Le nouveau rôle d’évaluation foncière de Shawinigan ne présente pas de grandes variations, mais la valeur moyenne des maisons unifamiliales subit une baisse.

Shawinigan: le secteur résidentiel traîne la patte

SHAWINIGAN — La très grande majorité des Shawiniganais ne sursauteront pas en prenant connaissance de la valeur accordée à leur propriété lorsqu’ils recevront leur compte de taxes, en janvier. Mercredi, la Ville a dévoilé les grandes lignes du nouveau rôle d’évaluation foncière 2019-2020-2021, qui se caractérise surtout par une exceptionnelle baisse dans la catégorie des résidences unifamiliales.

En effet, il s’agit d’une première depuis la fusion municipale. À compter du 1er janvier, la valeur moyenne des résidences unifamiliales subira un recul de 2,05 % sur le territoire. Le portrait général est fortement influencé par la tendance observée dans les noyaux urbains. Les baisses moyennes les plus significatives sont enregistrées dans les anciens secteurs de Shawinigan (-3,77 %), Grand-Mère (-2,39 %) et Shawinigan-Sud (-3,81 %). Dans les autres secteurs, les hausses varient entre 0,6 % et 1,4 %.

Précisons que ce nouveau rôle est basé sur l’état du marché au 1er juillet 2017 par rapport à celui du 1er juillet 2014.

Mathieu Guimond, directeur régional de la firme Servitech qui réalise ce travail de moine pour la Ville de Shawinigan, n’ose pas parler d’un marché résidentiel déprimé à la lueur de ce résultat. Mais clairement, ce léger recul indique une tendance à la baisse de la valeur des maisons unifamiliales.

«Au dernier rôle d’évaluation, nous avions quelque chose comme 2 % d’augmentation», rappelle-t-il. «J’appellerais plutôt ça une stabilité, car on parle d’une baisse de 2 % sur trois ans. Bien sûr, ça démontre une tendance. Le prix du marché résidentiel est à la baisse, c’est certain. Mais ce n’est pas marquant.»

«Il y a beaucoup de maisons en vente», observe l’évaluateur. «C’est sûr que ça a une influence sur les prix. C’est toujours une question d’offre et de demande.»

Stabilité

Pour le reste, le nouveau rôle d’évaluation foncière de Shawinigan se caractérise par sa stabilité. Les valeurs imposables n’ont augmenté que de 16,9 millions $ en trois ans, une hausse de 0,49 %. Quant aux valeurs non imposables, soit les propriétés gouvernementales et institutionnelles, elles ont crû de 2,87 %, passant de 509,2 millions $ à 523,8 millions $. Au total, le nouveau rôle n’enregistre qu’une faible hausse de 0,8 %. L’ensemble des quelque 22 500 propriétés répertoriées à Shawinigan sont ainsi évaluées à tout près de 4 milliards de dollars.

Comme ailleurs au Québec, les Shawiniganais ont été bien davantage bousculés par l’adoption d’un nouveau rôle d’évaluation dans le passé. Celui de 2007-2008-2009 avait bondi de 16,4 % et celui de 2010-2011-2012, de 17,4 %. À chaque fois, l’explosion de la valeur des résidences sur le bord de l’eau avait soulevé l’ire des propriétaires.

«On est loin de là», reconnaît M. Guimond. «Le marché s’est stabilisé.»

Le secteur commercial affichera une augmentation moyenne de 8,45 % dans le prochain rôle. Si les variations de la catégorie résidentielle reflètent assez fidèlement ce qui se passe dans la marché, celles des autres catégories peuvent être fortement influencées par quelques transactions.

«Dans le secteur commercial, on retrouve des grandes surfaces, des pharmacies, des épiceries, des centres commerciaux», énumère M. Guimond. «En trois ans, on a eu beaucoup de ventes de ces propriétés, à de bons prix. Elles ont donc été réévaluées en fonction de cela. Quand le commercial va bien, c’est bon signe.»

Bonne nouvelle également pour le secteur industriel, qui avait subi une dégringolade de 35 % au rôle précédent, à la suite de l’arrêt des activités à l’aluminerie de Rio Tinto et à la papeterie Laurentide. Cette fois, cette catégorie absorbe une légère hausse de 1,1 %.

En fait, ce sont les terres agricoles qui enregistrent les plus fortes augmentations dans le nouveau rôle d’évaluation. La hausse moyenne s’établit à 12,35 %, particulièrement en raison d’un marché particulièrement fertile dans les secteurs Saint-Gérard-des-Laurentides (+18,6 %) et Saint-Jean-des-Piles (+15,5 %).

«Une mise à jour a été faite sur la description des propriétés», ajoute M. Guimond. «En plus du marché, ça a eu un effet. Par exemple, une terre en repousse qui devient boisée, sa valeur augmente.»

Les propriétaires pourront faire une demande de révision du rôle jusqu’au 30 avril 2019. En 2016, Servitech n’avait reçu que 134 requêtes. M. Guimond ne veut pas présumer trop vite de la réaction des Shawiniganais à leur nouvelle évaluation.

«On ne sait jamais!», sourit-il. «Parfois, il y a des gens qui veulent vendre et tout à coup, ils nous appellent pour dire que leur propriété est sous-évaluée. Nous sommes en 2018, le marché a sans doute encore bougé. Mais avec un résultat aussi stable dans les valeurs, il y aura sans doute beaucoup moins de questionnement par rapport aux années passées.»

Enfin, précisons qu’en séance régulière mardi, le conseil municipal a réitéré sa confiance en Servitech pour ses services professionnels en évaluation foncière pour les années 2019 à 2024, pour près de six millions de dollars.