Le maire de Shawinigan, Michel Angers.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Shawinigan ne veut pas imposer le masque

SHAWINIGAN — Tout en se disant très favorable à la mesure de prévention, le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure que le conseil municipal n’imposera pas le port du masque dans les lieux publics fermés.

François Pellerin a profité de la période de questions à la séance publique de mardi soir pour demander pourquoi les élus ne s’inspireraient pas de la position adoptée par la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Dans la métropole, le port du masque sera imposé dans les lieux publics fermés à compter du 27 juillet. Côte Saint-Luc a pris la même décision.

M. Angers ne sent pas que la Ville de Shawinigan possède la même légitimité que l’Institut national de la santé publique du Québec pour décréter une telle mesure.

«Je n’ai aucune idée comment la Ville de Montréal va s’y prendre pour empêcher quelqu’un d’entrer dans un marché d’alimentation s’il n’a pas de masque», émet-il. «Qui fera appliquer ça?»

«Jusqu’ici, nous avons toujours suivi les règles de la santé publique», ajoute le maire. «Nous appliquons ce que le gouvernement du Québec nous dit. Je pense que ça appartient à la santé publique.»

M. Angers se dit favorable au port du masque. Il assure qu’il le porte régulièrement lorsqu’il fréquente des endroits publics fermés, mais pas mardi après-midi, lors de la conférence de presse annonçant la vente de l’Auberge Gouverneur. La convocation recommandait «fortement» aux invités de porter un couvre-visage, mais très peu d’entre eux l’ont fait.

«J’incite les gens à porter le masque, mais je vois qu’il n’y en a pas beaucoup qui le font», convient M. Angers. «La santé publique a tout fermé, a donné de nouvelles règles... Pourquoi ne pas dire simplement que le masque est obligatoire?»

«Jusqu’ici, la population du Québec a suivi ce que la santé publique a dit», fait remarquer M. Angers, citant la distanciation physique et le lavage des mains, devenus presque des automatismes.

«Je suis convaincu que la population se conformerait, en général, au port du masque. Je ne comprends pas pourquoi ce serait aux Villes à décréter cette mesure. Quelle autorité aurions-nous pour le faire?»

L’Institut national de la santé publique demeure le mieux placé pour émettre ces directives, insiste-t-il. Le maire rappelle que l’appel du port du masque obligatoire dans le transport en commun a été entendu, à Shawinigan comme ailleurs.

«Nous appliquerons les règles comme ils nous l’ont dit et comme on le fait depuis le début», résume le maire. «Avant de laisser le soin aux Villes de dire oui, non, peut-être, qu’on donne la consigne! Tout le monde va se conformer et ça va s’arrêter là. Jusqu’ici, ils n’ont pourtant pas eu peur d’imposer quoi que ce soit.»

Même si la vague printanière est passée à Shawinigan, M. Angers comprendrait très bien que l’imposition du masque dans les lieux publics soit décrétée par le gouvernement du Québec.

«Nous sommes très favorables à cette orientation», assure-t-il. «Mais le conseil ne sent pas la légitimité d’imposer ce genre de mesure. Depuis le début, nous avons fait ce que le gouvernement nous a dit. Pourquoi faudrait-il maintenant que les Villes décident? Ce serait illogique. La santé des gens, ce n’est pas notre champ de compétence.»

Fini le huis clos

Par ailleurs, M. Angers a annoncé, mardi soir, que la prochaine séance publique régulière, le 18 août, se déroulerait dans la salle du conseil.

Avec les mesures de distanciation physique, un maximum de 16 citoyens pourraient se déplacer à l’hôtel de ville à cette occasion.

«J’ai hâte d’avoir du monde dans la salle et j’ai hâte d’avoir mon conseil autour de la table», souligne le maire. «Les conseillers n’ont pas mis les pieds à l’hôtel de ville depuis le début de la COVID.»

Tout de même, M. Angers admet que cette crise a permis aux élus d’expérimenter une nouvelle période de questions. Depuis la séance d’avril, les citoyens doivent transmettre leurs interrogations par courriel, ce qui réduit considérablement la durée de l’exercice.

Mais surtout, le maire mentionne qu’en recevant des questions à l’avance, il peut prendre le temps de les traiter avant d’y répondre lors de la séance.

«Ça nous permet de répondre de façon très adéquate et très précise aux gens», fait-il remarquer.

Il n’exclut pas qu’en août, les deux méthodes soient utilisées, soit des questions des gens de la salle et d’autres acheminées par courriel.