Le prochain schéma de couverture de risques prévoit toujours la présence de quatre pompiers à la caserne de l’avenue Champlain et quatre autres au quartier général, dans le secteur Grand-Mère. Dès l’appel initial pour un feu de bâtiment, dix pompiers doivent être dépêchés dans un délai de quinze minutes. Donc, en plus des huit pompiers en caserne, le service doit recourir aux services de deux pompiers en garde externe.

«Pour une question de santé et sécurité et d’optimisation des ressources, nous demandons dix personnes en caserne, pour respecter les standards établis par le gouvernement», explique Benoit Ferland, président de l’APPS. «La Ville préfère pallier les deux pompiers manquants en garde externe. Ce n’est pas optimal, parce que ça affecte les opérations.»

Le représentant syndical convient qu’un coût important est rattaché à cette demande. Mais il observe trop de lacunes, au fil des mois, pour l’abandonner.

«Nous faisons valoir, dans nos rapports à la CNESST, le fait qu’il manque du personnel», explique-t-il. «Quand on arrive sur une opération, intervenir à huit et à dix, c’est complètement différent. Dix pompiers, ce n’est pas un chiffre lancé en l’air.»

Le syndicat ne possède aucun moyen pour contester l’adoption du schéma proposé. Voilà pourquoi il utilisera d’autres canaux pour débattre son point. «Au bout du compte, c’est la Ville qui décide», comprend M. Ferland. «C’est une question de coûts, c’est sûr.»

François Lelièvre, directeur du Service de sécurité incendie, confirme que la procédure actuelle continuera de s’appliquer. «Ce n’est pas dans les plans de changer», tranche-t-il. «Nous gardons les mêmes effectifs et c’est ce qui est indiqué dans le schéma.»

M. Lelièvre précise que ce critère d’intervention ne s’applique qu’aux feux de bâtiments. Par exemple, en 2018, sur 909 appels, 73 impliquaient des incendies à des immeubles.

Dix en quinze

Le Service de sécurité incendie suggère maintenant une intervention de dix pompiers en quinze minutes après un appel de feu de bâtiment, plutôt que les dix pompiers en dix minutes dans le premier schéma. M. Lelièvre assure que cette nuance ne produira aucune différence sur le terrain.

«Certains allégements ont été faits», explique-t-il. «À certains endroits, on demande dix pompiers en quinze, vingt ou vingt-cinq minutes, selon les régions. Compte tenu de l’étendue de notre municipalité avec les infrastructures en place, on accepte dix pompiers en quinze minutes. Mais nous allons continuer à opérer de la même façon.»

En fait, le ministère de la Sécurité publique calcule qu’un véhicule peut franchir un kilomètre par minute lors d’un appel d’incendie. Sur cette base, le service shawiniganais s’estime en mesure d’intervenir selon les normes sur la majorité de son territoire.

«Nos statistiques démontrent qu’on peut aller plus loin que ce qui est prévu sur notre carte, mais il est préférable de se baser sur les normes du ministère», mentionne M. Lelièvre.

La majorité de ce nouveau schéma est composée d’objectifs à poursuivre qui sont donc déjà établis. Le Service de sécurité incendie recommande toutefois l’ajout de feux de préemption, sur le boulevard de Shawinigan-Sud. Cette portion de la route 157 appartient au ministère des Transports.

«C’est la seule artère principale qui reste à faire à Shawinigan», fait remarquer M. Lelièvre.

Émilie Lord, relationniste au ministère des Transports, précise que la Ville de Shawinigan a déposé une demande d’autorisation pour l’installation de feux de préemption à sept intersections de la route 157, dans le secteur Shawinigan-Sud, l’été dernier. «Le processus d’approbation est en cours», indique-t-elle.

Normalement, un schéma de couverture de risques doit être révisé après cinq ans. À Shawinigan, neuf addendas avaient été ajoutés après la première version adoptée en 2006. Il s’agira donc seulement du deuxième schéma depuis la fusion municipale.

«Ça a été plus long notamment en raison des discussions avec le ministère de la Sécurité publique», explique M. Lelièvre. «Au fil des années, toutes sortes de schémas ont été acceptés, avec des critères disparates. Dans les deux dernières années, le ministère a établi des guides.»

Une assemblée publique de consultation pour ce nouveau schéma de couverture de risques était organisée le 23 octobre à l’hôtel de ville de Shawinigan, mais personne ne s’y est présenté. Le conseil municipal avait adopté ce document à sa séance régulière du 8 octobre. Le ministère de la Sécurité publique doit maintenant en prendre connaissance et il peut demander des modifications. Le nouveau schéma de couverture de risques devrait entrer en vigueur l’été prochain.