Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Shawinigan: la limite de vitesse passera à 40 km/h dans plusieurs quartiers

Shawinigan — Alors que la politique Vision zéro soulève les passions à Trois-Rivières, le conseil municipal de Shawinigan étendra prochainement sa réglementation établissant la vitesse maximale permise à 40 km/h à plusieurs autres quartiers résidentiels.

Cette volonté, qui a fait l’objet d’un avis de motion adopté lors de la séance publique de mardi soir, constitue la suite logique d’un projet-pilote qui est implanté dans certains quartiers du secteur Shawinigan-Sud depuis 2015. À ce moment, 41 rues ou sections de celles-ci étaient visées.

À la fin de l’année 2019, un total de 136 rues ou portions de rue seront touchées par cette mesure.

Le nouveau règlement de circulation, qui devrait être adopté le 11 juin, entraînera le déploiement d’une nouvelle signalisation routière. Cette opération se déroulera en trois étapes, soit depuis mercredi dans les secteurs Shawinigan et Shawinigan-Sud, à la fin du mois de juin dans les secteurs Saint-Gérard-des-Laurentides, Grand-Mère et Saint-Jean-des-Piles et se terminera au mois de septembre dans le secteur Lac-à-la-Tortue. Ce changement coûtera environ 20 000 $. La moitié de ce montant sera payée grâce à une subvention provenant du ministère des Transports.

Selon le maire Michel Angers, cette décision répond à des demandes faites par des citoyens vivant dans les secteurs concernés, qui sont principalement des quartiers à vocation résidentielle.

«On répond aux demandes des citoyens. S’il y a de la demande, on bouge. Sinon, on ne bouge pas. C’est simple comme ça. […] À moins que la quasi-totalité de la ville de Shawinigan se lève et présente une pétition de 10 000 noms, on n’étendra pas ça à tout le territoire», indique-t-il.

Le porte-parole du mouvement citoyen Trifluviens contre Vision zéro, Stéphane Guay, considère que les élus trifluviens auraient dû dès le début adopter une approche qui s’apparente à celle de leurs homologues de Shawinigan. Rappelons que le groupe de citoyens dont fait partie M. Guay multiplie les actions depuis quelques mois afin que le conseil municipal abandonne le projet de mettre en place cette philosophie de sécurité routière.

«Ils y sont allés avec un projet-pilote en premier en suivant la volonté des citoyens. On a toujours dit que si les gens voulaient de Vision zéro ou d’une limite à 40 km/h, on ne serait jamais contre ça. Par contre, il faut cibler des endroits et des rues. C’est exactement où semblent aller les élus», mentionne-t-il.

Le porte-parole précise cependant que la politique Vision zéro que prônent certains membres du conseil municipal de Trois-Rivières est beaucoup plus globale qu’une simple réduction de la limite de vitesse à 40 km/h dans certains secteurs.

«On n’est pas du tout dans une situation qui se compare à celle de Shawinigan, avec les développements des derniers mois et les réactions. Notre dossier est complètement différent. [...] Vision zéro intègre un paquet de concepts et de coûts. C’est une philosophie qui va dicter toutes les réflexions, les constructions et l’aménagement urbain au cours des prochaines années. C’est beaucoup plus demandant que de simples nouveaux panneaux [de signalisation]», explique M. Guay.

Un des conseillers municipaux qui portent en quelque sorte le projet d’implantation de la philosophie Vision zéro, Claude Ferron, n’a pas voulu commenter la récente décision du conseil municipal de Shawinigan. L’élu du district des Rivières rappelle par contre que les questions touchant à la sécurité routière feront éventuellement l’objet de discussions avec le nouveau maire Jean Lamarche. Pendant la campagne électorale, ce dernier s’est engagé à abandonner la philosophie Vision zéro et à identifier des remèdes aux problèmes spécifiques en sécurité routière.