Nancy Déziel (présidente de la Commission sur les communications et les relations avec les citoyens), Patricia Dellow (représentante du projet d’arboretum au parc de la Rivière-Grand-Mère), Mathieu Beauchamp et Antoine Champoux (représentants du projet de revitalisation de la 105e Avenue) et Michel Angers (maire de Shawinigan).

Shawinigan: la revitalisation de la 105e Avenue ira de l’avant

SHAWINIGAN — Le premier budget participatif citoyen de Shawinigan permettra la revitalisation de la 105e Avenue, un projet qui accapare l’entièreté de l’enveloppe de 200 000 $ prévue dans le cadre de ce concours. Les représentants des sept projets du volet grand public s’étaient déplacés à l’hôtel de ville, mardi matin, pour connaître l’identité de l’initiative la plus populaire.

Rappelons qu’entre les 3 et 20 septembre, les Shawiniganais étaient invités à appuyer les idées soumises par des groupes de citoyens. Outre le projet gagnant, rappelons que l’aménagement d’une piste récréative, des jeux d’eau à la Plage Idéale, l’amélioration d’un terrain de baseball, la revitalisation du boulevard Royal, l’amélioration d’une aire d’exercice canin et les panneaux de La Vigilance étaient proposés. Pas moins de 1095 citoyens se sont prévalus de leur droit de vote.

Antoine Champoux et Mathieu Beauchamp, promoteurs du projet de la 105e Avenue, étaient évidemment soulagés après le dévoilement. Leur proposition a récolté 1913 points, une centaine de plus que le Pumptrack (piste récréative). Dans chaque vote, cinq points étaient attribués au premier choix, trois au deuxième et un au troisième.

MM. Champoux et Beauchamp possèdent chacun un commerce sur la 105e Avenue, Sensée épicerie spécialisée et le Centre animalier Shawi-Sud. Ils ne manquaient pas de sensibiliser leurs clients sur l’importance de leur vote au budget participatif au cours des dernières semaines, ce qui n’a certainement pas nui.

«On veut vraiment revitaliser l’artère commerciale pour attirer plus de commerces, redonner cette artère aux citoyens, qu’ils apprécient marcher sur cette rue pour y magasiner», explique M. Champoux. Il faut dire qu’au cours des dernières années, la 105e Avenue a perdu d’importants joueurs, particulièrement Tim Hortons et la Société des alcools du Québec, qui se sont déplacés sur l’avenue de Shawinigan-Sud.

Cette revitalisation s’étendra entre la 110e et la 125e Rue. L’aménagement de fosses à végétaux, des avancées de trottoirs, le rafraîchissement de la peinture des lampadaires sont notamment prévus.

«On veut des arbres, de la verdure pour donner un nouveau souffle au centre-ville», ajoute M. Beauchamp. «Shawinigan-Sud n’a pas eu beaucoup de projets au cours des quinze dernières années. C’est vraiment une opportunité de faire décoller des choses.»

Les deux hommes d’affaires avaient entrepris des discussions avec la Ville de Shawinigan pour la réalisation de leur projet en début d’année, mais le lancement du budget participatif est venu accélérer leurs démarches.

«Nous sommes vraiment contents», sourit M. Champoux. «Compte tenu surtout de la qualité des projets qui ont été déposés.»

Volet vert

Cette première édition du budget participatif comportait également un volet vert et dans ce cas, le suspense a duré moins longtemps car un seul projet s’est qualifié. Il s’agit de l’arboretum du parc de la Rivière-Grand-Mère, d’une valeur de 50 000 $. Le public n’avait évidemment pas à voter dans cette catégorie dans ces circonstances.

Ce projet consiste en la création d’un aménagement éducatif pour faire connaître différentes espèces d’arbres et d’arbustes indigènes au Québec. On devrait y retrouver des espèces fruitières. Le projet consiste également à drainer et à prolonger les sentiers existants, à installer des panneaux d’identification, des bancs et des tables à pique-nique. Des nichoirs sont aussi prévus.

Ce projet était présenté par Louis Tremblay, Mélissa Brassard, Joane Lavoie et Patricia Dellow, des personnes associées à la Corporation du parc de la Rivière-Grand-Mère.

«Nous voulons emmener des écoles, car nous avons un but éducatif», fait remarquer Mme Dellow. «On espère que les écoles en dehors du secteur Grand-Mère vont participer.»

Plusieurs élus s’étaient déplacés à la salle du conseil pour assister à cette grande première. Le maire, Michel Angers, mentionne que l’idée d’un budget participatif dans sa communauté lui trotte en tête depuis une vingtaine d’années, à la suite de sa participation à un forum social mondial. «J’ai l’impression qu’un vieux rêve se réalise», sourit-il.

Cet enthousiasme est visiblement partagé par le conseil municipal, puisqu’il est déjà acquis qu’un nouvel appel d’offres de projets sera lancé l’an prochain. Nancy Déziel, présidente de la Commission sur les communications et les relations avec les citoyens, s’attend à ce qu’au minimum, le budget de 250 000 $ soit reconduit pour cette deuxième édition.

«Les gens ont eu de super belles idées», relate la conseillère du district de la Rivière. «Ils veulent s’impliquer, ils y tiennent. C’est très demandant pour les gens de la Ville, mais c’est une belle pédagogie pour les deux côtés. Les citoyens apprennent comment se fait un projet à la Ville. C’est plus complexe que ça peut en avoir l’air!»