Shawinigan: près d’un demi-million $ récupéré

SHAWINIGAN — Alors que les dépenses publiques continuent d’alimenter le mécontentement de plusieurs citoyens à Shawinigan, le conseil municipal annonce qu’il soustrait d’importantes sommes aux aides financières habituellement consenties à deux organisations touristiques majeures. Ainsi, en 2019, la Cité de l’énergie devra se débrouiller avec une subvention amputée de 250 000 $, tandis que le Parc de l’île Melville recevra 200 000 $ de moins.

Deux résolutions ont été adoptées en ce sens en séance régulière, mardi soir. Concrètement, la Cité de l’énergie recevra 250 000 $ cette année plutôt que les 500 000 $ prévus à l’entente de base. Au Parc de l’île Melville, la coupe est encore plus sévère en proportion, puisque l’aide financière de base passe de 327 200 $ à 127 200 $.

«Je veux redéployer des montants pour notre développement économique», explique le maire, Michel Angers. «Nous avons été coupés de façon assez importante. Nous avons donc demandé à ces organisations s’il y avait moyen, cette année, de me faire une petite cagnotte, pour travailler sur des projets de développement économique, culturel ou touristique.»

La Cité de l’énergie doit justement négocier un nouveau partenariat à long terme avec la Ville, puisque le dernier se terminait en 2018. L’aide consentie en 2019 constitue donc une mesure transitoire en attendant un nouveau contrat sur plusieurs années. Dans le cas du Parc de l’île Melville toutefois, il s’agit d’une situation un peu particulière, car une entente lie cette organisation à la Ville de Shawinigan jusqu’au 31 décembre 2020. Toutefois, une disposition prévoit qu’«exceptionnellement, la Ville peut retrancher totalement ou partiellement les versements d’aides prévus (...) en fonction des disponibilités budgétaires.»

«Dans les deux cas, ils ont la capacité financière d’absorber ça», souligne M. Angers. «Ça n’a pas été compliqué.»

Le maire assure qu’il ne s’agit pas d’une réaction des élus à la grogne sur les comptes de taxes et les dépenses de la Ville, qui s’est manifestée à nouveau mardi soir lors de la période de questions.

«Ça a été fait en novembre dernier», précise-t-il.

M. Angers précise qu’il s’agit des deux seules organisations visées par cette demande exceptionnelle. Dans le dernier budget, la Ville avait plutôt annoncé une augmentation de près de 1,3 million $ dans ses contributions à des organismes. Ces hausses visaient notamment la Société de développement de Shawinigan (527 000 $) et la Régie de transport en commun de Shawinigan (298 000 $).

Pas le choix

Les représentants des organisations visées conviennent qu’ils ne possédaient pas une grande marge de manoeuvre quand ils ont pris connaissance de la demande de la Ville.

Précisons que dans le cas de la Cité de l’énergie, il faut ajouter à l’entente de base un montant de 50 000 $ obtenu l’an dernier via le Fonds de développement des territoires, géré par le Service de développement économique de la Ville. Cette subvention annuelle est prévue pour quatre ans, jusqu’en 2021, pour un total de 200 000 $.

Par contre, les termes de cette entente transitoire avec la Ville ne prévoient pas, en 2019, le versement du montant de 30 000 $ pour le développement international, comme lors du contrat précédent.

«Nous avons été avisés de cette décision il y a un petit bout de temps, au début de l’automne», explique Roland Désaulniers, président du conseil d’administration de la Cité de l’énergie. «On pense que ce sera temporaire. La Ville nous a demandé un petit effort pour boucler son budget. Nous avons eu une bonne saison l’été dernier et nous pouvons consentir un coup de pouce. Pour une année, on va pouvoir passer à travers.»

Pour le moment, les négociations sur une nouvelle entente à long terme n’ont pas beaucoup avancé. M. Desaulniers considère essentiel d’avoir en poche un contrat couvrant plusieurs années.

«C’est plus facile pour planifier quand on connaît les montants qui vont entrer», fait-il remarquer.

Au Parc de l’île Melville, le président du conseil d’administration, Gilles Lamarche, reconnaît qu’il s’agit d’une tuile supplémentaire après l’incendie à la station de ski, le départ de sa directrice générale et une saison hivernale difficile. Plusieurs écoles ont annulé leur sortie à la station de ski Val-Mauricie en raison du froid.

Au départ, la Ville souhaitait soutirer 250 000 $ à l’aide financière de base en 2019 et 2020, mais les deux parties se sont finalement entendues pour 200 000 $ de moins cette année seulement.

«C’est sûr que ça va nous occasionner de petits maux de tête, mais on va devoir vivre avec ça», commente M. Lamarche. «Nous allons piger dans notre réserve accumulée.»

Les deux parties se reparleront pour la dernière année de l’entente. M. Lamarche ne voit pas, dans cette démarche, des signes avant-coureurs d’une éventuelle fin de contribution municipale au Parc de l’île Melville.

«Je n’y vois pas un message, pas du tout», confie le président, qui s’attend à réaliser les entrevues pour son nouveau directeur général d’ici la fin du mois.