Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se sent comme un poisson dans l’eau lorsqu’il anime des rencontres citoyennes.

Shawinigan se dote d’une politique d’information et de consultation

Shawinigan — Avec l’adoption de sa première politique d’information et de consultation, le conseil municipal de Shawinigan établit officiellement les balises entourant ce réflexe qui porte la signature de Michel Angers depuis son arrivée à la mairie, en 2009. Le premier rendez-vous organisé dans le cadre de cette politique est prévu le 30 octobre, alors que les citoyens seront invités à discuter de fiscalité municipale.

Les élus ont adopté une résolution en ce sens lors de la dernière séance publique régulière, le 8 octobre. La politique prévoit notamment le processus à mettre en place pour réaliser une séance d’information ou de consultation sur un sujet donné. Le conseil municipal demeure évidemment souverain sur cette décision, mais il appuiera sa réflexion sur les recommandations de la Commission de communication et de relation avec les citoyens. Sa présidente, Nancy Déziel, fait remarquer que l’organisation d’un sondage, la création d’un comité consultatif, l’organisation de groupes témoins ou d’une activité portes ouvertes peuvent également être utilisés comme outils dans le cadre de cette politique.

Un avis public doit être publié au moins sept jours avant une assemblée de consultation ou d’information. D’autres modalités sont prévues, dont l’accès à la documentation pertinente dans le cadre de certains dossiers.

L’adoption de cette politique aurait pu s’inscrire dans le cadre de la Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs, le fameux projet de loi 122 sanctionné en juin 2017.

En effet, l’adoption d’une politique d’information et de consultation permet à une municipalité de délimiter «toute partie de son territoire qui constitue une zone de requalification à l’intérieur de laquelle aucune modification réglementaire ne sera sujette à l’approbation référendaire», selon cette loi. Cette zone doit viser «un territoire que le conseil estime devoir prioritairement faire l’objet de rénovation urbaine, de réhabilitation ou de densification, dans une perspective de développement durable».

À Shawinigan, les élus ont toutefois décidé de ne pas se prévaloir de cette possibilité. François St-Onge, directeur des communications, précise même qu’il n’existe aucun lien entre cette loi et l’adoption de la nouvelle politique. La Ville ne travaille donc sur la délimitation d’aucune zone de requalification.

«Nous organisions ces rencontres, mais nous n’avions pas vraiment de cadre», explique M. St-Onge. «Cette politique vient asseoir une pratique que nous faisions déjà. Ça n’a rien à voir avec la loi 122.»

Le processus de demande d’approbation référendaire existe donc toujours sur le territoire, comme le vit présentement le projet de construction de maisons touristiques au Domaine du lac Vincent, par exemple.

À l’écoute

Depuis son arrivée à la mairie, Michel Angers a notamment participé à l’organisation de deux grandes rencontres sur l’approvisionnement en eau potable, sur le déneigement, l’harmonisation des noms de rues, les finances publiques... Il s’y sent toujours comme un poisson dans l’eau.

«Shawinigan est une ville qui aime faire des rencontres d’information, qui aime entendre sa population», fait remarquer le maire. «Nous allons continuer à aller dans cette direction, au point où nous en avons fait une politique.»

Comme il l’a déjà mentionné dans le passé, M. Angers ne se braque pas contre le processus d’approbation référendaire, qui met parfois du sable dans l’engrenage de promoteurs qui voient une opposition contrecarrer l’échéancier de leur projet. Plusieurs cas ont défrayé la manchette au cours des dernières années, dont la construction du Château Bellevue et l’arrivée de Nemaska Lithium.

«Bien sûr, il y a eu certains cas», convient-il. «Mais ça prend un nombre de signatures et jusqu’ici, ça ne nous a rien empêché. Au Québec, je connais des cas où des projets majeurs ont été contrecarrés par un groupe de citoyens. À Shawinigan, nous avons toujours privilégié la discussion et ça a toujours fonctionné. Nous allons continuer à faire ce que nous faisons bien, c’est-à-dire parler à notre population.»

Le 30 octobre à 19 h, à l’Auberge Gouverneur, le conseil municipal de Shawinigan invitera les contribuables à une première rencontre organisée dans le cadre de cette nouvelle politique.

Comme en 2015, M. Angers et le directeur du Service des finances, Alain Gravel, exposeront divers indices financiers de la ville et établiront des comparaisons avec d’autres municipalités, afin notamment d’expliquer les défis auxquels l’administration locale est confrontée, à deux mois de l’adoption de son budget 2020.