Alors premier ministre du Canada, Jean Chrétien avait accueilli à Shawinigan le président de la République française Jacques Chirac et son épouse Bernadette. On reconnaît aussi sur la photo à droite la mairesse de Shawinigan à l’époque, Lise Landry.

Shawinigan se souvient du passage de Jacques Chirac

Trois-Rivières — En 2003, Shawinigan était une destination prisée des chefs d’État. Le premier ministre de l’époque, Jean Chrétien, aimait bien faire découvrir sa ville natale et ses beautés. C’est ainsi qu’en moins d’un mois, Shawinigan avait eu la visite du président chilien Ricardo Lagos, de l’ex-premier ministre israélien Shimon Peres ainsi que du président de la République française, Jacques Chirac.

L’homme d’État français était alors en vacances au Québec avec sa conjointe Bernadette à North Hatley, en Estrie. Le couple avait lors de ce séjour visité Jean Chrétien et son épouse Aline à leur maison du lac des Piles. Les deux chefs d’État s’étaient notamment rendus à la Cité de l’énergie où ils ont visité l’exposition Le corps transformé. Des œuvres des maîtres français Rodin, Degas, Richier et Matisse pouvaient alors être admirées par ces visiteurs d’exception.

En entrevue à La Presse, Jean Chrétien, qui a dirigé le Canada de 1993 à 2003, soutient qu’il garde le souvenir d’un «grand homme» qui a partagé son opposition à la guerre américaine contre l’Irak.

«C’était un grand homme, a confié M. Chrétien à La Presse. Il a donné sa vie pour la vie publique. Il avait des idées et il les affirmait. Il a été fonctionnaire, il a été ministre, il a été premier ministre, il a été maire de Paris et il a été président. Durant neuf des dix années où j’ai été premier ministre, il a été mon collègue comme président.»

Jean Chrétien évoque une relation extrêmement cordiale avec son homologue français, décédé jeudi à 86 ans. Il lui rendait encore visite à Paris à sa retraite.

«Il est venu avec moi dans le Grand nord canadien et la Terre de Baffin, a-t-il souligné. Il est venu au lac des Piles. On était de très bons amis. Tout comme moi, il était contre la guerre en Irak. Nous étions très souvent de la même opinion autour de la table durant les sommets.»

Les différences d’opinions sur certains sujets ne semblent pas avoir ébranlé la relation entre les deux hommes.

«Au référendum de 1995, il avait eu une déclaration trop ambiguë pour moi, s’est rappelé M. Chrétien. On avait eu un échange assez fort à ce sujet. Mais quand j’ai quitté la politique en 2003, il a donné un grand dîner en mon honneur et il avait fini son discours en disant ‘‘Vive le Canada!’’Cela m’avait fait plaisir.»

La mairesse de Shawinigan de l’époque, Lise Landry, se souvient comme si c’était hier du passage de Jacques Chirac, même si la rencontre n’a été que de courte durée.

«J’ai trouvé que c’était un homme fort agréable avec qui discuter», mentionne l’ancienne mairesse de Shawinigan. «C’est toujours impressionnant de rencontrer des gens qui sont reconnus mondialement. M. Chirac avait déjà un bon parcours de route de fait en politique.»

Bien qu’il était alors président de la République française, Jacques Chirac, qui a été maire de Paris durant 18 ans, avait une grande estime pour ceux qui remplissaient les fonctions de maire.

«Il m’a dit: ‘‘Vous savez madame, on peut se comprendre, parce que moi aussi j’ai été maire’’», précise Lise Landry.

«C’est sûr que la grandeur qu’il avait à couvrir était bien plus grande que la mienne», ajoute en riant l’ancienne mairesse, qui n’a bien sûr pas la prétention de comparer Paris et Shawinigan.

Jacques Chirac avait été impressionné par la Cité de l’énergie. Sa visite, de même que celle des autres chefs d’État, avait grandement contribué à la renommée de la Cité de l’énergie à l’époque. «Il considérait qu’on avait un joyau», affirme Lise Landry.