Au lutrin, le maire de Shawinigan, Michel Angers, accompagné des deux représentants de Servitech, Stéphane Roy et Mathieu Guimond, lors de l’assemblée publique d’information, mardi soir à l’Auberge Gouverneur.

Shawinigan: les élus saisissent le message

SHAWINIGAN — Dur lendemain de veille pour les élus de Shawinigan mercredi, après une assemblée houleuse de plus de 400 personnes à l’Auberge Gouverneur. De façon générale, les doléances sur les comptes de taxes de plus en plus difficiles à honorer et les appels aux réductions de dépenses ont été entendus, mais le maire prévient que la Ville doit continuer à investir pour se démarquer.

Michel Angers répète que chaque semaine, l’administration municipale se penche sur les façons d’économiser. Du même souffle, il confie que le conseil municipal doit trouver des façons de se distinguer pour retenir les jeunes et attirer de nouvelles familles.

«Vous pouvez rester chez vous et dire que votre compte de taxes n’a pas de bon sens», commente-t-il. «Mais nous, on doit gérer 50 000 personnes avec des goûts différents. Nous devons travailler au développement économique, garder nos jeunes et en attirer. Je mets au défi n’importe quel citoyen qui s’est présenté à cette assemblée de s’asseoir avec un budget et de gérer une ville. Si quelqu’un fait une gestion serrée, c’est moi.»

«Qu’on me dise que je ne fais pas les bons choix, je l’accepte», ajoute M. Angers. «Mais qu’on dise qu’on est de mauvais administrateurs, ça passe un peu moins. On peut tout éteindre, tout arrêter, mais qu’est-ce qui va advenir de notre ville? C’est difficile d’entendre: On arrête tout, on ne fait plus rien. Ce n’est pas moi! Si les gens veulent qu’on arrête, je ne suis pas l’homme de la situation.»

En novembre, M. Angers célébrera son dixième anniversaire comme maire de Shawinigan. «Je pense, avec humilité, que nous avons fait des pas importants dans la bonne direction», relate-t-il. «Mais ça a un prix, très certainement.»

Les élus ont apprécié la présentation d’une heure de la firme Servitech. La volée de bois vert qui a suivi en a sonné quelques-uns. Le maire assure avoir saisi le message.

«Nous avons des efforts supplémentaires à faire», convient-il. «Nous allons écouter, mais nous allons aussi faire des choix en fonction de ce qu’on entend. Nous avons des dépenses incontournables et après, on a des choix à faire.»

Par exemple, le conseil municipal pourrait-il reconsidérer l’investissement annuel de près d’un million de dollars pour le contrôle biologique des insectes piqueurs? En 2015, les élus avaient décidé de suspendre ce service en raison de contraintes financières.

«Les pétitions entraient, on nous disait que la qualité de vie était affectée, des gens n’étaient plus capables de souper dehors», rappelle le maire. «Si la population dit qu’elle n’en veut plus pour sauver 40 $, nous serons à l’écoute.»

Discussions

La majorité des conseillers ont assisté à la rencontre de mardi soir. Du groupe, les deux plus récents élus, Claude Grenier et Jacinthe Campagna, ont semblé les plus saisis par le message.

«Une rencontre difficile, mais positive», commente M. Grenier. «Il faut entendre les citoyens. Nous devons travailler rigoureusement, apprendre à dire non, être disciplinés. Si on veut vraiment alléger le fardeau fiscal des gens, il faudra qu’on dise non plus souvent. J’ai vraiment bien entendu les citoyens. Je souhaite qu’on puisse les surprendre.»

«Les citoyens nous disent que peu importe la façon dont nous percevrons nos revenus, ils nous disent qu’ils sont accotés», observe Mme Campagna. «Il n’y a pas de mauvaise administration, mais est-ce qu’on peut faire mieux? Tout le temps! La population nous demande de faire mieux, alors on va accepter le défi et se relever les manches.»

Jean-Yves Tremblay assure que la Ville est bien gérée, mais il a pris des notes mardi soir. Il s’attend à ce que cette assemblée alimente les discussions en privé lundi. Nancy Déziel, qui est restée environ une heure à l’entrée d’une salle qui débordait, a également bien entendu les gens.

«Mais en ce qui concerne les évaluations, la Ville ne peut pas faire grand-chose», fait-elle remarquer. «Pour le reste, je suis à l’aise de dire que les dépenses, on les surveille tout le temps.»

Guy Arseneault convient aussi que le message du contrôle des dépenses fait déjà partie du quotidien des élus. De plus, il glisse que les gens satisfaits ne se manifestent à peu près jamais lors de ces rencontres publiques.